Chroniques

Fabiola: le cadeau aux populistes

Philippe Walkowiak

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10 janv. 2013 à 10:37Temps de lecture2 min
Par Philippe Walkowiak

Débattre de la royauté sereinement reste un art difficile en Belgique, surtout pour sa classe politique. Tant après le discours de Noël du roi qu’avec l’ " affaire " de la fondation de la reine Fabiola, il faut bien constater que cela part un peu dans toutes les directions.

La création de la fondation " Fons Pereos " par la veuve du roi Baudouin aura été condamnée avec plus ou moins de virulence de la N-VA au PS en passant par le MR et… une partie du CDH qui est resté sur le coup un peu le " défenseur du trône et de l’autel ".

Mais cette classe politique a la mémoire courte puisque c’est elle (hormis… la N-VA) qui a rendu cette situation possible. En 1993, le gouvernement Dehaene-Coëme a créé cette situation et aucun des députés n’y a alors trouvé rien à redire, le pays étant encore sous l’émotion du décès du roi Baudouin. A l’époque, cette dotation avait été calculée sur base de ce qui avait été fait pour la reine Elisabeth, veuve d’Albert Ier.

Au fil du temps, des voix se sont élevées pour trouver le montant quelque peu élevé, surtout sans justification de l’usage de cet argent versé annuellement. Chaque année ce budget a pourtant été voté au Parlement par ceux qui la critiquent aujourd’hui. Une simple loi aurait suffi pour réduire cette dotation ou en demander la justification de l’usage. Cela reste toujours le cas.

Peur de débattre de la royauté

Dès que le CVP et le PSC ont été renvoyé dans l’opposition en 1999, le gouvernement Verhofstadt a tenté d’ouvrir le débat tant sur le rôle que sur les dotations. Après bien des années, des principes ont été pris (pas de dotation pour les enfants des princes actuels, sauf pour l’héritier du trône) mais on attend la concrétisation.

C’est que chez nous, chacun évite ce débat sur la royauté. Depuis 20 ans, on entend que " ce n’est pas le bon moment ". Certains l’ont encore dit après cette nouvelle affaire. A croire que débattre de la royauté, de son rôle, c’est déjà débattre de la fin de la Belgique.

Comme pour le discours de Noël, tout cela fait en définitive les affaires de la N-VA. Les nationalistes ne remettent pas en cause le principe de la dotation mais répètent depuis des années qu’il faut la réduire et mieux en contrôler le fonctionnement. Exactement, ce que disent la plupart des autres formations aujourd’hui !

La royauté est souvent présentée comme l’un des derniers ciments de la Belgique. Mais au Palais, certains semblent aussi ignorer la réalité sociale du pays et la reine Fabiola risque de causer plus de dégâts à l’institution que bien des discours de nationalistes flamands.

Philippe Walkowiak

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