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Equateur : à Quito, la police a dispersé des manifestants qui tentaient d’envahir le Parlement

Une manifestante interpelle la police dans les environs du parc Arbolito à Quito, le 23 juin 2022, dans le cadre des manifestations indigènes contre le gouvernement.
24 juin 2022 à 04:37 - mise à jour 24 juin 2022 à 04:59Temps de lecture3 min
Par Belga, édité par K.D.

La police a dispersé jeudi des manifestants qui tentaient d’envahir le Parlement à Quito, au onzième jour des protestations indigènes contre le coût de la vie qui continuent de plus belle en Equateur.

Poussant des cris de joie, plusieurs milliers d’indigènes ont d’abord pénétré dans l’après-midi dans la Maison de la Culture (CCE) à Quito, réquisitionnée depuis plusieurs jours par les forces de l’ordre, a constaté l’AFP.

Ce centre culturel sert traditionnellement de point de rencontre aux indigènes dans la capitale et son libre accès représentait une des conditions des manifestants pour entamer des négociations.

"C’est une victoire de la lutte !", a salué mégaphone en main le leader indigène Leonidas Iza, dirigeant de la Confédération des nationalités indigènes d’Equateur (Conaie), plus grande organisation indigène du pays.

Gaz lacrymogènes

Le gouvernement a finalement autorisé les manifestants à investir ce lieu symbolique, "dans l’intérêt du dialogue et de la paix", a déclaré le ministre du gouvernement, Francisco Jiménez, dans une vidéo transmise aux médias.

L'"objectif est que cessent les blocages de rues, les manifestations violentes et les attaques dans différents lieux", a ajouté le ministre, tandis que le chef de l’Etat, diagnostiqué mercredi positif au Covid-19, est contraint à l’isolement.

C’est une victoire de la lutte !

Objectif visiblement raté, puisque peu après, un groupe imposant de manifestants, mené par des femmes, a tenté de pénétrer dans l’enceinte du Parlement voisin.

Les policiers déployés sur place les en ont empêchés en faisant usage de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes. Les marcheurs ont riposté en lançant des pierres et des feux d’artifice. La foule s’est ensuite retirée dans un parc voisin.

Le leader des manifestations, Leonidas Iza, qui se trouvait sur place, a jugé que "c’est un très mauvais signe alors que nous avions demandé à notre base de faire une marche pacifique".

Equateur : la police disperse des manifestants qui tentent d’envahir le Parlement
Equateur : la police disperse des manifestants qui tentent d’envahir le Parlement Belga

Prix des carburants

Près de 14.000 manifestants sont mobilisés dans tout le pays pour protester contre la hausse du coût de la vie et exiger notamment une baisse des prix des carburants d’après la police, qui estime leur nombre à près de 10.000 dans la capitale Quito.

Si certaines de ces marches sont relativement calmes et festives, des violences éclatent souvent à la faveur de la nuit. La capitale est en partie paralysée.

Je pleure de voir tant de gens maltraités par ce gouvernement

Mercredi, quelque 300 personnes ont pris le contrôle d’une importante centrale électrique dans la province andine de Tungurahua (sud), mais sans aucun dommage grave ou interruption de service.

En préalable à toute négociation, la Conaie exige aussi l’abrogation de l’état d’urgence en vigueur dans six des 24 provinces et dans la capitale, appuyé par un important déploiement sécuritaire et un couvre-feu nocturne.

Communautés rurales

Le gouvernement rejette cette exigence et assure que les demandes des manifestants, juste sur les carburants, coûteraient à l’Etat plus d’un milliard de dollars par an.

"Je pleure de voir tant de gens maltraités par ce gouvernement", se plaint Cecilia, une retraitée de 80 ans, qui agite une pancarte sur laquelle est écrit : "Lasso menteur".

"Ils disent que nous sommes des paresseux, que nous ne produisons pas et que c’est pour cela qu’il y a des pénuries", lance la dirigeante indigène Nayra Chalan sur une estrade devant des manifestants.

Les indigènes ont quitté leurs communautés rurales il y a onze jours, mais ne sont arrivés à Quito que lundi, durcissant le bras de fer engagé avec le gouvernement.

Ils disent que nous sommes des paresseux, que nous ne produisons pas et que c’est pour cela qu’il y a des pénuries

Le président conservateur au pouvoir depuis un an, voit dans cette révolte une tentative de le renverser. Entre 1997 et 2005, trois présidents équatoriens ont dû quitter le pouvoir sous la pression des autochtones.

Les manifestations ont fait trois morts, 92 blessés et 94 personnes ont été arrêtées depuis le début de la crise, selon un bilan jeudi de l’Alliance des organisations des droits humains.

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