Chroniques

Énergie : l’échec politique d’une génération

Philippe Walkowiak

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24 sept. 2022 à 10:53 - mise à jour 24 sept. 2022 à 16:56Temps de lecture1 min
Par Philippe Walkowiak

Doel 3 commence à s’éteindre, et avec ce réacteur petit à petit, l’ensemble de la filière nucléaire belge.

C’est le fruit d’une décision politique prise en 2003 et validée jusqu’à il y a peu par toute une génération politique, y compris dans la dernière déclaration gouvernementale fédérale. 

Libéraux (présents dans tous les gouvernements depuis), socialistes, nationalistes et chrétiens-démocrates auraient pu inverser la tendance. Personne ne l’a fait.

Changement de paradigme

Si effectivement, les écologistes ont poussé à la loi de sortie du nucléaire de 2003, ils n’ont retrouvé le pouvoir qu’en 2020. Entretemps (17 ans !), tous les gouvernements auraient pu revoir cette disposition, notamment la coalition plutôt pro nucléaire en place entre 2014 et 2019. Il n’en fut rien et d’aucuns tentent de s’en dédouaner aujourd’hui, poussé par la guerre en Ukraine, qui a bousculé le paradigme énergétique de l’Union européenne (portée vigoureusement par l’Allemagne d’Angela Merkel) du tout au gaz pas cher, en attendant l’hypothétique renouvelable.

Même Engie s’est inscrit dans cette logique, délaissant progressivement la filière nucléaire. La multinationale ne semble pas avoir l’intention d’y déroger.

Revirement

Politiquement, chacun se ravise : le président du MR désavoue son prédécesseur, la députée Marghem désavoue la ministre Marghem, Ecolo désavoue Ecolo en prolongeant le nucléaire et le PS se demande toujours quelle est la position du PS.

Pendant ce temps, fidèle à sa logique, Engie éteint le premier réacteur, alors que les négociations sur le prolongement (éventuel ?) de deux réacteurs avec le gouvernement fédéral n’ont toujours pas abouti.

Cette situation constitue aussi l’échec d’une génération politique. Près de 20 ans d’indécision/non-décision chronique placent notre pays dans la plus grande des incertitudes énergétiques. Le tout-renouvelable reste un Graal inatteignable, le gaz désormais hors de prix pollue, il est trop tard pour prolonger durablement l’ensemble du parc nucléaire et de nouvelles centrales ne sont que vaines chimères. Un échec.

 

@PhWalkowiak

 

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