Cinéma

"Espèces menacées" : un film "déstructuré" de Gilles Bourdos sur des familles en désordre

"Espèces menacées"

© Mars Film

25 août 2017 à 07:50 - mise à jour 25 août 2017 à 07:50Temps de lecture2 min
Par AFP

Le réalisateur français Gilles Bourdos signe avec "Espèces menacées" un film "déstructuré" mettant en scène le désordre de familles guère plus structurées pour explorer leurs rapports complexes.

Présenté à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) en avant-première, avant sa projection dans le cadre de la sélection officielle de la Mostra de Venise (du 30 août au 3 septembre), "Espèces menacées" alterne moments de légèreté et d'extrême tension, par blocs et de manière assez radicale.

Le réalisateur de 53 ans, qui avait signé "Renoir" en 2012, fait pour son cinquième long métrage le pari de la "dissymétrie". Trois récits familiaux aux dynamiques diamétralement opposées se répondent en écho : un père bascule dans la folie, un autre se réconcilie avec sa fille, une épouse se débarrasse de ses névroses en retrouvant son rôle de mère.

"Le film traite de ruptures dans la filiation. A partir de là, l'espèce est menacée", résume le réalisateur pour justifier "un film déstructuré, un film mosaïque, tout en morceaux, où à la fin tout est clair. Et puis si ça ne l'est pas, c'est pas grave".

Espèces menacées - Bande-annonce

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Co-signé par Michel Spinosa, ce film a été adapté du recueil de nouvelles de l'Américain Richard Bausch, qui "excelle dans l'art de raconter des courts récits sur des rapports familiaux complexes", selon Gilles Bourdos.

"J'ai construit le film comme un jeu des sept familles dont le mécanisme repose sur la mise à l'épreuve des pères par le choix de leurs filles. Inversement, un fils doit gérer la vie sentimentale absolument désastreuse de ses parents", explique le réalisateur à l'AFP.

Entre ces trois histoires de familles, "l'unité se fait par la thématique plus que par le récit", souligne-t-il.

Alice Isaaz "à l'instinct"

Alice Isaaz dans "Espèces Menacées"
Alice Isaaz dans "Espèces Menacées" © Capture d'écran de la bande annonce / YouTube

"J'ai beaucoup pensé aux mosaïques de Gaudi ou aux dissymétries de Mondrian pour trouver le rythme du film. Je crois résolument dans une esthétique de l'hétérogène, et à la tension qui naît de fragments disparates", lance Gilles Bourdos.

Il explique "s'être basé sur des choses qui existent dans tous les milieux sociaux comme les violences conjugales, un sujet très contemporain et dont on parle peu."

Alice Isaaz, 26 ans, incarne une jeune femme fragile battue par son mari, avec un jeu d'actrice époustouflant de vérité, tout comme celui de Vincent Rottiers dans le rôle du mari violent.

"Je me suis appuyée sur des documentaires, des récits. Le rôle est délicat. Dans le film, on voit très peu de scènes de violences, on voit l'après", décrypte Alice Isaaz. "Il fallait que je me transpose dans cet état de post-violence. J'y suis allée à l'instinct."

"Alice m'a bluffé, elle s'est approprié le film, je n'ai pas choisi une actrice venant d'un milieu défavorisé, je crois au comédien capable de s'approprier une situation", commente le réalisateur.

"Son rôle est difficile. Elle voit que son mari est débordé par la jalousie, mais elle croit toujours qu'il va demander pardon. C'est le mécanisme de l'aliénation", analyse-t-il.

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