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Et si on pouvait nager dans l'étang du bois de la Cambre?

Et si on pouvait nager dans l'étang du bois de la Cambre?
07 févr. 2018 à 16:09 - mise à jour 07 févr. 2018 à 16:093 min
Par Véronique Fievet

L'idée n'est pas neuve mais elle vient d'être relancée par Bianca Debaets, conseillère communale CD&V, dans l'opposition à la ville de Bruxelles. A l'origine de sa proposition, elle épingle le manque de piscines à Bruxelles (elles sont saturées en été) et l'absence de lieux de baignade en plein air. Il y a quelques années, "L'échevin des Sports, Alain Courtois, avait promis d'installer des piscines mobiles, provisoires. Elles ne sont jamais arrivées. Pourquoi ne pas privilégier plutôt l'aménagement d'étangs existants?" Une idée à première vue un peu farfelue mais qui mérite de ne pas être rejetée d'un revers de main.

Une idée dans l'air du temps

En cet après-midi plutôt frisquet, nous croisons quelques promeneurs bien emmitouflés autour de l'étang du bois de la Cambre. A l'annonce du projet de baignade publique dans l'étang, les premières réactions fusent : "Se baigner ici me semble un peu incongru", annonce d'emblée cette bruxelloise, "un petit coin pour nager en été, cela ne serait pas mal" s'enthousiasme un jeune homme. "Il y a beaucoup de boue au fond du lac, il faudra commencer par curer le fond du bassin et puis aménager des cabines, et des douches" ajoute un homme qui a le sens pratique. "C'est une très belle idée" ajoute sa voisine, "je suis sûre que plein de gens ont déjà eu envie de se rafraîchir dans l'étang".

Les militants de "Pool is Cool" se sont déjà baignés dans l'étang du bois de la Cambre
Les militants de "Pool is Cool" se sont déjà baignés dans l'étang du bois de la Cambre Pool is Cool

A l'instar de Paris, Copenhague ou Berlin, de plus en plus de villes choisissent d'aménager des lieux de baignade en plein air pour agrémenter l'été des citadins. Dans des étangs reconvertis ou dans des bassins temporaires, sur les quais ou dans les parcs, la baignade est à la mode. Et ce n'est pas le collectif "Pool is Cool" qui dira le contraire. Depuis plusieurs années, ses membres militent pour l'aménagement de sites de baignade en plein air à Bruxelles. Récemment, ils ont recensé plusieurs lieux qui, selon eux, pourraient convenir à la baignade. C'est le cas de l'étang de La Pede, à Anderlecht ou de l'étang du bois de la Cambre, sur le territoire de la ville de Bruxelles.

Pour réclamer des lieux de baignade en plein air, ils se jettent à l'eau

Qu'importe la qualité de l'eau ou la dangerosité du plongeon, ces militants ont déjà plusieurs actions spectaculaires à leur actif. En 2016, ils ont piqué une tête dans le canal à Anderlecht, une autre fois, c'était déjà dans l'étang du bois de la Cambre. Nous rencontrons Agnès. Pour cette jeune bruxelloise : "Un lieu de baignade en plein air, cela crée de la convivialité dans une ville. Les gens se mélangent et passent un bon moment. Il y en a dans de très nombreuses villes, pourquoi pas à Bruxelles?". Mais qu'en pense la ville de Bruxelles dont dépend l'étang du bois de la Cambre?

Envisageable mais peu praticable, selon le cabinet de l'échevin des Sports

Contacté par nos soins, le cabinet d'Alain Courtois s'avoue plutôt sceptique sur la faisabilité du projet. L'aménagement d'une zone de baignade au bois de la Cambre aurait déjà été envisagé mais plusieurs problèmes se posent dont celui de la qualité de l'eau de l'étang : "les étés 2016 et 2017 ont vu la prolifération d'algues vertes rendant la baignade impossible". Il est vrai que l'aménagement d'un étang de baignade coûte cher. La ville de Paris vient de lancer un projet de ce type dans le bois de Vincennes. Une partie du lac Daumesnil (8000 m² soit la superficie de cinq piscines olympiques) sera réservée aux baigneurs dès l'été 2019. Pour cela, il faudra construire des berges de béton et les recouvrir d'une couverture étanche. Autre défi : délimiter une zone de filtrage et de traitement biologique de l'eau par des plantes.

Un projet séduisant mais dont le coût est avoisinerait les dix millions d'euros pour les travaux et un million d'euros pour les frais de fonctionnement pendant la période estivale (mi-juin à mi-septembre). La ville de Paris a estimé que cela en valait la peine.

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