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Belgique

Examen d’entrée de médecine : seuls 333 lauréats sélectionnés, le plus bas taux de réussite de ces dernières années

14 juil. 2022 à 13:00 - mise à jour 14 juil. 2022 à 16:08Temps de lecture3 min
Par Alisson Delpierre

Ils étaient près de 5500 à passer la première épreuve de l’examen de médecine et de dentisterie le 5 juillet dernier. Le verdict est tombé. Les résultats sont disponibles en ligne depuis 13 heures.

333 participants, soit un taux de 6,07% (le plus bas des quatre dernières éditions), intégreront donc ces études à la rentrée prochaine. Ils sont pourtant 434 à avoir réussi cette épreuve.

Alors comment expliquer cette différence ? Les candidats non-résidents, ceux qui n'ont pas leur résidence principale en Belgique (ils représentent pratiquement la moitié des candidats) ne peuvent pas dépasser 30% du total des admissions. Si cette proportion est dépassée, ils sont alors soumis à un classement en fonction de leurs résultats. 200 non-résidents ont réussi cette première épreuve mais, après sélection, seuls les 99 meilleurs pourront prendre place sur les bancs des facultés belges.

 

ARES

Un taux de réussite bien plus élevé chez les hommes

Les femmes représentaient deux tiers des candidatures, les hommes un tiers. La différence entre le taux de réussite des hommes et des femmes est encore plus marquée que les années précédentes.

Les filles réussissent trois fois moins bien que les hommes

"Quand on voit la différence du taux de réussite, les filles réussissent pratiquement trois fois moins bien que les hommes" précise la directrice de la communication de l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (ARES), Fleur Jasoigne. "Donc on peut se poser des questions sur la sensibilisation et l’attrait des filles aux matières scientifiques dans le secondaire."

Quels critères de réussite ?

L’épreuve comportait 120 questions à choix multiples reparties en deux questionnaires. Pour être accepté, il faut avoir obtenu 10/20 dans chacun des questionnaires et minimum 8/20 dans chacune des huit matières abordées.

"Les matières scientifiques sont traditionnellement moins bien réussies que la partie raisonnement, communication, éthique et empathie. Et dans les matières scientifiques, on voit que la physique, c’est la bête noire des candidats et candidates" décrypte Fleur Jasoigne.

ARES

L’année prochaine : le concours

Pour la dernière fois en Fédération Wallonie-Bruxelles, tous les candidats ayant réussi l’épreuve peuvent accéder aux études de médecine et de dentisterie. Pour la rentrée 2023, un concours d’admission devrait remplacer cette procédure. Cela signifie qu’un nombre prédéterminé de candidats devrait être choisi sur base des meilleurs résultats. Une décision qui découle d’un accord politique survenu en mars dernier.

Une deuxième épreuve en août

Ce taux très bas de lauréats de ce mois de juillet ne serait pas si étonnant. "Lors de la deuxième épreuve, il y a une proportion plus importante de personnes qui le repassent pour la seconde fois et qui sont donc plus habitués à la forme de l’examen. Au-delà de la matière, le QCM est assez nouveau pour les personnes qui sortent des humanités" explique Fleur Jasoigne.

Alors que cette fois, les candidats peuvent encore passer une seconde épreuve le samedi 27 août. L’année prochaine, il ne devrait donc y avoir plus qu’une chance.

La FEF réagit

De son côté, la FEF (la Fédération des Etudiants Francophones) se dit inquiète de ces résultats "désastreux". "Avec seulement 333 lauréats lors de cette session, et un taux de réussite qui ne dépasse pas les 10%, la pénurie de médecins que l’on connait au niveau national n’est pas prête à disparaître", s'insurge la Fédération.

"Ces résultats démontrent également la déconnection totale des doyens francophones, eux qui demandaient il y a peu que l’examen d’entrée soit organisé lors d’une session unique. L’on voit bien aujourd’hui que cette vision des choses, inégalitaire par nature dans un pays où l’enseignement secondaire est un des plus inégalitaires de l’OCDE, aurait des conséquences terribles sur notre système de soins de santé."

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