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Monde

Explosion à Beyrouth : un après, les images de la (trop) lente reconstruction

03 août 2021 à 18:143 min
Par J.B. avec Agences

Le 4 août dernier, une explosion meurtrière défigurait la capitale libanaise, Beyrouth

L’énorme déflagration a été déclenchée par un incendie dans un entrepôt qui abritait des tonnes de nitrate d’ammonium stockées "sans mesures de précaution", de l’aveu même des autorités. La tragédie fait plus de 200 morts et 6500 blessés.

Elle frappe un pays plongé depuis des mois dans une grave crise économique, marquée par une dépréciation inédite de sa monnaie, une hyperinflation, des licenciements massifs, des pénuries et des restrictions bancaires drastiques.

Aujourd’hui, les habitants pansent encore leurs plaies et tentent encore de reconstruire la ville alors que des quartiers entiers ont été décimés.

"The gesture"

A gauche, le port de Beyrouth le 29 septembre 2020, un peu moins de deux mois après l’explosion. A droite, fin juillet la sculpture "The gesture" réalisée avec les débris de l’explosion installée dans le port sinistré de Beyrouth.
A gauche, le port de Beyrouth le 29 septembre 2020, un peu moins de deux mois après l’explosion. A droite, fin juillet la sculpture "The gesture" réalisée avec les débris de l’explosion installée dans le port sinistré de Beyrouth. Getty images/ AFP

Dans la zone du port, les dégâts ont été innombrables. C’est là que ça a explosé, en raison du nitrate d’ammonium. Là que la déflagration a eu lieu. Là que pendant des jours, les Beyrouthins ont vécu dans des monticules de gravats et de débris.

Alors c’est là aussi que l’artiste et architecte Nadim Karam a installé une sculpture réalisée avec les débris de l’explosion. "The Gesture" est là pour rendre hommage aux victimes de l’explosion.

Sur ces photos, à gauche, le port de Beyrouth le 29 septembre 2020, un peu moins de deux mois après l’explosion. A droite, fin juillet 2021 la sculpture "The gesture" réalisée avec les débris de l’explosion, installée dans le port encore sinistré de Beyrouth. 

De Gemmayzé à Mar Mikhaël : le cœur battant de Beyrouth

Les quartiers de Mar Mikhael et Gemmayzeh faisaient partie de la vie animée de Beyrouth. Aujourd’hui la vie reprend son cours mais la reconstruction est lente.
Les quartiers de Mar Mikhael et Gemmayzeh faisaient partie de la vie animée de Beyrouth. Aujourd’hui la vie reprend son cours mais la reconstruction est lente. Getty images / AFP

Les quartiers de Mar Mikhael et Gemmayzé étaient, avant le 4 août 2020, le lieu de ralliement de la jeunesse beyrouthine avec ses bars, ses restaurants et ses terrasses. On parlait de Gemmayzeh comme le Soho de Beyrouth. Le cœur vibrant de Beyrouth avait été dévasté par l’explosion, ne laissant derrière lui qu’un amas de ruines.

Gemmayzé, les traces de l’explosion sont toujours bien visibles, même par endroits de nouvelles façades ont vu le jour et que les commerces ont rouvert leurs portes. Comme l’explique le média libanais l’Orient le Jour, de nombreuses demeures faisant partie du patrimoine restent encore un amas de débris.

De même, un semblant de normalité est revenu dans ce quartier de Mar Mikhaïl, où commerces et bars ont rouvert. Mais les autorités n’ont rien fait, ou si peu, pour assister les populations sinistrées et reconstruire une ville meurtrie, laissant une armée de jeunes volontaires et les ONG déblayer les gravats.

Par exemple, la galerie Tanit est située dans ce quartier. Le 4 août, elle a été complètement soufflée dans l’explosion. L’exposition de l’artiste Abed Alkadiri également.

Malgré les travaux, les quartiers les plus touchés, qui abritent musées, galeries d’art et joyaux du patrimoine, portent encore les stigmates de cet événement traumatisant. Et la ville reste un chantier à ciel ouvert, comme l’explique l’Orient le Jour.

 

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Quelques jours après l’explosion l’artiste a poursuivi son travail dans la galerie dévastée.

La galerie Tanit a été touchée dans l’explosion comme de nombreux endroits dans ce quartier animé de Beyrouth.
La galerie Tanit a été touchée dans l’explosion comme de nombreux endroits dans ce quartier animé de Beyrouth. AFP
La galerie en octobre 2020, quelques mois après l’explosion.
La galerie en octobre 2020, quelques mois après l’explosion. Google maps

Actuellement au Liban, les coupures d’électricité sont quotidiennes. L’Electricité du Liban, symbole de la défaillance des services publics, ne peut aujourd’hui fournir qu’une poignée d’heures de courant par jour et peine à s’approvisionner en carburant, faute d’argent.

Rappelons que ce bâtiment, symbole aujourd’hui de la crise politique et économique du pays avait aussi été éventré par l’explosion il y a un an.

Symbole de cette gabegie, le bâtiment de l’Electricité du Liban trône encore dans une obscurité quasi totale quand la nuit tombe.

Les pannes d’électricité sont quotidiennes et menacent même la survie des hôpitaux.
Les pannes d’électricité sont quotidiennes et menacent même la survie des hôpitaux. Getty images

Le quartier de la Quarantaine

Le quartier de la Quarantaine est loin d’être totalement reconstruit, un peu moins d'un an après.
Le quartier de la Quarantaine est loin d’être totalement reconstruit, un peu moins d'un an après. Getty images

Dans le quartier de Quarantaine, également tout proche du port et touché de plein fouet par l’explosion du 4 août dernier, les habitants vivent encore proches des débris. La vie a repris son cours mais la reconstruction, elle se fait attendre.

De nombreux volontaires se sont pourtant succédé pour tenter de reconstruire la ville. En un an plusieurs bâtiments sont sortis de terre grâce à eux et aux différents dons. En août 2020, il y a un an, on parlait de 300.000 personnes sans abris à cause de l’explosion.

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