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Équipe de France : accalmie sur le droit à l’image, Mbappé a joué le jeu

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20 sept. 2022 à 16:43Temps de lecture3 min
Par AFP (édité par M. Weynants)

Ayant obtenu des garanties de la Fédération française sur le droit à l’image des Bleus, Kylian Mbappé a participé mardi aux opérations marketing organisées en marge du stage de l’équipe de France. Une accalmie dans un dossier épineux, à deux mois du Mondial-2022.

L’attaquant star du Paris SG figurera bien ces prochaines semaines sur les photos et les publicités des partenaires de l’équipe de France, rassemblés mardi matin à Clairefontaine (Yvelines) pour plus de deux heures d’opérations commerciales au centre d’entraînement des Bleus.

Le champion du monde, initialement réticent à se plier à ces séances photo, s’est prêté, comme tous ses coéquipiers, aux différents ateliers mis en place par la Fédération française (FFF), a appris l’AFP de sources proches de l’équipe de France, confirmant des informations de plusieurs médias dont L’Equipe.

Toutes les opérations initialement programmées se sont déroulées comme prévu, a indiqué l’une de ces sources. Et en fin de journée, Mbappé est apparu souriant à l’entraînement, s’amusant avec son sélectionneur Didier Deschamps.

La partie était pourtant loin d’être gagnée lorsque, 24 heures plus tôt, les conseils de l’attaquant parisien indiquaient à l’AFP, par voie de communiqué, que le joueur n’y participerait pas.

"Droit de regard"

Mbappé, expliquaient-ils, regrettait "vivement" la position de la FFF et de son président Noël Le Graët, guère enclins à l’idée de revoir, avant la Coupe du monde (20 novembre-18 décembre), la convention régissant l’exploitation du droit à l’image des joueurs de l’équipe de France.

Ce document datant de plusieurs années liste les obligations auxquelles tout international doit se soumettre, en échange d’une prime de 25.000 euros par match.

Dans le cadre de l’exploitation de l’image collective des Bleus, chaque sponsor est alors en droit de demander la participation de cinq joueurs de l’équipe aux opérations commerciales. Et logiquement, le très médiatique Mbappé fait très souvent partie du quintette.

L’entourage du joueur de 23 ans s’étonnait depuis plusieurs mois que ce document n’ait pas été "renégocié", selon lui, pour s’adapter aux nouveaux enjeux du football professionnel, qui "a changé", des mots mêmes de Mbappé.

Le joueur avait lui même expliqué fin mai qu’il voulait "un droit de regard sur (son) nom et ce à quoi il est associé", assurant vouloir "gérer" sa carrière "comme (il) l’entend, avec (ses) valeurs". En mars, il avait déjà renoncé à une opération marketing lors d’un rassemblement, et ses conseillers avaient été reçus en juin à la Fédération.

Ce dossier s’est finalement apaisé en quelques heures, lundi et mardi. Le Graët s’est déplacé à Clairefontaine lundi après-midi, accompagné de François Vasseur, directeur marketing de la FFF.

Les deux hommes ont rencontré une délégation de cadres des Bleus, a-t-on appris de source proche de l’équipe de France : Mbappé, Raphaël Varane et Hugo Lloris, capitaine pourtant blessé et forfait pour le rassemblement, mais resté au Château pour l’occasion.

Même Deschamps a participé aux échanges, ce qui n’était pas le cas lors d’une première réunion en juin, déjà avec des piliers du groupe.

Préoccupations "unanimes"

Et dans la soirée, la Fédération a finalement donné raison à Mbappé, en annonçant qu’elle "s’engage (ait) à réviser" cette convention "dans les plus brefs délais".

La "3F" a notamment reconnu que "les préoccupations et convictions" des joueurs étaient "légitimes" et "exprimées unanimement".

Car si l’action de Mbappé ces derniers mois a pu en surprendre certains sur la forme, nombreux sont ceux qui partageaient, sur le fond, les demandes de l’international français.

"Sur le fond, je pense que c’est une évidence qu’il y a des choses à améliorer. Sur la forme, on peut en discuter. Beaucoup de joueurs sont confrontés à cette situation. Il faut une évolution et des discussions", avait par exemple assuré Varane dès le mois de mars.

Le vice-capitaine des Bleus avait d’ailleurs déjà été confronté à cette problématique ces dernières années, lorsqu’il avait été sollicité par Volkswagen, partenaire des Bleus, alors qu’il est lui-même ambassadeur de la marque Jaguar. Une solution avait été trouvée à l’amiable à l’époque, comme l’avait confirmé à l’AFP son ex-agent d’image Frank Hocquemiller.

"Ce n’est pas une question d’argent", assure un proche du groupe France. "Ils ont deux revendications : pouvoir contrôler lorsqu’un sponsor des Bleus est concurrent de leur sponsor personnel, et quand l’un d’eux va à l’encontre de leurs valeurs personnelles."

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