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Moteurs Formule 1

F1 : Leclerc-Sainz, pas de numéro 1, à force de ne pas choisir Ferrari met le titre en péril

F1 Grand Prix of Miami - Practice

© 2022 Getty Images

Carlos Sainz a décroché à Silverstone la semaine dernière la toute première victoire de sa carrière. Mais malheureusement, dans les discussions d’après GP, son succès a été quelque un peu éclipsé par le choix stratégique étrange de Ferrari qui a privilégié l’Espagnol au moment de la safety car. Une décision qui a coûté la victoire à Charles Leclerc, pourtant mieux placé au championnat. En choisissant de faire rentrer le Madrilène plutôt que le Monégasque sous voiture de sécurité, la Scuderia a clairement sacrifié Leclerc qui pourtant menait la course à ce moment. Resté en piste avec ses anciens pneus à la demande de l’équipe, il a résisté tant qu’il a pu, mais a dû laisser échapper un succès qui lui était promis et la belle opération qu’il aurait pu réaliser en recollant à Max Verstappen au championnat (le Néerlandais n’a terminé que 7e). À force d’opérer des choix étranges et de tergiverser, Ferrari pourrait le regretter et voir le titre lui filer entre les doigts.

À croire que les troupes de Mattia Binotto ne tiennent jamais compte du championnat pour prendre leurs décisions. L’équipe italienne ne tranche pas et a encore matérialisé cette "spécialité maison" à Silverstone quand elle a tardé à demander à Sainz de laisser passer Leclerc. Sans le gâchis stratégique de Silverstone et celui de Monaco (où Leclerc devait s’imposer avant une erreur… stratégique de Ferrari), le Monégasque se serait retrouvé à 17 points de Verstappen. Au lieu de cela, il pointe aujourd’hui à… 43 unités du pilote Red Bull et il est même talonné au championnat par Carlos Sainz (11 points derrière lui).

Chez Red Bull, on s’en frotte les mains. Dans l’équipe autrichienne, à la moindre opportunité de frapper fort, on privilégie Max Verstappen (comme en Espagne et à Bakou). Qu’on trouve les consignes d’équipe logiques ou non, sportives ou pas, ces dernières années, les teams qui triomphent sont rarement ceux qui placent leurs deux pilotes sur pied d’égalité. Chez Mercedes, Valtteri Bottas se pliait aux consignes quand il s’agissait de permettre à Lewis Hamilton de réaliser la bonne opération au championnat. Idem chez Red Bull entre 2010 et 2013 lors des quatre titres mondiaux de Sebastian Vettel. L’Allemand était alors épaulé par un Mark Webber, "officiellement" numéro 2 (et parfois frustré). Seule exception des dernières saisons : 2016 où Lewis Hamilton et Nico Rosberg s’étaient disputés la couronne mondiale (décrochée par l’Allemand lors du dernier GP).

Depuis le début de cette saison, la Scuderia de son côté n’a jamais voulu officiellement désigner un numéro 1 et un numéro 2. Mais qu’elle le veuille ou non, Charles Leclerc s’est naturellement imposé comme leader de l’équipe avec 6 poles, 2 victoires. On pourrait comprendre l’attitude des rouges en début de saison après quelques grands prix afin de voir la hiérarchie qui se dégage. Mais arrivé à mi-saison (l’Autriche sera déjà le 11e des 22 rendez-vous 2022), il devient dangereux de se disperser de cette manière. Et maintenant que Leclerc et Sainz sont si proches au championnat en termes de points, que fera l’équipe italienne si elle doit privilégier l’un des deux pilotes maison ? En effet L’Espagnol ne comprendrait pas spécialement de ne pas pouvoir jouer sa carte maintenant qu’il s’est rapproché au classement du championnat du monde.

Ferrari a en tout cas l’art de se compliquer la tâche alors qu’elle est enfin en position de jouer la couronne. La Scuderia choisi de ne pas choisir et c’est sans doute son principal défaut.

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