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Enfants: comment éviter les accidents domestiques ?

Enfants: comment éviter les accidents domestiques ?
01 avr. 2021 à 06:165 min
Par RTBF La Première
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Les accidents domestiques sont en augmentation, sans surprise avec le confinement. Nous y sommes davantage exposés et, en première ligne, les enfants. La maison est un terrain de jeux à sécuriser ! Clémentine Rasquin, journaliste au Ligueur, nous parle de la sécurité à la maison.

L’augmentation des accidents domestiques est difficile à objectiver, puisque la Belgique ne dispose plus d’un système de recensement transversal, tous types d’accidents confondus. Cependant, que ce soit les pompiers, le centre anti-poison,… tous constatent une augmentation, qui n’est pas vraiment fulgurante, mais qui est d’environ 5%, dans la tranche d’âge 0-14 ans.

Les trois types d’accidents les plus répertoriés sont les chutes, les brûlures et les intoxications.

"On peut penser que l’accident domestique, c’est le petit bobo du quotidien, l’enfant qui se coupe en cuisinant avec ses parents,… mais il faut rappeler aussi qu’il peut prendre un visage beaucoup plus sombre et dangereux, parce que c’est aussi la première cause de mortalité chez ce groupe des 0-14 ans. Les accidents mortels sont même 3 fois plus nombreux dans et autour du logement, par rapport aux accidents de la route, par exemple", précise Clémentine Rasquin.

 

Quels profils ?

Les personnes les plus concernées sont les enfants et les personnes âgées. Les jeunes enfants de 0 à 4 ans, en particulier, vont toucher à tout pour explorer le monde qui les entoure. Pour eux, tout peut être source d’intérêt et cela comporte de nombreux dangers.

Les ados se mettent, eux, plus facilement en danger, et davantage les garçons, 60%, que les filles, 40%. Ils se pensent un peu au-dessus du danger, vont avoir des comportements un peu casse-cou. Ce profil est donc plus exposé, de même que les enfants hyperactifs, souligne Clémentine Rasquin.

Au niveau des facteurs à risques, sans surprise, le niveau socio-économique d’une famille va avoir une incidence sur l’occurrence ou non d’un accident : la taille du logement, la façon dont il est occupé ou suroccupé, la qualité d’une infrastructure de chauffage ou d’électricité, tout cela va induire plus facilement ou pas un accident à la maison.

En fonction du niveau socio-économique d’une famille, le risque d’accident domestique est multiplié par 2 ou par 3, précise d’ailleurs Stéphane Thiry, représentant des Zones de Secours wallonnes. Il rappelle l’enjeu d’un niveau de sécurité minimum dans tous les logements.

 

Quels conseils donner aux parents ?

La première chose, et peut-être la plus compliquée, est d’essayer de regarder son intérieur avec les yeux de son enfant, conseille Clémentine Rasquin. Les accidents classiques, on les connaît mais on oublie souvent de les envisager : les produits ménagers sous l’évier, les compléments alimentaires ou les vitamines sur la table, les manches de poêle tournés vers l’extérieur…

Autant le système d’alerte parental se met vraiment au taquet dès qu’on est dehors, aux abords de l’école, lors de nos navettes…, autant une fois à la maison, on a tendance à faire entrer ce système de surveillance en hibernation.

Un peu comme si notre intérieur finalement était cocon, c’est notre chez-soi, c’est logique, c’est bien, on doit pouvoir être relax chez soi. Mais au préalable, et surtout si on a des enfants en bas âge, il faut pouvoir épingler les dangers, refaire le tour de chez soi et voir ce qu’on peut mettre en place pour le sécuriser, poursuit Clémentine Rasquin.

Il suffit parfois de simples gestes : mettre en hauteur ses produits ménagers, les produits corrosifs. Placer l’armoire à pharmacie hors de portée des enfants. Eviter les nappes, placer la théière brûlante dans un endroit surélevé,… Même si on ne peut pas éviter l’accident à 100%…

Attention aussi aux radiateurs brûlants, aux meubles mal fixés : l’enfant veut escalader le tiroir, et le meuble lui tombe dessus, ou la télévision tombe sur l’enfant… Aux Etats-Unis, on estime que toutes les 30 minutes, un enfant se blesse avec un meuble mal fixé, et que toutes les 2 semaines, un enfant en décède.

On a l’habitude d’être très attentif, mais il suffit d’une minute pour qu’arrive l’accident. Le truc tout bête, explique Stéphane Thiry, c’est le produit dangereux (antigel, white spirit…) qu’on transvase dans un contenant quelconque, on l’oublie là, et un jour quelqu’un va le boire.

On est dans une accélération du temps, qui va aussi favoriser grandement l’apparition de l’accident.

 

Sur la bonne voie

On observe heureusement des progrès notables, se réjouit Clémentine Rasquin.

  • Certains fabricants de meubles à monter soi-même proposent désormais systématiquement un dispositif de fixation au mur ou au sol.
  • Il y a de plus en plus de pictogrammes qui alertent sur la nocivité de certains produits.
  • On a des emballages résistants.
  • On a sur les jeux des recommandations d’âges…

Les campagnes ont porté leurs fruits, mais avec, de l’autre côté, des comportements qui restent un peu insouciants dans le chef des parents, quand même.

 

L’importance de la prévention

Il est important d’éduquer tous les publics à ces dangers, en particulier les plus fragilisés et les enfants. "On apprend aux enfants le nom des animaux, on les éveille à la lecture, mais l’éducation aux dangers est trop peu présente, les familles ne s’en imprègnent pas assez", regrette Stéphane Thiry.

Il ne s’agit pas de faire monter le niveau d’anxiété mais d’expliquer les risques, les bons gestes à poser, les sorties de secours…, et de bien les nommer.

Pour que le message passe efficacement auprès des jeunes enfants, il faut essayer de tourner les phrases positivement. Ce n’est pas : on ne laisse pas traîner les jouets ; c’est : on range les jouets quand on a fini de les utiliser. S’en tenir un maximum à l’information : les taques de cuisson, c’est chaud, on ne touche pas, voilà. On n’en rajoute pas.

Quand il y a un danger imminent, c’est un non catégorique. Une fois que l’émotion est passée, on y revient et on donne des éléments d’explications, parce que tout le monde est disposé à les entendre.

Ce qui est vraiment dommage, constate le personnel de la Croix Rouge, c’est que les gens ne sont pas suffisamment formés. Il faudrait qu’au moins une personne dans chaque ménage soit formée aux premiers secours.

Un BEPS (brevet européen de premiers secours), c’est 15 heures, c’est 45€ et tout le monde peut sauver une vie.

Quand c’est son enfant qui est en danger, qui est blessé, on a encore plus peur de mal faire, on se sent complètement paralysé par la peur.

"Renforcer ses capacités en se disant que, quand il y a une brûlure, je sais que c’est le cooling (refroidissement par de l'eau courante tempérée pendant 15-20 minutes). Quand il y a une obstruction, je sais que je peux aller taper 5 fois dans le dos, entre les deux omoplates. Des petits gestes qui font que les parents vont oser agir en cas d’accident", souligne Clémentine Rasquin.
 


Pour en savoir plus :

>>> Le dossier complet sur les dangers domestiques dans Le Ligueur qui sort cette semaine.

>>> La formation de la Croix Rouge pour le Brevet européen de premiers secours.



Et retrouvez Clémentine Rasquin en podcast, ici

Tendances Première : Les Tribus

La sécurité des enfants à la maison avec Clémentine Rasquin, journaliste au Ligueur.

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