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F1 - Grand Prix de Belgique : 110 ans d’histoire en chiffres

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Le Grand Prix de Belgique 2022 de Formule 1 débute ce vendredi à Spa-Francorchamps avec les essais libres. Retour chiffré sur les 110 ans d’existence d’une course qui n’a pas toujours été liée à Spa et à la F1.

1912, la grande première

Il y a 110 ans, la première édition du Grand Prix de Belgique, alors surnommé Coupe du Roi des Belges, est organisée sur le circuit d’Anseremme-Dinant les 20 et 21 juillet 1912.

À l’époque, l’épreuve n’a rien à voir avec la Formule 1, dont le championnat n’est créé qu’en 1950. C’est le Français René Croquet qui s’impose dans le sud de la province de Namur, au volant d’une voiture de la société de construction automobile tricolore Th. Schneider, du nom de son fondateur Théodore Schneider.

5 circuits, déménagements en série

En plus d’un siècle, le Grand Prix de Belgique a voyagé. Après Anseremme-Dinant, où le Grand Prix n’a eu lieu qu’en 1912, les circuits de Spa-Francorchamps, du Bois de la Cambre, de Nivelles et de Zolder ont accueilli les pilotes au fil des années. L’édition 1984, disputée au Zolder, est la dernière qui n’a pas eu lieu à Spa.

Le circuit de Zolder a accueilli 10 éditions du Grand Prix de Belgique de Formule 1 entre 1973 et 1984.
Le circuit de Zolder a accueilli 10 éditions du Grand Prix de Belgique de Formule 1 entre 1973 et 1984. © Tous droits réservés

7,004 kilomètres, le circuit le plus long de la saison

Des 22 Grands Prix au programme cette année, celui de Spa-Francorchamps est nettement le plus long. En 1921, lors du premier Grand Prix disputé sur le circuit, le parcours triangulaire reliant Francorchamps, Malmedy et Stavelot sur des routes publiques faisait 14,981 kilomètres. Depuis, le tracé a été modifié à plusieurs reprises, souvent pour des raisons de sécurité, jusqu’à atteindre sa longueur actuelle de 7,004 kilomètres. Son profil rapide et vallonné en fait l’un des circuits les plus mythiques des sports moteurs.

Le virage du Raidillon, le cinquième du tracé, est probablement LE virage emblématique des circuits automobiles. Après une longue descente vers la rivière de l’Eau Rouge, qui borde le circuit, les pilotes gravissent pied au plancher un mur d’asphalte de 240 mètres, à 17%, avec 24 mètres de dénivelé, et dont ils ne voient même pas le sommet au départ. Le Raidillon a été légèrement modifié cette année pour en augmenter la sécurité.

L’année passée, Lando Norris était parti à la faute dans le Raidillon, lors des qualifications.
L’année passée, Lando Norris était parti à la faute dans le Raidillon, lors des qualifications. © Tous droits réservés

241 km/h, le rythme fou de Pedro Rodriguez

Lors du dernier Grand Prix de Belgique disputé sur le circuit de Spa "format long", le Mexicain Pedro Rodriguez établit un record dingue : il boucle les 28 tours de piste à une vitesse hallucinante de 241,3 km/h.

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Sous l’impulsion du champion britannique Jackie Stewart, l’association des pilotes de F1 déclare ensuite Francorchamps trop dangereux et impraticable. Direction Nivelles en 1972, après une année sans GP de Belgique, puis le Zolder, où dix Grands Prix auront lieu au total. Spa-Francorchamps devra attendre 1983 pour accueillir à nouveau la course, sur son tracé réduit d’environ 7 kilomètres. Depuis 1985, aucun circuit belge n’a remplacé Spa.

Après avoir frôlé la mort lors du Grand Prix de Belgique 1966 à Spa, Jackie Stewart a milité durant plusieurs années pour la sécurité des pilotes.
Après avoir frôlé la mort lors du Grand Prix de Belgique 1966 à Spa, Jackie Stewart a milité durant plusieurs années pour la sécurité des pilotes. © AFP or licensors

3 drames sur les circuits belges de F1

En 110 ans, trois pilotes de F1 ont perdu la vie sur le tracé du Grand Prix de Belgique. L’édition 1960 du GP, disputée à Spa, est la plus meurtrière. Le dimanche, lors de la course, deux pilotes britanniques sont victimes d’un accident mortel dans le virage de Burnenville à cinq tours d’intervalle.

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Au 19ème tour, Chris Bristow, âgé de seulement 22 ans, perd le contrôle de sa Cooper. Éjecté, il s’écrase contre une clôture et la violence du choc ne lui laisse aucune chance. Au 24ème tour, un oiseau percute le casque d’Alan Stacey, sixième. Le pilote de 26 ans se crashe lui aussi à près de 190 km/h. La veille déjà, lors des essais qualificatifs, Sterling Moss et Mike Taylor, britanniques également, s’étaient sérieusement blessés à quelques minutes d’intervalle.

