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Face à la reconnaissance faciale généralisée, le retour de… Fantômas ?

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09 mai 2014 à 07:152 min
Par cbd

Face aux craintes de plus en plus répandues que suscite la surveillance généralisée à l’ère numérique, une start-up américaine propose un masque hi-tech que l’on porterait dans les endroits publics. Cette start-up porte un nom en 4 lettres : U R ME. Elle est basée à Chicago où dit-elle " il y a 25000 caméras reliées à un système de reconnaissance faciale. Nous ne pensons pas que vous devez être pisté simplement parce que vous avez envie de sortir de chez ni que vous ayez à vivre caché. Nos produits vous permettent de présenter une identité alternative en public."

Le masque, URME préfère le mot " prothèse ", est en silicone. On pourra le réaliser chez soi avec une imprimante 3D. Il imite très bien un visage humain. Pas au point de tromper les gens autour de vous. Mais dans l’état actuel des choses les systèmes d’identification vous ne vous reconnaitront pas.

Le visage qu’ils verront n’est pas celui de Fantômas, mais de Leonardo Selvaggio, un artiste interdisciplinaire. C’est comme ça qu’il se présente. Dans sa bio, il dit vouloir faire le lien entre le corps, l’identité et la technologie. D’où son engagement au sein de URME. On est au croisement de l’art, de la technologie et de l’entreprise. Pour innover vraiment, il faut d’abord briser les frontières que l’on a dans la tête.

On peut même y ajouter une dimension politique de protestation contre la société de surveillance. Au point que Salvaggio dit assumer les risques que représente le fait que tous ceux qui portent cette prothèse passeront pour lui. Une manière de dénoncer le système, et aussi, comme tout artiste engagé, d’interpeller le public. Et c’est aussi la clé du nom de l’entreprise : U R ME, You are Me, vous êtes moi.

La reconnaissance faciale est de plus en plus présente partout. Et pas seulement à la NSA ou dans les services de police. Même sur les réseaux sociaux. Les dispositifs qu’ils utilisent pour taguer les gens sur les photos deviennent de plus en plus performants. Selon une étude récente, le système utilisé par Facebook pour dire si c’est la même personne qui se trouve sur deux photos différentes donne un résultat correct 97 fois sur 100 !

Et puis, il y a de plus de en plus de photos de tout le monde qui circulent partout. On en parlait hier avec les selfies et les groufies, les selfies de groupes. Ca va même plus loin : certains utilisent des drones pour prendre des photos de gens en rue, dans les parcs ou dans leur jardin. Une pratique qui pose plein de problèmes légaux. Mais ces photos ont déjà un nom aussi: les dronies.

MédiaTIC : le retour de Fantômas (09/05/14)

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