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Epidémie sous contrôle: "Il y a probablement un facteur saisonnier"

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11 juin 2020 à 18:05 - mise à jour 11 juin 2020 à 18:052 min
Par Catherine Tonero

Les indicateurs de l'épidémie de coronavirus sont tous au vert en Belgique. Sur la voie de l'immunité collective? Quel rôle joue l'immunité croisée? Booster son immunité en temps de coronavirus, quel intérêt... ou danger? Pour en parler ce jeudi sur le plateau de CQFD, ce qui fait débatJean-Christophe Goffard, immunologue et directeur du service de médecine interne à l'hôpital Erasme.

3 mécanismes de protection

"Pour qu'une épidémie se propage", rappelle d'abord l'immunologue, "il faut que des personnes contagieuses transmettent à des personnes qui soient susceptibles. Ces dernières peuvent être protégées par différents mécanismes: soit des facteurs génétiques qui empêchent le virus d'entrer en elles, soit elles ont des anticorps qui neutralisent le virus - anticorps secrétés par leur globules blancs - parce qu'elles ont déjà été exposées au coronavirus, soit il y a d'autres mécanismes immunitaires beaucoup plus difficiles à mettre en évidence".

Ces derniers ne sont pas pris en considération dans l'étude réalisée par l'université d'Anvers démontrant que l'immunité collective n'atteint en Belgique qu'environ 7% de la population. Cette proportion pourrait donc être beaucoup plus élevée...

Immunité cellulaire et des muqueuses

Jean-Christophe Goffard l'explique: "C'est un des facteurs, et il y en a sûrement d'autres, qui pourraient expliquer cette extinction lente, mais pas définitive, des cas de détection d'infections à ce coronavirus. Il faudra l'investiguer, et pour ce faire, il va falloir s'intéresser à d'autres types d'immunité que celle mesurée dans le sang: l'immunité cellulaire et l'immunité des muqueuses".

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Immunité durable

La théorie de l'immunité croisée est encourageante et séduisante, selon Jean-Christophe Goffard qui rappelle une des qualités primordiales de l'immunité: sa durabilité. "Certains coronavirus entraînent une immunité durable, d'autres pas et nécessitent des piqûres de rappel. C'est pour cette raison que le réflexe de faire garder ses enfants par les grands-parents va peut-être disparaître à l'avenir, car on tue un peu les grands-parents aussi par ce biais".

Pour le directeur du service de médecine interne à l'hôpital Erasme, le fort ralentissement de l'épidémie qu'on a observé ces dernières semaines ne peut pas s'expliquer que par un seul facteur: "le confinement a joué un rôle, les gestes barrières, il y a des facteurs génétiques que l'on va découvrir, et il y a probablement un facteur saisonnier: l'épidémie explose là où l'hiver commence en Amérique latine, par exemple. Il n'y aura pas un seul facteur qui expliquera tout mais une multitude de facteurs qui agissent et se renforcent les uns les autres. C'est pour cette raison que le masque qu'on a tant décrié au début est utilisé aujourd'hui, car il diminue le risque", explique l'immunologue qui ajoute que la vaccination reste selon lui l'outil le plus efficace et le plus sûr pour venir à bout de cette épidémie, durablement.

CQFD, Ce Qui Fait Débat, chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h45 sur La Trois. Vos questions par mail: cqfdrtbf@rtbf.be. L'entièreté de l'émission ci-dessous:

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