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Espagne: le juge Baltasar Garzon sur le banc des accusés

Espagne: le juge Baltasar Garzon sur le banc des accusés
24 janv. 2012 à 08:171 min
Par Mireille Smekens

Cette enquête, arrêtée, divise l'Espagne, 75 ans après la guerre civile et 35 ans après la fin du franquisme.

Le magistrat de 55 ans est poursuivi dans trois affaires distinctes. La première est  relative à des écoutes téléphoniques contestées. Il les avait ordonnées dans le cadre d'une enquête qui a permis de dévoiler la corruption de certains élus de droite. Les audiences se sont tenues la semaine passée, pas trop mal pour lui, il attend le jugement.

Le deuxième procès qui commence aujourd'hui divise l'Espagne. Baltasar Garzon avait décidé d'enquêter sur le sort de plus de 114 000 disparus de la guerre civile, de 1936 à 1939, et du franquisme, de 1939 à 1975.

Tollé chez les héritiers du franquisme et dans la droite espagnole, qui l'accusent de rouvrir inutilement les plaies du passé. 

Les associations de victimes et une partie de la gauche soutiennent, elles, la démarche, une démarche arrêtée par le Tribunal suprême, à la requête de deux associations d'extrême droite. Car Baltasar Garzon est accusé d'avoir, en ouvrant cette enquête, violé la loi d'amnistie votée par le Parlement espagnol en 1977, une forfaiture pour un juge qui risque, si le Tribunal suprême suit cette thèse, une interdiction d'exercer.

Baltasar Garzon estime lui que ces disparitions forcées de civils, dont les corps n'ont jamais été retrouvés, constituent des crimes contre l'humanité. Or ils sont imprescriptibles en droit international dont les normes s'imposent au droit espagnol. Beaucoup de spécialistes internationaux appuient cette thèse

Marc Molitor

Espagne : portrait de B. Garzon

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