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Patrimoine

Et si les NFT facilitaient le rapatriement des œuvres d’art en Afrique ?

Le collectif Looty a décidé d’accélérer la restitution des œuvres d’art pillées en Afrique grâce aux NFT.
29 mai 2022 à 13:55Temps de lecture2 min
Par AFP

La restitution des biens culturels africains continue de faire polémique. Si des pays comme la France et les Pays-Bas multiplient les initiatives dans ce sens, les pays africains peinent encore à récupérer leur patrimoine. Une situation à laquelle espère remédier le projet de NFT, "Looty".

Le 28 novembre 2017, Emmanuel Macron s’était engagé à rendre possible dans un délai de cinq ans les restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en France. "Je ne peux pas accepter qu’une large part du patrimoine culturel de plusieurs pays africains soit en France", déclarait alors le président français lors d’un discours à l’université de Ouagadougou. "Il y a des explications historiques à cela, mais il n’y a pas de justification valable, durable et inconditionnelle, le patrimoine africain ne peut pas être uniquement dans des collections privées et des musées européens".

Quatre ans plus tard, 26 œuvres des trésors royaux d’Abomey ont été restituées à la République du Bénin, regagnant définitivement leur pays après près de 130 ans d’absence. Elles avaient été dérobées en novembre 1892, lorsqu’un corps expéditionnaire dirigé par le colonel Dodds est entré à Abomey, la capitale du royaume du Danhomè située au sud de l’actuel pays africain. Ces artefacts avaient ensuite été donnés au musée d’ethnographie du Trocadéro dans les années 1890, avant de rejoindre la collection du musée du quai Branly – Jacques Chirac en 2003.

Direction le "lootyverse"

Toutefois, la restitution du patrimoine africain n’en est encore qu’à ses balbutiements. Un rapport de 240 pages des universitaires Bénédicte Savoy et Felwine Sarr estime que 90.000 œuvres accaparées en Afrique subsaharienne durant la colonisation sont actuellement conservées dans des collections publiques françaises. De nombreuses autres sont exposées dans des musées britanniques, néerlandais ou encore américains.

Face à l’ampleur du phénomène, un collectif a décidé d’accélérer la restitution de ces œuvres d’art grâce aux NFT. "Nos 'Looters' vont dans les musées (physiquement) et reprennent les œuvres d’art (numériquement)", peut-on lire sur le site de l’initiative. En d’autres termes, les membres anonymes du collectif scannent les artefacts et en créent des copies numériques sous forme de NFT. Six d’entre elles sont disponibles à l’achat sur la plateforme spécialisée Rarible, au prix initial de 0,9 ether (soit 1659 euros, à l’heure à laquelle est écrit cet article).

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Une partie des bénéfices de leur vente sera reversée au fond Looty, qui octroie, lui-même, des bourses à de jeunes artistes originaires du continent africain. Le collectif a également pour objectif de construire un métavers, ou "lootyverse", où les NFT de ces œuvres d’art seront exposées. Il y voit une forme de restitution digitale.

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