Et si notre quête de plaisirs entravait notre quête du bonheur ?

Et si notre quête de plaisirs entravait notre quête du bonheur ?

© MIGUEL RIOPA - AFP

06 févr. 2018 à 19:33 - mise à jour 06 févr. 2018 à 19:33Temps de lecture1 min
Par RTBF avec Brut

Robert Lustig, endocrinologue américain célèbre pour ses travaux sur l’addiction aux sucres, distingue, preuves scientifiques à l’appui, plaisirs et bonheur.

L’endocrinologue pédiatrique Robert Lustig, dont le nom signifie " amusant, gai " en allemand, a publié quelques best-sellers aux Etats-Unis qui ont remis en cause l’addiction aux sucres, principal déclencheur de l’obésité dans le monde.

Presque philosophe, l’auteur précise que la différence entre les deux hormones que sont la dopamine et la sérotonine caractérise la confusion que l’homme fait entre plaisirs et bonheur.

L’hormone dopamine, l’éphémère plaisir

La dopamine stimule, excite et crée un plaisir de courte durée, instinctif, matériel et solitaire. Elle alimente le "circuit de récompenses" qui peut générer des addictions. Selon le Docteur, la tolérance aux drogues de toute sorte (réseaux sociaux, achats compulsifs, drogues, jeux vidéo, pornographie) comporte une explication scientifique : "La fois suivante, vous avez besoin d’une plus grosse dose parce qu’il y a moins de récepteurs à occuper, pour finalement prendre une énorme dose avec aucun effet."

De plus, il indique que les dommages peuvent être observables : "Quand les neurones sont trop excités, ils ont tendance à mourir."

L’hormone sérotonine, la lente quête du bonheur

La sérotonine désigne une hormone indissociable du bonheur, presque spirituel et lié aux interactions sociales. Elle dure plus longtemps que l’effet "dopant", ou "dopaminant", de l’autre hormone. Le docteur précise que "c’est le sentiment de ne faire qu’un avec le monde".

Étonnamment, la sérotonine inhibe les neurones au lieu de les stimuler. "Donc vous ne pouvez pas surdoser vos neurones en sérotonine", indique Lustig.

Problème : les deux hormones sont liées. Ainsi, plus la dopamine augmente, plus le niveau de sérotonine risque de baisser. Ironique, l’endocrinologue conclut : "Plus vous recherchez le bonheur, plus vous serez malheureux".