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Eric Zemmour au second tour de la présidentielle ? La journaliste Catherine Nay n’y croit "pas du tout"

L'invitée de Matin Première: Catherine Nay, journaliste et éditorialiste française

Comment appréhender la campagne présidentielle qui démarre ? Tous les personnages sont en place

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09 déc. 2021 à 07:45 - mise à jour 09 déc. 2021 à 13:272 min
Par Ambroise Carton sur la base d'une interview menée par Thomas Gadisseux et François Heureux

Catherine Nay, journaliste et chroniqueuse politique française, était ce jeudi l’invitée de Matin Première. Cette observatrice de la Ve République depuis de longues années vient de publier le deuxième tome de ses mémoires. L’occasion pour celle qui s’est exprimée dans les colonnes de l’Express et sur les ondes d’Europe 1 de brosser le portrait d’une nouvelle campagne présidentielle.

Eric Zemmour va-t-il "affadir" le discours de Marine Le Pen ?

Eric Zemmour a-t-il ses chances dans cette présidentielle 2022 ? "On va voir s’il réussit […] Il a fait son meeting le jour anniversaire de la fondation du RPR [le Rassemblement pour la République né en 1976, refondu ensuite dans l’Union pour un Mouvement Populaire en 2002, NDLR]. Donc il compte sur des voix du RPR."

Mais Eric Zemmour roule à droite de la droite. Pour Catherine Nay, "le problème aujourd’hui, c’est est-ce qu’il va faire passer Marine Le Pen derrière lui ? Pour l’instant elle est devant lui [dans les sondages]. Est-ce qu’il va monter ? Est-ce que son discours va affadir celui de Marine Le Pen qui maintenant est une extrémiste modérée".

De là à voir le polémiste atteindre le second tour ? "Je n’y crois pas du tout", tranche la journaliste.

"La féminisation est en marche"

Catherine Nay se dit au passage sceptique sur l’organisation d’une primaire de la gauche. Et ce alors que la socialiste Anne Hidalgo vient d’annoncer son intention d’en organiser une pour ressouder une "gauche fracturée".

Anne Hidalgo à gauche, Valérie Pécresse à droite… la chroniqueuse politique note que "la féminisation est en marche". Elle concède qu'"il y a encore trois mois", elle n’aurait pas misé sur une femme candidate pour les Républicains. Dans ce parti, ajoute-t-elle, "l’unité semble faite" maintenant qu’Eric Ciotti, le candidat perdant au second tour, a juré fidélité à la gagnante de la primaire.

"Les Républicains, c’est dans la classe politique ce qui tient encore un peu", estime la journaliste. Elle énumère les niveaux de pouvoir où la droite compte encore : à l’Assemblée nationale, au Sénat, au niveau local… "Il y a une force que n’ont ni les socialistes, ni Emmanuel Macron où […] c’est quelque chose qui ne marche pas."

L’état de grâce dure un mois puis le bashing commence

"En France, on aime les gens flamboyants. On s’enthousiasme pour quelqu’un dans la campagne et puis on se lasse aussi vite", observe la journaliste. Et de noter qu’un schéma se répète, président après président : "L’état de grâce dure un mois puis le bashing commence."

"La société française est beaucoup plus violente qu’il y a cinq ans", analyse-t-elle. Dans ce contexte, Emmanuel Macron pourrait-il reproduire ce qu’il a fait en 2017 ? Catherine Nay botte en touche : "Ça je ne peux pas vous le dire encore."

Catherine Nay pointe cette particularité de nos voisins : "Les Français se lassent vite de leurs dirigeants." Tout le contraire des Allemands donc. Ceux-ci viennent en effet de faire leurs adieux à Angela Merkel qui aura passé 16 ans au pouvoir... soit le temps de cotoyer quatre présidents français.

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