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En français dans le texte : le meilleur du rap suisse, québécois et africain

Il n'y a pas qu'en Belgique et en France que le rap en français est pratiqué, loin de là.

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Il n'y a pas qu'en Belgique et en France que le rap en français est pratiqué, loin de là. Il est vrai que les amateurs de rap en français ont souvent les yeux tournés vers la France et la Belgique, et pourtant le vivier est beaucoup plus large. A l'occasion du 18ème Sommet de la francophonie qui a lieu ce weekend, on a décidé de vous partager nos coups de cœur parmi les artistes rap venus du reste de la francophonie : la Suisse, le Québec et l'Afrique.  

Suisse 

Si l’attention du public rap semble s’être récemment tournée vers la Suisse, ça fait un bon bout de temps que le pays à la croix blanche voit éclore de très bons rappeurs et de très bonnes rappeuses. A l’image de KT Gorique qui a connu un grand coup de projecteur grâce à sa participation à "Nouvelle Ecole", le rap suisse a une vraie histoire qui ne cesse d’évoluer. On pourrait vous parler de Di-Meh, Slimka ou Makala qui sont déjà installés dans le paysage rap depuis un certain temps, mais on a préféré le focus sur la génération suivante qui regorge tellement de talents qu’il n’a pas été facile d’en ressortir trois.

Rounhaa

Il s’est imposé comme le visage de cette nouvelle génération de rappeurs suisses. Plus précisément franco-suisse, Rounhaa s’est fait connaître en balançant des sons sur Soundcloud. Avec une émotion palpable dans la voix et des sonorités électro dans les instrus, il a frappé un grand coup avec la sortie de son troisième projet "Möbius" en mai dernier.

Dans cet album, il semble avoir trouvé son propre son, alternant entre des tracks où il kicke ("Papurir", "Boo",…) et des sons plus planants ("Mafia", "Wish I was special", "Bonbon & fleur"). Mention spéciale pour le morceau "Ice" dans lequel il mêle justement ces deux facettes avec des couplets mélancoliques en piano-voix et un refrain aux accents très trap. Signé chez Sublime (le label de Disiz pour lequel il a assuré les premières parties cette année), le rappeur de Genève semble avoir conquis les amateurs du genre. Va-t-il aller au-delà de ce succès d’estime ? C’est tout ce qu’on lui souhaite, et on a surtout hâte d’entendre la suite !

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Mairo

Mairo, c’est le retour du kickage en bonne et due forme. Beaucoup l’ont découvert lors de son passage chez Colors l’an dernier : 3 minutes 30 de crachat de feu et d’ego trip survitaminé. "Je rappe sale depuis que j’ai 12-13", lâche le membre de la SuperWak Clique dans laquelle on retrouve un certain Di-Meh, mais aussi Slimka et Makala (entre autres).

Et on veut bien le croire quand on voit sa performance dans la session Grunt de H Jeune Crack il y a quelques mois (on vous conseille d’aller particulièrement écouter son couplet à 15 :43). Avec son flow à la fois à l’ancienne et en même temps très actuel, Mairo s’est aussi fait remarquer avec son feat sur l’album de Di-Meh dans lequel les deux rappeurs se renvoient le mic avec une facilité déconcertante. Après "95 monde libre" en 2020 et "Rougemort" en 2021, les fans de cet expert de la rime attendent donc la suite avec impatience, et nous aussi.

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Sabes

Encore trop peu exposé pour l’instant, Sabes a pourtant tout pour devenir un grand. Avec un univers musical et visuel bien à lui, le rappeur de Meyrin (banlieue de Genève) impose un style soigneusement travaillé. Membre du collectif "IFY MONDE", il a accouché cette année de "Mauvais rêve", un projet de 14 titres bien balancé. Sabes se démarque par son sens d’une mélodie souvent mélancolique (voire parfois sombre). Ce qui ne veut pas dire qu’il est dénué de talents de rappeur, comme on peut l’entendre dans "Aller simple".

Alors qu’il rêvait de devenir basketteur étant jeune, Sabes accède tout doucement à un autre rêve : celui d’être un artiste et de toucher les gens avec sa musique. Il manque peut-être juste LE son qui le fera exploser pour atteindre définitivement ce rêve.

