Espagne: la pulpeuse fête de la "Tomatina" s'est déroulée sans pépin

La mairie recommande le port de lunettes pour cette activité ô combien culturelle.

© JOSE JORDAN - AFP

28 août 2019 à 11:01 - mise à jour 28 août 2019 à 11:01Temps de lecture2 min
Par Kevin Dero

La tradition devient au fil des années un business juteux pour la petite ville de Buñol, dans la province de Valence. La fête emblématique de cette localité de 10 000 âmes est connue à présent dans le monde entier. Elle a lieu le dernier mercredi d'août. 

Envoyez la sauce!  

"Tomatina" 2019 à Bunol (province de Valence, en Espagne)

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Créée en 1945, la fête, labelisée depuis "Fête d'intérêt touristique international", a commencé à 11h. Un feu d'artifice est alors tiré, et les hostilités de commencer dans la joie et le jus de tomate. Les participants ont eu une heure pour s'ébrouer. Jusqu'à midi, où un autre feu d'artifice vient clore la salissante bagarre. Des quantités astronomiques de tomates (plus de 160 000 tonnes) sont distribuées puis balancées entre les participants. Notez que les fruits sont impropres à la consommation. 

Les tonnes de tomates ont été acheminées depuis Castellon, une grande ville proche:

Les tonnes de tomates sont préparées à Castellon en vue de la "Tomatina"

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Une affluence à présent limitée

Au fil des années, la fête a pris de l'ampleur. La capacité d'accueil des visiteurs n'étant pas extensible, des limitations ont été mises en vigueur par les autorités. Et ce depuis 2013. Après une affluence record de 50 000 amateurs en 2012, le nombre de participants a été l'année suivante limité à 22 000. Ils doivent aussi à présent s'acquitter d'un droit d'entrée fixé à 10 euros - les résidents de Buñol en sont cependant exemptés -.       

Une tradition où le dérapage est courant...
Une tradition où le dérapage est courant... JAIME REINA - AFP

La tradition trouverait donc son origine en 1945. Lors d'une fête (un défilé de géants) ayant lieu dans la bourgade, une bagarre éclate. Quelques échoppes maraîchères sont prises à partie… et voilà que les belligérants s'envoient des tomates à la figure. L'année suivante, on prend les mêmes et on recommence. Le défilé, le pugilat, les tomates. Mais cette fois volontairement. Et la sauce aussi de prendre les années suivantes, où ce souvenir mémorable devient à présent un passage obligé. Mal accepté cependant par les autorités, qui décident en 1950 de mettre un terme à la fausse rixe. Les afficionados ne décolèrent pas. Et quelques années plus tard, ils organisent un cortège funèbre en protestation. Une fausse tomate, nichée dans un cercueil, défile fièrement dans les artères de la ville. La manifestation rencontre un succès. Enorme. La mairie, comprenant le message, va alors définitivement autoriser la "tomatina".  

Edition 2017
Joie d'une participante tomatée en 2018
Pugilat fruitier.

Tomate internationale 

Depuis, la grand messe tomatée a fait des petits… et des manifestations de ce type se déroulent à présent dans différents pays d'Amérique latine.  

Purée, quelle fête!
Purée, quelle fête! JOSE JORDAN - AFP

C'est bien de s'éclater dans la pulpe, mais il y a cependant des règles en vigueur. Pas d'alcool durant les ébats. Bouteilles et objets contondants interdits. On ne s'arrache pas le t-shirt (qui doit être blanc). Et surtout, on suit les conseils de sécurité du personnel de la sécurité.  

Concentré d'émotion lors de la "tomatina", dans les rues de la cité valencienne

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Après une heure, le défoulement général est terminé. Pour les grands. Parce que les enfants - qui n'étaient pas admis aux ébrouages tomateux des adultes- sont conviés à une "mini tomatina". Elle a lieu une heure plus tard et est gratuite.

Les effusions de jus terminées, l'heure est ensuite au nettoyage. Nettement moins ragoutant… 

Maintenant, il faut commencer à nettoyer…
Maintenant, il faut commencer à nettoyer… JAIME REINA - AFP

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