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Le 8/9

Éric-Emmanuel Schmitt poursuit sa traversée de l’Histoire avec "La Porte du ciel" : "C’est un aboutissement"

Éric-Emmanuel Schmitt pour "La Traversée des Temps. La Porte du ciel"

Le 8/9

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30 nov. 2021 à 09:363 min
Par François Saint-Amand

Éric-Emmanuel Schmitt était l’invité du 8/9 pour présenter la suite de son épopée du genre humain en huit volumes, La Traversée des Temps. Le tome 2, La Porte du ciel, plonge le lecteur en Mésopotamie, foyer de culture et source des premières avancées techniques et technologiques de l’humanité.

Il y a quelques mois, Éric-Emmanuel Schmitt s’est lancé un défi : raconter l’histoire de l’humanité sous la forme d’un roman. Après Paradis perdus sorti début 2021, découvrez déjà la suite avec La Porte du ciel.

Dans ce deuxième tome de la saga La Traversée des Temps, Noam débarque à Babel où le tyran Nemrod ordonne à ses esclaves de construire la plus haute tour jamais conçue. Cette Tour sera la 'porte du ciel' et permettra d’accéder au monde des Dieux.

Grâce à sa fonction de guérisseur, Noam s’introduit dans tous les milieux et sera face à un choix : privilégier son bonheur personnel ou les conquêtes de la civilisation ?

Un travail de recherche colossal

La Traversée des Temps retrace en plusieurs milliers de pages, l’histoire romancée de l’humanité, vécue par deux personnages immortels, Noam et Noura.

Un projet aussi pharaonique a demandé beaucoup de préparation et de documentation à Éric-Emmanuel Schmitt, qui planche sur cette saga depuis des dizaines d’années. À la manière d’un ouvrage scientifique, l’œuvre est agrémentée de nombreuses notes de bas de page pour informer le lecteur sur des concepts, épisodes, techniques ou objets qui ont eu une importance dans le développement des civilisations. "C’est 30 ans de travail, et tout l’été pour vérifier (les notes de bas de page). Quatre lignes peuvent me prendre six heures de vérification. Je vérifie plus que je ne cherche" confie l’auteur franco-belge de 61 ans qui passe en moyenne plus de 10 heures par jour sur son livre.

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Deux êtres immortels qui rencontrent l’Histoire

Éric-Emmanuel Schmitt a encore six autres tomes à sortir pour clôturer cette saga historique. Cela correspond donc encore à un nombre incalculable d’heures de travail. Mais le romancier est tellement passionné par son récit et son héros, Noam, qu’il poursuit ce projet avec aucune appréhension.

"J’adore tellement ce héros qui traverse l’Histoire. Il est un héros malgré lui, il n’est pas dans une pose de héros. Quand il fait quelque chose de formidable, c’est par attachement pour les siens ou souci de responsabilité. J’aime aussi son regard curieux sur le monde : il regarde pour la première fois des choses auxquelles nous sommes habitués. Dans le 2e, tome il découvre par exemple les premières villes de l’histoire de l’humanité en Mésopotamie, au 3e millénaire avant Jésus-Christ (NDLR : mais aussi l'écriture). Il n’y avait pas de ville avant. Il est comme nous en arrivant à New York ou Dubaï ou en Chine. Il découvre cette réalité, les classes sociales, les commerçants. Sa faculté de s’étonner me rafraîchit" se réjouit-il.

L’écrivain est aussi passionné par l’histoire d’amour qu’il vit avec Noura, qui a aussi le don de ne pas vieillir. Cette dernière accepte toutefois mal son immortalité. "Elle commence à comprendre qu’en ayant reçu cette immortalité, elle a perdu le don de donner la vie parce que qui dit fin de la mort, dit fin de la naissance. Or, elle, elle a inscrit dans son rapport au monde le fait de transmettre la vie et elle se rend compte que cela lui est ôté".

L’aboutissement d’une carrière

S’il est l’auteur de plusieurs dizaines de romans, Éric-Emmanuel Schmitt n’avait pas encore habitué son public à écrire une saga.

Ce projet lui tenait pourtant à cœur pour comprendre l’humanité. Sensibilisé à la question écologique, il tente de comprendre pourquoi l’être humain détruit son propre écosystème et pourquoi il n’en a pris conscience que dans la seconde moitié du 20e siècle. Cette destruction, il la nomme avec fermeté, 'enflure'.

"Cette enflure humaine, l’homme en a enfin pris conscience. Je raconte les étapes de cette enflure, mais toujours avec le sens de l’ambiguïté : un progrès est forcément l’abandon de quelque chose et l’entrée dans un territoire inconnu ne sera pas forcément mieux" résume-t-il.

Si la fin de l’humanité approche peut-être, l’écrivain lui ne compte pas s’arrêter après cette saga, qu’il voit cependant comme l’apothéose de sa carrière. "Tout ce que j’ai fait avant, je l’ai fait avec tout mon cœur et chaque objet comptait, mais c’était préparatoire. J’essayais d’élargir ma palette pour être capable d’avoir le souffle de partir dans un roman de 5000 pages et de tenir le lecteur en haleine avec. C’est un aboutissement".

Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

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