Estonie : déchets, environnement, énergie

Déchets sur les plages d'Estonie

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02 juin 2014 à 07:27Temps de lecture2 min
Par Christian Dupont

Que ce soit dans les bois, sur les plages ou dans les dunes, on trouve encore en Estonie toute une série de petits déchets. Mais c’est aujourd’hui presque ridicule si l’on compare à l’invraisemblable quantité récoltée lors de la toute première journée nationale de nettoyage du pays. En 2008, après une gigantesque campagne d’information et une organisation très impressionnante comprenant notamment une géolocalisation des principaux sites à " visiter ", près de cinquante mille personnes se sont mobilisées et ont débarrassé leur pays de dix mille tonnes de déchets et détritus divers, soit dix fois plus que la quantité normalement récoltée en un jour.

“De cette première opération, raconte Eva Truuverk, qui travaille pour l’ONG “Let’s do it”, nous avons réalisé une vidéo que nous avons postée sur youtube. Elle a été vue un peu partout dans le monde. Et beaucoup de gens ont commencé à nous écrire pour nous dire que c’était une bonne idée, et nous demander des conseils pour pouvoir le faire dans leur pays ". Avec un succès tel que l’action est répandue dans 111 pays différents dans le monde.

L’Estonie traite aussi des déchets étrangers

Face aux pistes de l’aéroport, à quelques kilomètres du centre de Tallin, est installée la plus grande implantation de triage d’Estonie. C’est notamment là que se sont retrouvés les déchets récoltés lors des opérations de nettoyage. Mais c’est surtout ce qui a remplacé les nombreuses décharges publiques depuis une vingtaine d’années, comme l’explique Rainer Pesti, Directeur du marketing de RAGN SELLS : " Quand nous avons retrouvé notre indépendance en 1991, le pays comptait 220 décharges. Toutes les petites communes avaient une décharge séparée. De nos jours, il reste 5 décharges et il est très probable que dans les années qui viennent, il n’en y aura plus qu’une ou deux ".

En développant ses capacités de tri, l’entreprise s’est même ouvert de nouveaux marchés. Régulièrement, elle reçoit des containers en provenance d’Angleterre ou d’Irlande. La transformation d’une grande partie des déchets domestiques sert notamment à fabriquer des combustibles. En matière d’énergie, l’Estonie est le plus grand producteur mondial de schiste bitumineux, une roche d'origine sédimentaire, ce qui assure 90% de sa production d’électricité. Avec un bémol : la production d’électricité à partir du schiste bitumineux émet beaucoup de CO2. Keit Pentus-Rosimannus, ministre estonienne de l’Environnement, en est parfaitement consciente. Mais elle précise que les entreprises – situées à l’est du pays - ont récemment réalisé des investissements très importants pour réduire ces émissions de CO2. Quant à la part des énergies renouvelables, essentiellement la biomasse et l’éolien, elle devrait progresser dans les prochaines années. Mais l’Estonie n’abandonnera pas de sitôt le schiste bitumineux, qui lui permet de ne plus dépendre de la Russie. Et ça, pour une ancienne petite république soviétique, c’est un paramètre fondamental…

Philippe Antoine

 

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