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Les réfugiés et moi

Est-ce que les réfugiés vont continuer à arriver ?

Est-ce que les réfugiés vont continuer à arriver ?
28 sept. 2015 à 12:10 - mise à jour 28 sept. 2015 à 12:103 min
Par Daniel Fontaine

Dans le cadre d'une journée spéciale "Les réfugiés et moi", la RTBF a demandé aux internautes à quelles questions ils souhaitaient obtenir une réponse. Cet article répond à une des trente questions les plus fréquemment posées.

 

Pour le moment, l'afflux de migrants en Europe est d'environ 8000 personnes par jour. Les statistiques montrent que le nombre de demandeurs d'asile en provenance de tel ou tel pays peut évoluer rapidement. Mais, selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, le nombre d'arrivées ne devrait pas diminuer dans l'immédiat. On ne peut pas prévoir d'amélioration rapide dans plusieurs des principaux pays d'origine actuels, comme la Syrie, l'Afghanistan et l'Irak.

Source: Eurostat, 18 septembre 2015.
Source: Eurostat, 18 septembre 2015. © Tous droits réservés

La Syrie, sans surprise, représente aujourd'hui la première nationalité des demandeurs d'asile dans l'Union européenne. Depuis le déclenchement de la guerre qui a suivi le soulèvement populaire de 2011 contre le président Bachar al-Assad, la moitié des 22 millions de Syriens ont dû quitter leur foyer. Cette proportion énorme représente une catastrophe pour ce pays qui est durablement déstabilisé. Parmi ces 11 millions de personnes déplacées, environ cinq millions ont quitté le pays. La plupart de ces réfugiés sont restés dans des camps dans les pays limitrophes: Turquie, Jordanie et Liban. Les 122 000 Syriens arrivés sur le territoire européen en 2014 n'en représentent qu'une petite proportion.

Sur le terrain, la guerre menée par le régime de Bachar al-Assad contre les groupes rebelles et l'organisation terroriste État islamique ne semble pas près de se terminer. La population civile fait les frais des exactions commises aussi bien par l'armée régulière que par les autres combattants. Une chute éventuelle du régime ne promettra pas un retour rapide au calme et à la stabilité, dans un pays divisé et largement détruit par le conflit. Tout porte donc à penser que le flot de réfugiés syriens ne se tarira pas de sitôt.

L'Afghanistan est la deuxième origine des demandeurs d'asile dans l'Union européenne. Le pays a connu des décennies de violences, de l'occupation soviétique à l'intervention de l'Otan, en passant par le régime des talibans. Si le niveau global de violence a plutôt baissé ces dernières années, les combattants talibans maintiennent la pression et mènent toujours des attentats. Certaines minorités, comme les Hazaras, font l'objet de discriminations. Il n'y a pas, là non plus d'apaisement rapide en vue, même si certaines régions sont considérées comme relativement sûres.

Plus étonnant, l'Albanie, est la troisième provenance des demandeurs d'asile dans l'Union européenne, la plupart d'entre eux introduisant leur demande en Allemagne. En Belgique, 13% des candidats albanais reçoivent le statut de réfugié, alors que ce taux est quasi nul dans d'autres pays. Des filières encouragent les Albanais à émigrer pour trouver de meilleures conditions de vie en Europe occidentale. Néanmoins, la volonté des autorités belges de placer l'Albanie dans la liste des pays d'origine sûrs est contestée.

Quatrième pays d'origine, l'Irak, est brusquement devenu la première provenance des demandeurs d'asile chez nous. Au mois d'août 2015, près de la moitié des demandeurs d'asile en Belgique étaient irakiens. Le Commissariat général aux réfugiés et apatrides souligne que, avec 2160 dossiers, jamais autant de demandes d'asile provenant d'un même pays n'avaient été enregistrées en un seul mois. Et jamais l'écart avec le pays classé en deuxième position (la Syrie) n'avait été si important. Ce phénomène ne s'observe pas dans les autres pays européens. Les autorités soupçonnent l'existence de filières entre l'Irak et la Belgique. Les décisions concernant les demandeurs provenant de la région de Bagdad ont été récemment suspendues.

L'Irak reste néanmoins un pays frappé par un haut niveau de violence. Le groupe État islamique occupe une grande partie du pays. Les minorités yézidie et chrétienne, ainsi que les chiites, sont persécutés dans les zones tenues par les djihadistes. Dans les zones gouvernementales, ce sont les sunnites qui se plaignent de discrimination.

 

Retrouvez toutes nos réponses à vos questions sur notre dossier "Les réfugiés et moi":

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