22 ans plus tard, un nouveau drame frappe le GP de Belgique, sur le circuit de Zolder cette fois. À la lutte avec son coéquipier Didier Pironi pour la pole position, le Canadien Gilles Villeneuve percute violemment l’Allemand Jochen Mass, qui roulait au ralenti. Villeneuve est éjecté de sa Ferrari partie en tonneaux. Le pilote canadien est transféré à l’hôpital, mais sa mort est annoncée en soirée.

Lancé à pleine vitesse, Gilles Villeneuve déboîte pour dépasser Jochen Mass. Mais Mass se décale également pour laisser passer Villeneuve, qui heurte l’arrière de la March de l’Allemand.
Lancé à pleine vitesse, Gilles Villeneuve déboîte pour dépasser Jochen Mass. Mais Mass se décale également pour laisser passer Villeneuve, qui heurte l’arrière de la March de l’Allemand. © Belga Images

100 ans de disette belge

La dernière victoire d’un pilote belge à domicile est presque aussi vieille que le Grand Prix ! Pour retrouver trace d’une victoire noir-jaune-rouge, il faut remonter à… 1922, il y a tout juste un siècle. Raymond de Tornaco s’impose alors à Spa-Francorchamps, un an seulement après la création du circuit.

Son bolide est belge lui aussi. de Tornaco conduit une voiture Império, une marque automobile belge spécialisée dans la construction de véhicules de course et de luxe. Depuis 1922, les pilotes et constructeurs belges ont totalement disparu du palmarès. Et ce n’est pas cette année que ça va s’arranger.

6 victoires, le meilleur pilote c’est Schumi

L’histoire de Michael Schumacher est intimement liée au circuit de Spa-Francorchamps. En 1991, c’est là qu’il effectue ses débuts en Formule 1 avec l’écurie Benetton, à seulement 22 ans. Un an plus tard, Schumi y signe son premier succès en F1, avant d’en aligner cinq autres sur les dix éditions suivantes. Six victoires au total, personne ne fait mieux.

Michael Schumacher sur la plus haute marche du podium le 1er septembre 2002 à Spa, lors de sa dernière victoire sur le Grand Prix de Belgique.
Michael Schumacher sur la plus haute marche du podium le 1er septembre 2002 à Spa, lors de sa dernière victoire sur le Grand Prix de Belgique. © AFP

Le Baron Rouge aurait même pu comptabiliser sept succès s’il n’avait pas été disqualifié en 1994 après avoir franchi la ligne en première position, car le fond plat de sa monoplace n’avait plus l’épaisseur requise à l’arrivée. Clin d’œil de l’histoire, c’est aussi à Spa que Mick Schumacher, fils de Michael, signe sa première pole position et sa première victoire en Formule 3 en 2018.

En cas de victoire ce dimanche, le Britannique Lewis Hamilton pourrait rejoindre Ayrton Senna à la deuxième place du classement avec cinq triomphes sur le sol belge.

GP Belgique 1992 : Victoire de Michael Schumacher

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18 victoires, la meilleure écurie c’est Ferrari

En s’imposant en 2019, Charles Leclerc a apporté à la Scuderia sa 18ème victoire sur notre territoire. Une moisson débutée en 1952 lors de la victoire de l’Italien Alberto Ascari, qui décroche la même année le premier de ses deux titres de champion du monde.

Le pilote italien Alberto Ascari au volant de sa Ferrari au GP de Monza, le 11 septembre 1952.
Le pilote italien Alberto Ascari au volant de sa Ferrari au GP de Monza, le 11 septembre 1952. © AFP

Michael Schumacher, victorieux à quatre reprises à Spa au volant d’une monoplace Ferrari, a aussi contribué à la domination de l’écurie italienne. 18 succès, c’est quatre de plus que l’écurie britannique McLaren, deuxième. Avec huit succès entre 1962 et 1985, une autre écurie britannique, Lotus, pointe à la troisième place des équipes les plus souvent victorieuses en Belgique.

3 tours, le GP le plus court de l’Histoire

Le Grand Prix 2021 restera dans les mémoires des fans de Formule 1 comme le plus bref de tous. Tout le week-end du GP est marqué par une pluie battante. Dimanche 29 août, jour de la course, le départ est retardé de trois heures au vu des conditions météorologiques. À 18h17, les pilotes s’élancent finalement derrière la safety car. Mais la course est arrêtée après seulement trois tours, et les bolides rentrent aux stands.

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Finalement, la moitié des points est attribuée aux dix premiers du classement… et les spectateurs ne sont pas remboursés, ce qui provoque une vague de critiques contre l’organisation. Le package de compensation offert quelques mois plus tard, qui comprend notamment un accès à un évènement exclusif du Grand Prix 2022, déçoit bon nombre de fans.

GP Belgique 2021 : Victoire de Max Verstappen lors d'un Grand Prix de Belgique surréaliste

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L’avenir du Grand Prix de Belgique n’est pas encore assuré. Le calendrier de la saison 2023 de F1 est en discussion, et les rendez-vous belge et monégasque sont en sursis, alors que la suppression du Grand Prix de France est déjà actée. Cette année, les fans de F1 espèrent en tout cas un meilleur spectacle que l’année dernière.

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