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Espagne: Rajoy alerte sur les risques posés par l'indépendantisme

Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol.
22 sept. 2015 à 11:04 - mise à jour 22 sept. 2015 à 11:04Temps de lecture1 min
Par Belga News

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a dressé mardi la liste des risques posés par le projet des indépendantistes en Catalogne, évoquant la monnaie, les pensions, les banques et la nationalité, à cinq jours d'un scrutin décisif.

Une Catalogne indépendante "sortirait de l'UE, et que ferait-on avec les retraites (...) il y a beaucoup plus de retraites que de cotisants et que se passerait-il avec les entités financières, la monnaie ?", s'est interrogé le dirigeant sur la radio privée Onda Cero.

Mariano Rajoy, qui multiplie les interventions dans les médias et les meetings à quelques jours du scrutin que son propre parti juge "historique" a aussi évoqué le risque "d'instabilité", de "tensions" pour le pays.

"Aucune valeur juridique"

Les élections de dimanche, destinées à renouveler le Parlement régional de Catalogne, sont présentées par les indépendantistes comme un plébiscite pour ou contre la sécession. L'indépendantiste Artur Mas, président sortant catalan, et ses alliés de droite comme de gauche estiment que s'ils obtiennent une majorité absolue de sièges, ils auront un mandat pour mener la région autonome vers l'indépendance, en un an et demi maximum.

Ce processus visant à déclarer l'indépendance de la Catalogne, qui produit à elle seule un cinquième des richesses nationales, n'aurait "aucune valeur juridique, nous irions évidemment devant le Tribunal constitutionnel et point final", a affirmé Rajoy. "Ce qu'est l'Espagne, ce sont tous les Espagnols qui doivent le décider, et non quelques uns", a-t-il martelé, dénonçant au passage l'absence de programme de Mas sur l'emploi, ou l'éducation, et refusant d'évoquer le souhait d'une majorité des Catalans, qui veulent selon les sondages, un référendum d'autodétermination, sur le modèle de ceux organisés au Québec ou en Ecosse.

Si les indépendantistes ne remportaient pas la majorité absolue au Parlement, Rajoy serait prêt à leur faire barrage en nouant des alliances avec les autres partis favorables au maintien en Espagne, a-t-il dit sans les nommer. "Si la construction d'une alternative face à ceux qui veulent casser l'Espagne était possible, cela serait raisonnable", a-t-il dit.