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F1 Singapour : le GP le plus exigeant de la saison : « Si vous survivez ici, vous êtes prêt à tout affronter en F1 »

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29 sept. 2022 à 18:03Temps de lecture2 min
Par Thibaut Rinchon

Après deux saisons d’absence suite au Covid, le GP de Singapour est de retour au programme de la saison de Formule 1. L’épreuve apparue en 2008 au calendrier fut la première à se dérouler sous la lumière artificielle fournie par les 1500 lampadaires qui illuminent le tracé.

Le circuit de cette cité état et les conditions météo font de cette course, la plus exigeante de l’année avec des températures qui avoisinent les 30-35 degrés et un taux d’humidité souvent proche de… 80% !

Pour Valtteri Bottas (Alfa Romeo), "le plus représentatif c’est de comparer cela à un sauna. C’est la sensation dans le cockpit de la voiture. Il y fait extrêmement chaud à cause de nos vêtements ignifugés et de la combinaison. Il n’y a aucune circulation d’air dans la voiture. Et puis vous ajoutez à cela la difficulté de devoir être concentré tout le temps et d’évoluer sur une piste bosselée assez physique qui maltraite votre corps durant 2h."

Aux côtés du Finlandais, Sergio Perez (Red Bull) ne peut que confirmer. "À partir d’un moment durant le gp, la chaleur devient de plus en plus accablante, dit le Mexicain. Il fait de plus en plus chaud au fil des tours. Il arrive même un moment où vous priez pour qu’il y ait une safety car afin de pouvoir respirer un peu, parce que les 20 derniers tours sont vraiment très compliqués physiquement, mais aussi mentalement. Singapour est la course la plus difficile de la saison."

Les pilotes perdent entre 2 et 3 kilos en course

Certains pilotes adoptent une préparation physique spécifique avant de débarquer à Singapour tant les conditions climatiques mettent leur physique et celui des membres des équipes à rude épreuve comme le confirmait Pierre Gasly (Alpha Tauri) en conférence de presse ce jeudi. "Quand vous voyez comme les personnes transpirent déjà dans le paddock, vous pouvez imaginer comment on se sent dans la voiture avec la cagoule, la combinaison et les gants. Nous perdons l’équivalent de 2,5 kilos rien qu’en liquide et l’impact est énorme sur notre concentration, parce que malgré ces conditions il faut rester très précis à ces vitesses-là entre les murs. Ça se joue souvent à quelques centimètres."

Il est vrai qu’en plus de la chaleur et de la longueur de la course (peu de GP atteignent les 2h), les pilotes doivent faire face à l’exigence d’un circuit urbain. Singapour propose 23 virages, soit le nombre le plus élevé de la saison après l'Arabie saoudite, ce qui offre peu de répit aux pilotes.

"Il est extrêmement compliqué de garder de la fraîcheur mentale quand vous êtes à bout physiquement", confirme Charles Leclerc.

Le Monégasque qui avait mis en garde Carlos Sainz il y a quelques années. " Je me souviens la première fois que je suis arrivé ici en 2015 ou 2016, Pierre (Gasly) et Charles (Leclerc) m’ont demandé : " Tu t’es entraîné pour Singapour ? ". J’ai répondu " non pourquoi ? ". Et ils m’ont dit " Tu ne vas pas tarder à le savoir… ". Cet endroit ressemble à un four géant pour nous tous. Comme dit Pierre, le plus difficile c’est de rester au top mentalement. Parce que rouler durant 2h dans cette chaleur, c’est faisable, mais là où ça devient le plus difficile, c’est quand vous voulez aller chercher les deux ou trois dixièmes qu’il vous manque. Si vous survivez au GP de Singapour, vous êtes physiquement prêt pour n’importe quoi en F1. "

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