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Cinéma

En matière d’animation, la "French touch" n’a pas dit son dernier mot

Avec "The Bad Guys" et "Icare", deux réalisateurs prouvent sur les écrans qu’en matière d’animation, la "French touch" n’a pas dit son dernier mot.
06 avr. 2022 à 07:423 min
Par AFP

L’un signe "The Bad Guys" chez Dreamworks, l’autre a quitté Pixar pour gagner en liberté et sort "Icare", un film indépendant": deux réalisateurs prouvent sur les écrans qu’en matière d’animation, la "French touch" n’a pas dit son dernier mot.

Courses-poursuites en "muscle car" dans les rues de Los Angeles, clins d’œil à "Pulp Fiction" ou "Ocean Eleven"… "The Bad Guys" est un pur produit hollywoodien, mais également le tout premier long-métrage du studio américain de "Shrek" ou "Kung Fu Panda" entièrement réalisé par un Français.

A l’écran, une bande d’animaux à la réputation de "méchants" (un loup, un serpent, un requin, une tarentule et un piranha), soudés dans le crime et recherchés par tous les policiers de la ville. Arrêtés après avoir tenté le coup de trop, la bande passe un marché avec les autorités : devenir "gentils" pour éviter la prison. Ou au moins faire semblant.

LES BAD GUYS Bande Annonce VF (2022)

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"Le film est un hommage au cinéma américain et à Los Angeles, une ville dont je suis tombé amoureux", explique à l’AFP le réalisateur Pierre Perifel, formé à l’école des Gobelins à Paris, avant de faire carrière au sein du studio confondé par Steven Spielberg, qu’il a rejoint il y a 15 ans.

Après avoir travaillé comme animateur de personnages sur trois volets de "Kung Fu Panda" et d’autres films comme "Shrek 4", il signe avec "The Bad Guys" son premier long-métrage solo au sein du studio qui grouille de créateurs français.

La France, au troisième rang mondial dans la production d’animation, a souvent brillé par ses pépites indépendantes, des "Triplettes de Belleville" à "Ma vie de courgette" en passant par "Kirikou", mais ses créateurs sont également à l’origine de succès comme la saga "Moi, Moche et Méchant".

KIRIKOU ET LES HOMMES ET LES FEMMES (Michel Ocelot) - Bande annonce VF

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Le pays "a depuis bien longtemps une énorme culture de cinéma d’animation et de BD, métissée avec l’influence japonaise, qui est arrivée bien plus tôt qu’aux Etats-Unis", analyse-t-il. Cette culture "intéressait Dreamworks pour faire quelque chose de différent".

Le rendu graphique du film, un mélange de 2D et de 3D rappelant la bande dessinée ou l’illustration, rompt délibérément avec la course au réalisme dans laquelle sont engagés la plupart des studios d’animation grand public.

"Il y a vraiment une espèce d’envie française d’aller chercher des styles, des influences, d’aller pousser les choses […] même si sur des gros films, des blockbusters, on ne peut pas pousser les choses à un point où le public ne va pas comprendre", reconnaît-il.

"Pas le budget"

Une réflexion que pourrait partager Carlo Vogele, réalisateur luxembourgeois qui a grandi en France et a fait lui aussi ses études aux Gobelins, l’une des écoles les plus cotées de la planète animation, avant de sortir, le 30 mars, "Icare".

Le film revisite totalement la mythologie antique pour un voyage aux côtés du jeune Icare, qui va se lier d’amitié avec le Minotaure.

Seul point commun avec les "Bad Guys", une esthétique qui emprunte à la BD, avec un mélange réussi de 2D et d’animation 3D.

"J’ai travaillé huit ans chez Pixar, avec un boulot précis : animer des personnages", raconte le réalisateur à l’AFP. "Même s’ils font des pépites d’animation grand public, des blockbusters avec un storytelling (façon de raconter les histoires, ndlr) incroyable, j’avais envie de faire l’inverse avec 'Icare'".

"Le réalisme" auquel prétendent les grosses productions américaines "ne m’intéresse pas, je cherchais quelque chose de stylisé, de beau", explique-t-il. Avant d’en rire : "De toute façon, on n’avait pas le budget pour des prouesses techniques !".

Sans compter l’enjeu "philosophique" pour celui qui ne voulait plus travailler pour le mastodonte Disney, maison-mère de Pixar. Et qui considère que la France, qui forme plus d’un millier de professionnels du secteur par an, reste "un vivier de talents inégalé".

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