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Exit la BD pour Marjane Satrapi, qui revient avec un film déjanté

Exit la BD pour Marjane Satrapi, qui revient avec un film déjanté

"Il faut faire les choses quand on a envie de les faire", dit à l'AFP l'artiste franco-iranienne de 45 ans, qui a obtenu un grand succès au début des années 2000 avec les quatre tomes de sa BD autobiographique "Persepolis" retraçant son enfance à Téhéran et son exil en Europe, puis avec "Broderies" et "Poulet aux prunes".

"Pendant cinq ans, j'ai fait de la bande dessinée, j'étais très contente d'en faire, c'était un moyen de narration qui me convenait vraiment. Mais il y avait quelque chose qui me manquait", ajoute-t-elle.

"J'ai découvert que j'étais beaucoup plus sociable que je ne le pensais. J'adore travailler avec les autres" au cinéma, explique-t-elle.

Après avoir adapté "Persepolis" (prix spécial du jury à Cannes en 2007 et deux César en 2008) sous forme de long métrage d'animation et "Poulet aux prunes" (2011) avec Vincent Paronnaud, Marjane Satrapi a tourné "La Bande des Jotas" en 2013, un road movie à l'humour noir plutôt déjanté.

Avec "The Voices", film américain avec Ryan Reynolds ("X-Men Origins: Wolverine"), Gemma Arterton ("Tamara Drewe", "Gemma Bovery") et Anna Kendrick ("Twilight", "In the Air"), elle signe un nouvel opus décalé, "très hybride, situé quelque part entre la comédie, l'horreur et le drame", dit-elle.

Le film raconte l'histoire de Jerry, un homme apparemment simple qui travaille dans une usine de baignoires dans une petite ville américaine, parle avec son chien et son chat, et tombe amoureux de l'une de ses collègues.

Mais c'est en fait un schizophrène qui oublie de prendre son traitement. Sa vie, et celle de son entourage, vont peu à peu basculer dans l'horreur.

"Quand j'ai reçu ce scénario, je n'arrivais pas à définir le genre de ce film", raconte Marjane Satrapi. "Je n'avais pas de références du tout, donc ça me permettait de créer tout un monde", explique la cinéaste, qui déstabilise le spectateur avec cette oeuvre très graphique et colorée, passant d'un genre à l'autre.

'Liberté d'expression'

Après avoir consacré ses premiers films à l'Iran dont elle est partie il y a 21 ans, Marjane Satrapi dit maintenant vouloir "faire des choses vraiment très différentes".

Sur l'Iran, "ce que j'avais à dire, je l'ai dit en long, en large et en travers, je l'ai réellement exprimé" à travers BD et films, dit-elle.

"Je n'aime pas refaire ce que je sais faire, parce que j'ai l'impression que je n'avance pas assez", poursuit Marjane Satrapi. "Ma plus grande motivation dans la vie, c'est d'apprendre."

"L'Iran, c'est en moi, c'est mon pays", dit cependant celle qui se dit "révoltée" par la situation des cinéastes iraniens empêchés de tourner par le régime comme Jafar Panahi, Ours d'or à la dernière Berlinale pour "Taxi".

"Effectivement, comme moi-même je suis partie d'Iran à cause du problème de la liberté d'expression, ça me touche tout particulièrement", dit-elle.

Attachée à la liberté d'expression, elle se sent aussi "doublement peinée" par l'attentat qui a décimé la rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier, parce qu'il a frappé "des gens qu'elle connaissait" et attaqué ce principe.

"Mais il s'est passé quelque chose et j'espère que ça va continuer. Il faut qu'on essaie de comprendre aussi pourquoi ces choses-là arrivent, quelles sont les origines d'un point de vue national, géopolitique", estime-t-elle.

"The Voices" sera sur les écrans belges à partir du 11 mars 2015.

 

AFP Relax News

'The Voices' Official trailer 2015

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