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Erezée : par manque d'élèves, l'école communale d'Amonines va-t-elle devoir définitivement fermer ses portes ?

La directrice espère trouver la parade pour que son école reste ouverte.

© D.R.

La rentrée scolaire a un goût amer à l'école communale d'Amonines. Les classes sont rangées, les tableaux sont nettoyés. Mais les élèves manquent. Pour le premier jour de l'année, c'est la viabilité de l'établissement scolaire qui est déjà remise en question. S'il ne trouve pas huit nouveaux enfants d'ici le 30 septembre, c'est la fermeture définitive qu'il faudra envisager. 

La situation est périlleuse et cela ne date pas de cet été. Depuis plusieurs années maintenant, la route de Beffe prend des airs de Far-West. Comme deux saloons rivaux, les écoles libre et communale se font face. Et entre elles deux, c'est la course à qui parviendra à recueillir les faveurs des villageois. 

Un voisinage compétitif

Les derniers duels entre les deux institutions ont poussé l'école communale dans les cordes. D'abord parce que l'établissement libre a ouvert une section maternelle dès 2017, permettant de fidéliser dès le plus jeune âge parents et enfants. Puis l'enseignement communal de la petite entité comptait l'an dernier sur six enfants placés dans le home voisin. Rentrés dans leur famille, ils manquent aujourd'hui au décompte. "Nous sommes évidemment heureux pour eux. Leur situation a bien évolué. Mais cela nous pousse à devoir trouver de nouveaux enfants si nous ne voulons pas voir notre école fermer", confie la directrice Noémie Puissant. 

Pour mettre toutes les chances de leur côté, il a fallu innover : pédagogie active, classe du dehors et même ouverture d'une nouvelle section maternelle. "Pour rendre attractive cette nouvelle section, nous avons misé sur une immersion en anglais dès l'âge de trois ans. À l'heure de la rentrée, force est de constater que cela n'a pas permis d'attirer le nombre d'enfants que l'on espérait. Pourtant, je reste convaincue de l'utilité de cette manière de fonctionner. Les parents patientent peut-être en vue de voir la tournure que cela va prendre.

"On ne s'imagine pas les conséquences psychologiques"

Si la destinée de l'école se dessine en pointillés, ce sont également enfants et parents qui tremblent devant les grilles. "Nous allons nous battre pour que l'école reste ouverte. Ma fille rentre en sixième. Je ne m'imagine pas la changer d'école alors que le véritable changement doit intervenir l'an prochain lors du passage en secondaire. Il ne faut pas nier l'impact psychologique que cela peut avoir. Ce n'est pas évident à gérer. Nous avons déjà été visiter d'autres écoles afin de prendre les devants. Il faut un plan b. Mais nous ne saurons finalement que deux ou trois jours avant la décision finale si l'école restera ouverte ou non", regrette Nadège, maman d'Enora. 

Pour toutes les personnes intéressées d'en savoir davantage sur cette école, il est possible de la visiter durant les heures de cours ou de la contacter au 086/477.928.

"On a une bonne étoile ! Depuis des années, l'école est au bord de la chute. Mais nous nous en sortons toujours. Et je suis particulièrement confiante cette année", s'enthousiasme encore Nadège. 

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