Prix de l'énergie

Face à la crise énergétique, l'Union européenne est bien trop lente pour s'occuper des factures de ses citoyens et entreprises

L'oeil sur l'Europe

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Le sommet européen des 20 et 21 octobre avait un objectif : faire baisser les prix de l’énergie. Une petite musique qu’on entend déjà depuis plusieurs mois mais sans effet concret sur nos factures de gaz ou d’électricité.

C’est presque devenu un vieux tube. On l'entend depuis un an déjà : un an que les chefs d’Etat et de gouvernements européens s’alarment de la hausse des prix de l’énergie. Un an qu’ils demandent à la Commission européenne de trouver de toute urgence des options pour réduire le prix du gaz. C'était l'époque de la reprise économique post-covid. Tout le monde voulait du gaz en même temps, et donc son prix s’est mis à s’envoler.

Ensuite, bien sûr, il y a eu l’invasion russe en Ukraine et Moscou a tout fait pour faire exploser les prix et se remplir les poches.

Un an de perdu

Dans la foulée, la Commission européenne a réagi très vite. Elle a été très active pour trouver des alternatives au gaz russe, pour pousser les 27 à remplir leur stock de gaz avant l’hiver ou encore pour faire des économies d'énergie. Des mesures que les Etats membres ont parfois adoptées en un claquement de doigts. 

Par contre, les propositions concrètes pour faire baisser le prix de nos factures, elles, se sont fait attendre. Et pourtant ce n’est pas faute d’avoir insisté.

À chaque sommet, les dirigeants européens en rajoutaient une couche. Tous les deux ou trois mois, le Conseil ressortait le même refrain : la Commission est invitée à étudier la possibilité d’un plafonnement des prix. Mais la petite musique sonnait dans le vide. Un vrai flop. C’est un peu comme quand vous demandez à vos ados de ranger leur chambre. Ils ne vous disent pas non, mais ils ne le font pas non plus ...

Un peu de mauvaise volonté et de nombreux désaccords entre les 27

Il y a sans doute un peu de mauvaise volonté. L’idée de remettre un peu d’ordre dans les marchés n’a jamais vraiment été dans le logiciel de la Commission. Et puis dans le fond, ces prix élevés de l’énergie avait tout de même un avantage, celui de faire baisser la consommation et d’accélérer les travaux de rénovation énergétique des bâtiments. 

Mais cette inertie s’explique surtout par le désaccord des dirigeants européens sur le sujet. C’est déjà compliqué pour un ou deux parents de se faire obéir. Là, ils sont 27… et en plus ils ont tous une idée différente sur le rangement de la chambre… de quoi encourager la procrastination.

D’autant qu’en ce moment deux parents, Berlin et Paris, ont une relation… plutôt compliquée. Ils ne sont d’accord sur rien, ils annulent leur rendez-vous, ils se tirent la bourre, bref, la Commission n’a pas forcément envie de rajouter de l’huile sur le feu. Surtout qu’à Moscou on raffole des scènes de ménage dans la maison Europe.

Pendant ce temps, les factures flambent

La grogne sociale monte. Les entreprises ferment. La récession frappe à la porte. Alors pendant cette nuit de sommet, la petite musique s’est mise à sonner différemment. Ce n’est pas encore la charge héroïque de Wagner mais le rythme s’accélère.

La demande des dirigeants européens à Ursula von der Leyen est devenue beaucoup plus précise. C’est maintenant une feuille de route avec des débuts de solutions que les 27 ont mis plus de 10 heures à rédiger. Reste plus qu'à régler les détails nous disent les chefs d'Etat et de gouvernement… 

Reste que lorsque l'on entend nos ados nous dire qu'il reste encore deux ou trois détails à régler... nous ne sommes pas encore totalement rassuré.

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