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Chroniques

En politique, le Wallonie veut laver toujours plus blanc

En politique, le Wallonie veut laver toujours plus blanc
14 févr. 2011 à 14:49 - mise à jour 18 févr. 2011 à 14:072 min
Par Les plumes du coq

La bonne gouvernance a plusieurs visages. On a par exemple beaucoup parlé de décumul des mandats l’an dernier. Avec pour ceux qui sont à la fois député et bourgmestre ou échevin, de nouvelles règles qui entreront en vigueur en 2014.

On a aussi prévu de raboter les provinces. Moins de députés, moins de conseillers.

On va maintenant se (re)pencher sur les conflits d’intérêts. Les députés régionaux discutent actuellement du sort de tous ceux qui exercent une fonction plus ou moins en vue au sein des villes et communes.

En commission du Parlement wallon, les débats les plus récents ont tournés autour d’une proposition de décret déposée par Hervé Jamar. Le député-bourgmestre MR suggère qu’à l’avenir, un secrétaire ou un receveur communal ne puisse plus exercer de fonction au sein de la section locale d'un parti politique ou d'une intercommunale à laquelle la commune est associée.

Un cas concret cité par Hervé Jamar : Walter Herben. Secrétaire communal à Ans (vous savez, la ville de Michel Daerden). Mais aussi secrétaire de l’Union socialiste communale et secrétaire politique de Papa. Et également président de la Société de logements publics du coin. Bref : à Ans, il est incontournable (comme Michel Daerden). Le PS liégeois himself lui a demandé de lever le pied (traduction : de ne plus être au four de l’administration et au moulin politique).

Où est le problème ?

Pour bien comprendre l'enjeu, rappelons que le secrétaire communal est en quelque sorte le chef du personnel communal. Le receveur, le garant de la bonne tenue des finances. Et ça, quelles que soient les majorités qui se succèdent.

Et donc, si l’un de ceux-là fait le marché en distribuant des tracts électoraux, c’est vrai que se pose immédiatement la question légitime de son indépendance. D’autant qu’un secrétaire communal participe aux collèges communaux, ou aux huis clos des conseils communaux. Hervé Jamar: "Imaginons que le secrétaire ne soit pas du tout de la même couleur que la majorité et aille (tout) raconter dans une réunion de parti".

Vider l’abcès

S'ils sont sincères (on vérifiera), les députés sont prêts à aller loin. Hervé Jamar propose déjà d'amender… sa propre proposition, pour l'étendre aux secrétaires et receveurs de CPAS.

Chez Ecolo, apôtres de la bonne gouvernance, Olivier Saint-Amand estime que le texte "mériterait certainement d'être (…) élargi à d'autres éléments". Au cdH, André Bouchat juge la proposition "tout à fait incomplète". Quant au socialiste Marc Bolland, il ironise : "Un président de parti peut-il être député ?". 

Paul Furlan, ministre wallon des Affaires intérieures, se dit ouvert au débat. Il promet une "note d'orientation", qui tarde à venir. Mais il le reconnait : on est au milieu du gué. Parce qu'à force de vouloir laver plus blanc, on va finir par suspecter tout le monde, sans distinguer l'arriviste multi-cartes du militant occasionnel d'un quelconque groupe de pression actif dans deux rues du bout du village.

Franchement, il était temps que les mandataires politiques s’attaquent à la bonne gouvernance. Trop de dérives, trop de profiteurs, trop de baronnies. Mais en faisant ça, ils ont ouvert la boîte de Pandore.

Comme le disait si bien Coluche, bouffon et éphémère homme politique français du 20e siècle : "Jusqu’où s’arrêteront-ils ?".

Rudy Hermans

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