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Euro féminin 2022 : Entre jeunesse et expérience, l’Italie veut enfin convaincre face aux Flames

L’Italie va-t-elle barrer le chemin des Red Flames ?

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Pour écrire leur Histoire, les Red Flames vont jouer contre une nation… historique du football côté féminin. Un pays qui a travaillé pour redonner aux dames une voix dans le concert des compétitions internationales. C’est en effet d’Italie qu’est venue l’idée de lancer un championnat d’Europe par équipes nationales féminines, à la fin des années 60 déjà, même si cette Coppa Europa per Nazioni (Coupe d’Europe des Nations) organisée en 1969 n’est pas reconnue officiellement par l’UEFA. Pour l’anecdote, c'est l’Italie qui a remporté cette première compétition européenne à… 4 équipes.

L’Italie fait donc clairement partie des nations pionnières du football côté féminin, c’est d’ailleurs le pays qui a participé au plus grand nombre de championnats d’Europe UEFA (avec la Norvège), mais sans jamais remporter le trophée. En 2019, pour leur retour en Coupe du Monde après 20 ans d’absence, les Azzurre avaient créé la surprise en se qualifiant pour les quarts de finale (défaite contre les Pays-Bas, futurs finalistes).

C’est sur cette base que les Italiennes ont construit leurs succès récents, alors que le championnat italien est professionnel depuis… le 1er juillet. Cette saison, la Juventus a (encore) tout raflé et signé le triplé Championnat, Coupe, Supercoupe. La Juve a même battu Lyon en quart de finale aller de Champions League (les Lyonnaises renversant la vapeur au retour.) En toute logique, le club phare de la Botte fournit 9 internationales à la Squadra, de la capitaine Sara Gana à l’attaquante Cristiana Girelli. Ces joueuses se connaissent évidemment sur le bout des crampons, l’une des missions des Flames sera donc de faire quelque peu déjouer leur jeu basé sur une grosse possession de balle et un jeu au sol très technique… "Mais elles ne nous ont pas encore trop montré leurs qualités cette année", précise notre consultante Cécile De Gernier. "Ce quart de finale de Coupe du Monde, c’était peut-être un peu de paillettes dans les yeux…"

On fait le point sur 4 personnages clés de la sélection italienne, 14e au ranking FIFA actuel :

Milena Bertolini, 56 ans (sélectionneuse) : une vraie légende

Milena Bertolini : une main de fer dans un gant de velours
Milena Bertolini : une main de fer dans un gant de velours © Tous droits réservés

Bien plus qu’une ancienne joueuse, la sélectionneuse Milena Bertolini est une véritable légende du football italien. Elle est d’ailleurs l’une des sept femmes du "Hall of Fame" italien. Comme Corinne Diacre, la sélectionneuse de la France, Bertolini est une ancienne défenseuse centrale. Trois fois gagnante du championnat italien comme joueuse, elle a récidivé comme coach (trois titres également). A la tête de la Nazionale depuis 2017, elle a conduit l’équipe en quart de finale de la Coupe du Monde 2019 en France, repositionnant l’Italie sur la carte du football européen.
Il faut désormais confirmer, tout en essayant de rajeunir un peu un effectif très expérimenté mais légèrement vieillissant.

Barbara Bonansea, 31 ans (Juventus) : polyvalence et performance

Barbara Bonansea : des titres avec la Juve, mais pas encore avec l’Italie
Barbara Bonansea : des titres avec la Juve, mais pas encore avec l’Italie AFP or Licensors

Barbara Bonansea, c’est un peu le pendant italien de Janice Cayman : la polyvalence incarnée. Capable de défendre, alors qu’elle a plutôt commencé à jouer dans un rôle de milieu de terrain, la joueuse de la Juventus est surtout un poison sur son flanc, grâce à sa technique et sa vista de buteuse. Intronisée au Hall of Fame italien elle aussi, cette diplômée en économie a déjà remporté 5 titres dans son pays, avec Brescia et la Juve, et évolue en équipe nationale depuis presque 10 ans.

Montée au jeu pour la deuxième mi-temps uniquement contre l'Islande, elle a pourtant changé la face du match et a été élue Joueuse du match... Les Flames sont prévenues.

Cristiana Girelli, 32 ans (Juventus), la machine à buts

Cristiana Girelli : des buts et des célébrations
Cristiana Girelli : des buts et des célébrations AFP or licensors

Double footballeuse de l’année en Italie (en 2020 et 2021), c’est la buteuse maison de la sélection italienne : en championnat, Cristiana Girelli marque presque un but par match en moyenne depuis ses débuts. Celle qui a un jour déclaré qu’elle rêverait du ballon d’or si elle avait 15 ans de moins a marqué à l’Euro 2017 et lors des deux dernières coupes du monde. Mais pas encore dans cet Euro, où elle n’a joué qu’une petite heure contre la France et moins d’une mi-temps contre l’Islande. La machine à marquer est-elle enrayée ?

Arianna Caruso, 22 ans (Juventus), la jeunesse fougueuse

Arianna Caruso sous le maillot de la Juventus
Arianna Caruso sous le maillot de la Juventus AFP or licensors

Née à Rome il y a 22 ans, Arianna Caruso a, en toute logique, commencé à jouer à la Totti Soccer School, l’école fondée par la légende de l’AS Rome (faut-il présenter Francesco Totti ?). Cette fille d’arbitre est passée par l’équipe féminine du club romain avant d’être repérée par la Juve et de filer à Turin empiler les honneurs. Son palmarès renseigne déjà… cinq titres de championne d’Italie avec "la Vieille Dame". Précieuse dans le milieu et en attaque, régulièrement buteuse (8 buts en une vingtaine de sélections), elle a été titularisée sur le flanc gauche lors des deux premiers matches des Azzurre. Le futur de la sélection.

Les raisons d’y croire ?

Après un bon tournoi amical (l’Algarve Cup) en février, les Italiennes ont eu un peu plus de mal. "Je ne les trouve pas si impressionnantes que cela", confie Cécile De Gernier. "Elles ont déjà disputé de grandes compétitions, mais on ne ressent pas vraiment cette sérénité que l’expérience devrait pourtant leur amener…" Malgré une première place actuelle dans leur groupe de qualification pour le Mondial, les Italiennes n’ont pas totalement convaincu lors de leurs dernières sorties.

Le partage 1-1 contre l’Espagne en préparation n’avait pas inquiété, mais la claque reçue face à la France a surpris tous les observateurs. "Ça doit gamberger dans leur tête", poursuit De Gernier. "Elles ont la pression, c’est clair." Milena Bertolini, la sélectionneuse, a choisi de ne pas titulariser ses deux principales stars (Bonansea et Girelli) contre l’Islande mais elles sont montées au jeu en cours de match et cela a (presque) tout changé. En tout cas, les Italiennes peuvent encore se qualifier et atteindre l’objectif minimal qu’elles s’étaient fixé avant la compétition. Comme les Belges…

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