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F1 Azerbaïdjan – La Formule 1 impactée par la guerre en Ukraine : "On a 10 millions de coûts supplémentaires qui n’étaient pas prévus"

12 juin 2022 à 06:00Temps de lecture2 min
Par Mariano Spitzer avec Gaëtan Vigneron

La guerre en Ukraine fait rage depuis plus de trois mois déjà. Une invasion qui se déroule physiquement en Europe de l’Est mais qui a un impact bien au-delà de ces frontières avec une inflation menant à une augmentation des prix de la vie quotidienne. Et la Formule 1, comme beaucoup d’autres domaines, est fortement impactée.

Alors que 2022 était synonyme d’une nouvelle ère, dont le but était d’introduire un cap budgétaire progressivement plus petit sur les trois premières saisons, l’invasion russe a fortement touché les directeurs d’équipe, qui doivent faire des choix. "C’est presque impossible à tenir. On a 10 millions de coûts supplémentaires qui n’étaient pas prévus : l’énergie, le fret et l’inflation sur les salaires. Il faut trouver un compromis. Les plus petites équipes voudraient qu’on n’ait pas cette augmentation mais on trouvera une solution tous ensemble", explique Toto Wolff, patron de Mercedes.

Des propos rejoints par son homologue chez Ferrari, Mattia Binotto"Le règlement financier est un challenge très difficile cette année à cause d’une inflation qu’on ne prévoyait pas. On savait que la voiture allait coûter plus cher et que le cap budgétaire serait réduit de 5 millions de dollars mais on ne s’attendait pas à cette inflation. On ne sera pas capable de gérer ou alors il faut arrêter le développement".

Le développement, stop ou encore ?

L’heure est donc à l’ingéniosité pour les directeurs d’écurie, qui doivent trouver des solutions dans un contexte compliqué. Une possibilité étant de laisser de côté le développement de la voiture pour privilégier des coûts plus urgents. Mais les avis divergent.

Pour Günther Steiner, team manager de Haas, le développement n’est pas primordial à la survie du sport automobile. "Il faut savoir gérer le budget et être en mesure d’arriver au bout de la saison. On ne peut pas se permettre de faire des choses qu’on ne pourra pas respecter. Le développement par exemple. On ne se concentre pas dessus car on a d’autres coûts plus importants comme le salaire de nos employés. S’il y a une inflation, il faut savoir la gérer. Il y a des coûts dont on ne peut pas se passer comme la logistique et le fret car on doit se rendre sur les lieux. Si on ne voyage plus, il n’y a plus de business et donc plus d’argent. Contrairement au développement, qui lui, pourrait passer à la trappe. On doit se concentrer sur ce qui rapporte de l’argent. Si tout le monde arrête son développement, on pourra toujours rouler".

Un avis que ne partage pas du tout le directeur de la Scuderia. "La F1 reste un challenge technique, ce sont des ingénieurs qui se défient comme des pilotes. Ce serait moche d’arrêter le développement après le premier tiers de la saison. Il faut comprendre cette situation imprévue et difficile. Tout le monde devrait agir de façon collective".

Un débat qui n’est pas près d’arriver à son terme mais les écuries devront vite se remobiliser en vue du Grand-Prix d’Azerbaïdjan. Une course à suivre en direct sur Tipik dès 12h30 ce dimanche.

La F1 est fortement impactée par l’inflation.
La F1 est fortement impactée par l’inflation. AFP or licensors

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