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En Guadeloupe, les touristes décontenancés face à la crise sociale

En Guadeloupe, les touristes décontenancés face à la crise sociale.
24 nov. 2021 à 11:002 min
Par RTBF TENDANCE avec AFP

Ils sont en vacances depuis quelques jours en Guadeloupe et observent la crise en se questionnant mais également en pensant à leur séjour, qui prend une drôle de tournure.

"Ceux qui ont débarqué de l'aéroport hier (vendredi) se retrouvent parfois en difficulté pour rallier leur logement s'ils logent vers les zones les plus bloquées de l'île, comme Saint-François ou Sainte-Rose", témoigne Catherine Cardot, responsable de l'hôtel Arawak, spécialisé dans le tourisme d'affaires. "Nous commençons à avoir des annulations de personnes qui venaient en déplacement professionnel et qui, finalement, renoncent", déplore-t-elle.

Les heurts sociaux fragilisent un secteur touristique convalescent

Anicet, en vacances chez des amis, a dû renoncer à son séjour de trois jours sur les îles des Saintes, pourtant épargnées par la crise et le couvre-feu. "Nous sommes ici depuis plus d'une heure et rien ne filtre", indique-t-il, résigné, en pensant "rester à la maison puisqu'on est juste là une semaine". 

La Guadeloupe a vu sa fréquentation touristique connaître des hauts et des bas : depuis mars 2020, les croisières ne passent plus par l'île antillaise.

Les activités touristiques ont régulièrement vu des réservations se faire puis s'annuler au gré des variations de l'épidémie.

Il y a quelques semaines, avant la fin de la quatrième vague, les clubs de plongée indiquaient être au bord de la faillite.

Par ailleurs, les touristes sont régulièrement accusés par les syndicats, et certains représentants des mouvements antivax, anti-pass sanitaire et anti-obligation vaccinale, d'être les porteurs de virus et de venir contaminer les Guadeloupéens, justifiant ainsi une volonté de fermeture des "frontières", bien que les données ARS et organismes de santé confirment une circulation interne du Covid-19.

Magasins vides, stations-service fermées

"Nous allons vers Trois-Rivières", témoignent Candice et Sandrine, trentenaires en vacances en Guadeloupe depuis plus d'une semaine, gérante et salariée dans la restauration, venues décompresser pour oublier les durs mois de pandémie ayant troublé leur activité. "Jusqu'alors on était plutôt spectatrices, avec beaucoup de chance sur nos déplacements."

"Mais après quelques jours du côté de Sainte-Rose", poursuivent-elles, "on a vu le mouvement se renforcer et on comprend le sérieux de la situation : vers là-bas, les gens ont fait beaucoup de courses, les magasins sont vides et les stations-service sont fermées. Seules les pompes à cartes bleues fonctionnent et beaucoup de stations n'ont plus de gasoil".

Les deux jeunes femmes, qui ne sont pas certaines de pouvoir atteindre leur destination, devaient être rejointes par un cousin, "qui a annulé son vol". 

Les blocages ont repris samedi en Guadeloupe après une nouvelle nuit de pillages et d'incendies lors de laquelle des policiers et gendarmes ont été visés par des tirs, faisant un blessé léger, malgré le couvre-feu imposé face à la dégradation de la mobilisation anti-pass sanitaire.

"On se demande si on pourra retourner à l'aéroport"

Léa, 35 ans, vient de Suisse pour une semaine. "Je connais déjà la Guadeloupe, alors je suis moins frustrée que d'autres", indique-t-elle. "Mais je trouve dommage les proportions que ça prend, ces moyens de se faire entendre sont un peu radicaux."

Et l'inquiétude reste présente chez chacun d'entre eux : "On se demande quand même si on pourra retourner à l'aéroport". 

"On était sur une programmation de vols qui commençait à se rapprocher de ce qu'on connaît habituellement", témoigne une source aéroportuaire. "Pour l'instant, la crise n'a pas vraiment d'impact sur l'aéroport mais peut-être que cela va commencer sous peu en termes de remplissage des avions avec des gens qui ne peuvent pas rallier les points de logement ou l'aéroport pour partir."

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