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Entartée au Louvre, La Joconde est habituée aux vandales, aux copieurs et même aux voleurs

L’image a déjà fait le tour du monde, un homme portant une perruque et circulant en chaise roulante a étalé de la crème fraîche sur la vitre protégeant la Joconde exposée au Louvre.

Grâce à sa vitre blindée, le tableau n’a pas été endommagé et le vandale a été emmené par le service de sécurité du musée, proclamant qu’il avait fait cela pour alerter les artistes sur l’état de la planète.

Ce n’est pas la première fois que le chef-d’œuvre de Léonard de Vinci est la cible d’une attaque. Il a même été volé en 1911 avant d’être retrouvé sous le lit de son voleur deux ans plus tard. Pour le récit de la vie mouvementée de Mona Lisa, suivez le guide !

Un tableau tellement adulé qu’il est allègrement copié

Peinte par Léonard de Vinci entre 1503 et 1505, la Joconde émerveille tant par la qualité technique de la peinture que par l’étrange atmosphère qu’elle dégage, à commencer par son sourire.

Le roi de France, François Ier, succombe à son charme et l’achète pour un prix inhabituel pour l’époque. Le tableau rejoint alors les collections royales, ce qui ne l’empêche pas d’être largement copié, c’est même l’un des tableaux le plus souvent reproduits, y compris par des contemporains de Léonard de Vinci comme le peintre Raphaël.

L’historien André Chastel a fait ses comptes : " on a dénombré au moins une cinquantaine de copies datant des 17e et 18e siècles. C’est pourtant l’objet d’un exercice difficile pour les gens du métier".

La renommée du chef-d’œuvre lui vaut de rejoindre les Tuileries en 1800, il sera même placé dans la chambre du général Bonaparte avant de gagner définitivement le Louvre en 1804.

Volée par un vitrier italien qui la cache sous son lit pendant deux ans

Le début du 20e siècle n’est pas de tout repos pour Monal Lisa. Alors que le tableau devient réellement une icône populaire, il suscite aussi des animosités. Les artistes modernes en font le symbole d’une peinture de musée qu’il faut rejeter. En 1911, le poète Guillaume Apollinaire publie même un texte provocateur : "Faut-il brûler La Joconde ?"

On comprend qu’il fasse partie des premiers suspects lorsque le célèbre tableau disparaît du Louvre le 21 août 1911. La police interroge alors des centaines de personnes, dont de nombreuses personnalités de l’époque, mais c’est vers Appollinaire que les soupçons se portent. Il passera même quelques jours derrière les barreaux. Outre ses écrits, il avait comme secrétaire particulier un aventurier belge qui avait lui-même volé des statuettes et des masques au Louvre.

Des pièces rachetées par Pablo Picasso, ce qui lui vaudra d’être interrogé à son tour par les enquêteurs.

Mais la suite de l’affaire prouvera que ni l’écrivain ni le peintre ne sont liés au vol. La Joconde est en effet retrouvée le 13 décembre 1913 quand un antiquaire vient signaler à la police qu’un homme veut lui vendre le fameux tableau volé. Le voleur est vite arrêté, il s’appelle Vincenzo Perrugia, un vitrier italien qui aurait participé à la mise sous verre de la Joconde. On retrouvera la célèbre portrait à Florence, sous son lit où elle sera sagement restée pendant plus de deux ans. Le voleur, qui voulait la " rendre à sa patrie ", sera condamné à 18 mois de prison.

Le vol étant désormais impossible, certains tentent de la dégrader

Le vol de Mona Lisa laissera des traces. Le directeur des musées de France est renvoyé, le directeur des peintures du Louvre démissionne. Mais cela booste la popularité du célèbre tableau, déclenchant une véritable folie médiatique. Le sourire énigmatique est décliné en cartes postales, en chansons, en caricatures, en défilés, imité par des vedettes du music-hall comme Mistinguett.

Pendant la seconde guerre mondiale, La Joconde quitte le Louvre et se cache de château en château pour échapper aux Allemands. Une fois la guerre terminée, elle retrouve sa place mais en décembre 1956, un étudiant bolivien l’agresse violemment en lui jetant une pierre, lui endommageant le coude gauche. L’homme semble être un déséquilibré sans revendication, mais l’incident poussera la direction du Louvre à mieux protéger son trésor en le plaçant derrière une vitrine sécurisée.

Après le jet de pierre bolivien, la tasse de thé russe

L’épisode du jet de pierre n’empêche pas la Joconde de voyager. En 1963, le ministre de la Culture André Malraux accepte qu’elle se rende à New York à bord du paquebot France où elle occupe une cabine de première classe. Le vernissage au Metropolitan Museum se fera en présence du président américain John Kennedy, de son épouse Jackie et du vice-président Lyndon Johnson, rien que ça !

Dix ans plus tard, c’est au Japon que Mona Lisa se rend, avec une halte à Moscou. Ces voyages assurent une popularité mondiale au chef-d’œuvre de Léonard de Vinci. Aujourd’hui, l’ère des déplacements est définitivement terminée, mais les touristes viennent en masse à Paris pour l’admirer. Avec plus ou moins de respect.

Le 2 août 2009, alors que les visites sont gratuites comme tous les premiers dimanches du mois, une femme russe jette une tasse de thé vide vers le tableau. L’agresseuse qui tient des propos confus en russe sera vite maîtrisée par le personnel de surveillance et conduite à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police. La direction du musée se veut rassurante : " la salle de la Joconde n’a même pas été fermée et les visiteurs ont à peine été perturbés par cette agression sans conséquence, la vitre de protection a été très légèrement éraflée ".

Depuis 2005, La Joconde est protégée par une vitre blindée et un caisson spécial où l’humidité et la température sont contrôlées en permanence. C’est désormais l’un des trésors les mieux protégés au monde. Et pourtant, elle voit défiler chaque année une dizaine de millions de visiteurs.

 

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