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Enfants de moins de 10 ans: un test Covid sur 6 était positif la semaine dernière, comment l’expliquer ?

Primaire : Un élève testé sur six est positif

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09 nov. 2021 à 14:48 - mise à jour 10 nov. 2021 à 12:333 min
Par Xavier Lambert

Le coronavirus circule à nouveau beaucoup en ce moment en Belgique : si on fait la proportion par rapport à la population, notre pays est même le sixième au monde où l’on dénombre le plus de contaminations par habitants en ce moment.

 

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Et cette circulation est même sans doute sous-estimée quand on observe ce qu’on appelle le taux de positivité, c’est-à-dire le nombre de tests qui s’avèrent positifs au Covid parmi l’ensemble de ceux qui ont été effectués. Ce taux est actuellement monté à 11,2%, un taux plus atteint depuis novembre 2020, ce qui veut dire qu’une personne testée sur 9 était positive la semaine dernière dans notre pays.

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Or, plus ce taux est élevé, plus cela montre que les contaminations réelles sont sous-estimées. Si le nombre de tests était suffisamment élevé, le taux de tests positifs serait plus bas. Mais à un moment on se heurte à la capacité logistique des laboratoires, mais aussi des autres maillons, notamment celui du tracing, qui n’arrive plus à suivre lorsqu’il y a trop de cas positifs.

Un taux encore plus élevé chez les jeunes enfants : pourquoi ?

Les chiffres sont encore plus frappants quand on examine ces taux de positivité par tranche d’âge : ils varient en général entre 10 et 12%, mais pour les 0-9 ans, le taux atteint carrément 16,1%. Ce qui signifie que près d’un jeune de moins de 10 ans sur 6 est testé positif ! Comment expliquer cela, alors qu’on a souvent dit que les jeunes étaient moins atteints par le virus ?

  • Un risque de très haute incidence depuis l’apparition du variant delta : toutes les études le montrent, le variant delta est plus contagieux. Il se transmet plus facilement, quelle que soit la tranche d’âge. Une récente étude britannique a ainsi estimé qu’il y avait 70% plus de risques qu’il se transmette au sein d’un ménage que la souche précédente.
  • La catégorie la moins vaccinée : dans ce contexte de transmission potentiellement plus importante, la circulation du virus n’a été freinée le plus souvent que par la vaccination. Mais comme les moins de 10 ans sont majoritairement non vaccinés, ils ne bénéficient pas de cette protection, et par rapport au reste de la population, ils ont beaucoup plus de risques d’être contaminés.
  • Peu de formes graves, moins de formes symptomatiques : si on a détecté moins de cas chez les jeunes lors de la première vague, c’est aussi qu’ils étaient moins testés, pour une bonne et simple raison : ils développent moins souvent de formes symptomatiques et encore moins de formes graves. Ils le sont un peu plus désormais, notamment dans le cadre du tracing organisé dans les écoles, mais toujours de façon moins systématique. Or, moins on est testé, plus le taux de positivité va être élevé, car il va révéler des cas qu’on ne soupçonnait pas, car asymptomatiques.
  • Moins de tests encore pendant les vacances : déjà moins dépistés globalement, les jeunes ont encore moins été testés pendant ces vacances de Toussaint, sans le dépistage organisé par les écoles. Ceux qui ont fait un test étaient donc en général soit symptomatiques, soit des cas contacts directs (au sein du même foyer), deux catégories où l'on retrouve plus de tests positifs

Le débat de la vaccination

Les avis sont partagés sur la solution à apporter à ce constat : la plupart des pédiatres mettent en garde contre des solutions qui éloigneraient les enfants de l’école (fermeture ou quarantaines plus généralisées), et ne voient pas d’un bon œil l’imposition du port du masque chez les plus jeunes (pourtant adoptée dans les départements les plus touchés en France).

A l’inverse, des parents inquiets réclament eux une application stricte des mesures de prévention : masques, gestes barrières, dépistage, mais aussi une ventilation surveillée par des détecteurs de CO2.

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Une autre solution serait celle de la vaccination des 5-11 ans, mais là aussi les avis sont partagés, les uns mettant en avant le faible risque de forme grave parmi les enfants, les autres le rôle positif que cela aurait dans la circulation du virus, notamment envers les personnes pas ou mal protégées à cause d’une faible réponse immunitaire.


►►► Lire aussi : Vaccination contre le coronavirus des enfants et des ados : la balance bénéfices-risques est-elle négative ?


 

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