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Face à la mortalité aux USA, Donald Trump est contraint de changer de discours

Le président des Etats-Unis Donald Trump, lors de son briefing quotidien sur le coronavirus, ce mercredi 1er avril.
02 avr. 2020 à 05:55Temps de lecture2 min
Par Amid Faljaoui

Le président des États-Unis Donald Trump a fini par capituler. Lui qui, pendant trop longtemps, a refusé de prendre au sérieux l’épidémie de coronavirus, change totalement de discours. Lui qui estimait que c’était l’équivalent d’une grosse grippe doit maintenant battre en retraite et demander à ses compatriotes de se confiner – tous sans exception – et il leur a même dit que les deux prochaines semaines seront dures, très dures.

Il fait évidemment référence au nombre de morts et aussi au moral des Américains. Aujourd’hui, la mortalité attendue aux États-Unis devrait se situer entre 100 000 et 240 000 décès, étant donné que les mesures de confinement ont été prises tardivement, mais ont été prises quand même. Sans ces mesures, le médecin qui conseille Donald Trump estimait ce nombre entre 1,5 et 2,2 millions d’habitants. Et ces chiffres ont fait reculer un Donald Trump qui, jusqu’à présent, donnait la primauté à l’économie sur la santé de ses concitoyens.

Le prix de la vie est aujourd’hui inestimable

D’ailleurs, tous les leaders qui pensaient que cela allait passer et qu’il suffisait de prendre les mesures minimales de protection et de laisser le virus contaminer un maximum de personnes pour que la population soit immunisée, ont changé d’avis au fil du temps : que ce soit Boris Johnson en Grande-Bretagne, Bolsanaro au Brésil, Mark Rutte d’une certaine manière aux Pays-Bas et, bien entendu, Donald Trump aux États-Unis.

En réalité, ce qui se passe, c’est que le prix d’une vie est aujourd’hui considéré comme inestimable. Pendant des siècles, les épidémies ont fauché des millions de personnes dans l’indifférence totale. La vie avant n’avait aucune valeur, sauf celle des puissants de ce monde, la vie était d’ailleurs très courte. Mais aujourd’hui, tenir ce discours est impossible moralement et politiquement. D’où la question que se posent les analystes : est-ce que ce retard à la prise de décision de Donald Trump ne lui sera pas fatal pour sa réélection le 3 novembre prochain ? Les Démocrates l’espèrent bien.

Mais en vérité, tout dépendra du nombre de morts et de la gestion de la crise sanitaire au cours des prochains jours. 240 000 morts, c’est énorme, mais Trump serait capable de se présenter devant les électeurs américains en leur disant que grâce à ses mesures, il a évité le scénario de 2,2 millions de morts. Vont-ils le croire, ces électeurs ? Aux États-Unis, tout est possible, y compris l’impossible.

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