Environnement

Et si on étudiait les squelettes des coraux pour prédire leur résistance au changement climatique ?

Et si on étudiait les squelettes des coraux pour prédire leur résistance au changement climatique ?

© Brett Monroe Garner

01 févr. 2022 à 08:00Temps de lecture2 min
Par RTBF avec AFP

Des chercheurs ont étudié la structure osseuse de récifs coralliens pour mieux prédire leur survie.

Vulnérables à l'acidification des océans provoquée par le réchauffement climatique, les coraux font partie des espèces sous-marines les plus menacées.

Certaines espèces mieux armées face à l'acidification des océans

Les coraux qui peuplent les fonds des océans sont particulièrement vulnérables face au réchauffement climatique, notamment à l'acidification des océans, produite par les émissions de CO2 atmosphériques générées par l'activité humaine, ce qui a pour effet d'augmenter la température des océans et accélère le blanchiment des coraux. 

Des chercheurs de l'université du Wisconsin-Madison (États-Unis) ont tenté de prévoir la survie des récifs coralliens en étudiant leur structure osseuse. Composés d'aragonite et de carbonate de calcium amorphe, les squelettes des coraux se forment, puis se cristallisent. L'équipe de chercheurs a étudié trois espèces de coraux et a examiné en profondeur les composants de leur squelette en croissance.

La structure osseuse conditionne la résistance au blanchiment

Selon les travaux publiés dans le Journal of the American Chemical Society, le taux de cristallisation de la structure osseuse des coraux diffère selon les espèces et en fonction de leur résilience à l'acidification des océans.

Plus la bande de minéraux non cristallisés est épaisse, plus le processus de cristallisation est lent, note l'étude.

L'espèce Acropora est par exemple plus sensible à l'acidification et présente une bande de carbonate de calcium amorphe beaucoup plus épaisse que l'espèce Stylophora.

Les coraux Turbinaria sont quant à eux dotés d'une couche encore plus mince que Stylophora. On peut donc en déduire que cette troisième espèce est la plus résistante au phénomène de l'acidification des océans. 

Des trésors naturels à préserver de toute urgence !

"Si la surface du squelette du corail, où tout ce carbonate de calcium amorphe est déposé par l'animal vivant se cristallise rapidement, alors cette espèce particulière est résistante à l'acidification des océans. Si elle se cristallise lentement, alors elle est vulnérable", résume la biophysicienne Pupa Gilbert, professeure à l'université du Wisconsin-Madison et autrice principale de l'étude.

Bien que les coraux représentent moins de 1% des fonds marins, ces écosystèmes comptent parmi les plus riches en biodiversité de la planète, avec plus d'un million d'espèces estimées associées aux récifs. Il est donc essentiel de les protéger.

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