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Exécutions de masse en Iran en 1988 : un ex-responsable condamné à la prison à vie en Suède, une première

Croquis d'audience réalisé le 23 novembre 2021 par Anders Humlebo montre l'ancien responsable des prisons iraniennes Hamid Noury interrogé au tribunal de district de Stockholm.
14 juil. 2022 à 15:53Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Estelle De Houck

La justice suédoise a condamné jeudi à perpétuité un ancien responsable d'une prison iranienne pour son rôle dans des exécutions de masse de milliers d'opposants par le régime iranien en 1988, une première dans le monde.

Agé de 61 ans, Hamid Noury, qui occupait à l'époque des fonctions d'assistant du procureur dans une prison près de Téhéran, a été reconnu coupable de "crimes aggravés contre le droit international" et de "meurtres", selon le tribunal de Stockholm.

"L'accusé a, dans son rôle d'assistant du procureur de la prison de Gohardasht à Karaj, près de Téhéran, conjointement, et en collusion avec d'autres, été impliqué dans les exécutions, qui ont eu lieu après une fatwa du guide suprême de l'Iran", l'ayatollah Khomeini, selon le jugement.

Une première

Même si l'accusé comme fonctionnaire pénitentiaire avait un rôle considéré comme subalterne, c'est la première fois qu'un fonctionnaire iranien est jugé et condamné pour cette purge sanglante visant principalement des membres du mouvement armé d'opposition des Moudjahidine du Peuple (MEK), honni par Téhéran.

Sous un alias, Hamid Noury a "été chercher les prisonniers, les a amenés au comité" chargé de les condamner à mort "et les a escortés jusqu'au site d'exécution", a jugé le tribunal de Stockholm, qui a suivi les réquisitions du parquet pour la perpétuité.

Entamé en août 2021, le procès a tendu les relations entre la Suède et l'Iran et suscite l'inquiétude de représailles visant les prisonniers occidentaux détenus par le régime islamique, dont deux citoyens suédo-iraniens se trouvant dans le couloir de la mort. La principale inquiétude concerne l'universitaire irano-suédois Ahmedreza Djalali, condamné à la peine de mort en Iran en 2017 pour des accusations d'espionnage.

Ahmedreza Djalali, qui était basé à Stockholm où il travaillait pour l'Institut médical Karolinska, était également professeur invité à la VUB, à Bruxelles. Il a été arrêté lors d'une visite en Iran en 2016. 

Tout au long des audiences étalées sur neuf mois, Hamid Noury, souvent théâtral et souriant, avait rejeté les témoignages d'anciens détenus l'accusant d'avoir participé à une série d'exécutions.

Il dénonçait un complot monté par les Moudjahidine du peuple visant, selon lui, à discréditer le régime de Téhéran, affirmant également qu'il était en congés durant la période concernée et qu'il travaillait dans une autre prison.

5000 prisonniers exécutés

Des groupes de défense des droits humains estiment qu'au moins 5000 prisonniers ont été exécutés à l'été 1988 lors de sentences prononcées à la chaîne par des "comités de la mort". Les MEK avancent eux un bilan de 30.000 victimes.

L'arrestation d'Hamid Noury fin 2019 à l'aéroport de Stockholm, à l'occasion d'une visite en Suède, faisait suite à des plaintes déposées par des opposants iraniens auprès de la justice suédoise, dotée d'une compétence universelle pour les crimes contre l'humanité.

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