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Monde

Etats-Unis : non vacciné, on lui refuse une greffe du cœur

Vaccination contre le Covid-19, janvier 2022.

Gravement malade, un père de famille âgé de 31 ans a été retiré de la liste d’attente qui lui permettrait de recevoir une greffe de cœur, à Boston. La raison : celui-ci, opposé au vaccin contre le coronavirus, n’est pas vacciné.

Une question de vie ou de mort

Si sa famille a tenté de le transférer dans un autre hôpital, DJ Ferguson est actuellement trop faible pour être déplacé, selon sa femme Heather. Souffrant d’une maladie génétique cardiaque héréditaire, ses poumons et son cœur se remplissent de sang et de fluide. Il a besoin de cette greffe de cœur rapidement pour survivre. "Sans cette opération, ses poumons et son cœur vont continuer à se remplir de sang et de fluide" se désole sa femme sur son compte Facebook.

Malgré son refus de se faire vacciner, sa famille le soutient totalement. David Ferguson, son père, affirme que le vaccin va "à l’encontre de ses principes", et que son fils "n’y croit pas".

"Je pense que mon fils se bat sacrément courageusement. Il a de l’intégrité et des principes auxquels il croit réellement, et ça m’inspire encore plus de respect pour lui", a-t-il déclaré à la chaîne américaine CBS.

Mécontent, il déplore l’attitude de l’hôpital "Mon fils a frôlé la mort pour ses principes, et il a atteint ses limites".

David Ferguson chez lui, interrogé par CBS.
David Ferguson chez lui, interrogé par CBS. CBS

Une affaire qui fait grand bruit

En pleine pandémie, cette affaire divise le pays et soulève notamment des questions d’éthique. Pourtant, les greffes d’organes sont des procédures extrêmement délicates, et de nombreux facteurs peuvent disqualifier les patients dans l’attente d’en recevoir. Par exemple, une personne fumeuse, alcoolique, ou encore obèse se verra refuser une greffe d’organe. Autre facteur de disqualification, l’incapacité ou la non-volonté de s’engager pleinement dans la transplantation.

Comme l’affirme UCHealth, qui intervient dans des hôpitaux et des infrastructures d’urgence à travers le Colorado, se faire vacciner est donc un facteur de validation en plus, et démontre l’engagement du patient envers la procédure qu’il s’apprête à subir.

Une grippe ou un rhume peuvent vous tuer. Le Covid peut vous tuer. Les organes sont rares et précieux, et on ne va pas les offrir à quelqu’un qui a très peu de chance de vivre alors que d’autres patients vaccinés ont bien plus de chances de survivre après l’opération.

Le docteur Arthur Caplan, dirigeant du département d’éthique médicale à l’école de médecine Grossman à New York, explique à CBS que la vaccination est essentielle chez les candidats espérant recevoir une greffe. En effet, après une greffe d’organe, le système immunitaire est complètement éteint, laissant alors le patient extrêmement vulnérable. "Une grippe ou un rhume peuvent vous tuer. Le Covid peut vous tuer. Les organes sont rares et précieux, et on ne va pas les offrir à quelqu’un qui a très peu de chance de vivre alors que d’autres patients vaccinés ont bien plus de chances de survivre après l’opération".

Selon UCHealth, le vaccin a été rendu obligatoire après la publication de plusieurs études, démontrant que les chances de survie de patients greffés contractant le coronavirus sont fortement diminuées. Ainsi, le taux de mortalité chez ces patients serait supérieur de plus de 20%. "Une greffe d’organe est une opération unique qui se suit toute une vie par une gestion rapprochée afin de s’assurer que l’organe n’est pas rejeté, ce qui pourrait conduire à des graves complications nécessitant une autre opération, ou même la mort", a affirmé UCHealth au Post.

Transplantation cardiaque à Madrid, en août dernier.
Transplantation cardiaque à Madrid, en août dernier. AFP et Belga

Refuser le vaccin… pour des raisons religieuses

Si l’histoire de DJ Ferguson ne laisse personne indifférent, c’est loin d’être un cas un isolé. Le vaccin contre le Covid-19 se retrouve même mêlé au débat sur l’avortement et la religion.

Dans le Colorado, Leilani Lutali fait les gros titres avec son histoire. Atteinte d’insuffisance rénale en phase terminale, seule une greffe de rein pourrait la sauver. Mais fervente chrétienne, elle refuse de se faire vacciner, ce qui lui permettrait par la suite de recevoir un nouveau rein. Son donneur et ami, croyant également, rejette lui aussi le vaccin.

En cause, des cellules sélectionnées sur des fœtus avortés, et qui ont notamment permis le développement de nombreux vaccins, y compris ceux couramment utilisés contre la Rubéole, la varicelle, le zona, ou encore l’hépatite B. Le vaccin contre le coronavirus en fait également partie. Attention cependant, il est important de préciser qu’il ne contient aucune cellule de fœtus avorté. Ces dernières ont simplement aidé à sa conception.

Le Pape François lors d’une visite au Parlement européen à Strasbourg, le 25 novembre 2014.
Le Pape François lors d’une visite au Parlement européen à Strasbourg, le 25 novembre 2014. Belga

Il est moralement acceptable de recevoir les vaccins contre le Covid-19

Pourtant, des leaders de l’Eglise catholique romaine à la Nouvelle-Orléans et à St-Louis, dans le sud du pays, sont allés jusqu’à qualifier le vaccin de Johnson & Johnson "moralement compromis", alors qu’il ne contient aucune cellule de fœtus avorté.

Par ailleurs, le Vatican a affirmé qu’il est "moralement acceptable" de se faire vacciner, et le Pape François lui-même a reçu ses doses de Pfizer, considérant que refuser le vaccin reviendrait à du "suicide".

Leilani Lutali affirme ne pas avoir peur de mourir, convaincue qu’il existe une vie après la mort. En attendant, elle recherche toujours un hôpital lui permettant de se faire opérer sans être vaccinée.

Un coeur de porc bat chez un patient américain (sujet JT 11/01/2022)

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