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Canada

Même si l’anglais est très souvent utilisé dans le rap québécois (c’est même devenu sa signature), on ne pouvait pas parler francophonie sans évoquer la scène canadienne. Nos cousins venus de l’autre côté de l’Atlantique ont toujours fourni de bons rappeurs, et cela ne semble pas s’essouffler, au contraire ! La scène québécoise est hyper active, on aurait d’ailleurs pu vous parler de Loud ou de FouKi, des artistes installés et déjà connus en Europe. Mais une fois de plus, on a préféré vous parler de ceux qui feront le rap québécois de demain.

Rowjay

Celui qui se présente comme le "Jay-Z du Québec" est actif depuis pas mal d’années dans le rap game canadien. Rowjay se plaît d’ailleurs souvent à se comparer à un entrepreneur plus qu’à un rappeur lorsqu’il part en ego trip. Il jouit d’ailleurs déjà d’une belle notoriété en France et en Belgique, notamment grâce à ses feat avec Alpha Wann et Mister V dans son 2ème album "Carnaval de finesse 2 : Les chroniques d’un jeune entrepreneur", sorti l’année dernière. Rowjay, c’est un mélange de technique, d’ego trip et d’humour, tel un équilibriste qui frôle parfois l’insolence mais qui contrebalance avec des phases qui font sourire ou réfléchir.

Musicalement, il fait partie de ceux qui ont apporté ce qu’on appelle aujourd’hui le smooth rap, un flow doux un peu down tempo sur des instrus douces et sombres en même temps. Le style a d’ailleurs influencé pas mal de rappeurs de la nouvelle scène française. Le rappeur de Montréal a fait de la réussite une mission, et il semble donc bien parti pour l’accomplir.

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Shreez

Cela fait maintenant quelques années que Shreez gravit peu à peu les paliers du rap québécois. Né à Saint-Léonard (quartier de Montreal), il revendique dans ses textes son appartenance à la plus grande ville du Quebec. Aussi à l’aise sur de la trap que sur de la drill, Shreez se démarque par son flow rapide, sa voix aigüe et des ad-libs criards dont on sent l’influence des voisins américains.

D’origine haïtienne, il rappe en français mais n’hésite pas à placer des mots ou expressions créoles. C’est ce qui fait d’ailleurs la marque de fabrique de celui qui est à l’origine du label Canicule Records avec le rappeur Tizzo. Le mois dernier, il est revenu avec son deuxième album "Je suis canicule" qu’on vous conseille d’aller écouter. Si les thèmes (l’argent, la vie de rue à Montréal…) sont assez communs, c’est la manière de les aborder et de les raconter qui fait la différence. Bref, si tu connais pas, cours vite écouter Shreez !

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Lost

Ceux qui étaient présents au concert de Isha, Limsa d’Aulnay, Sheldon et Gutti au VK il y a quelques semaines l’ont peut-être découvert à cette occasion : Lost était l’invité québécois de la soirée. Membre du collectif 5Sang14 et d’origine camerounaise, le rappeur déborde d’authenticité dans ses paroles. Son passé compliqué avec des séjours en prison donnent une écriture sans filtre, parfois un peu crue, mais qui sert un regard poétique sur le monde qui l’entoure.

Capable de rapper et de chanter, il impressionne par son aisance sur pas mal de types de prods, des plus sombres aux plus dansantes. Après son album "Lostalgik" en 2020 et "Lostalgik (2Luxe)" en 2021, Lost est sur bon chemin pour atteindre les sommets du rap game québécois.

Afrique

Difficile de trouver des artistes africains s'exprimant uniquement en français dans leurs morceaux. Souvent, ils choisissent soit l'anglais, soit leur langue nationale comme le Lingala, le Darija, etc... Mais on a quand même voulu vous épingler deux rappeurs à aller écouter absolument si vous ne les connaissez pas !

Ouenza (Maroc)

Vous l’avez peut-être déjà découvert avec son morceau hyper efficace "Mario" ou lors de son passage dans Planète rap, Ouenza s’est imposé ces dernières années comme l’étoile montante du rap marocain.

De Paris à Casablanca, Ouenza propose un rap très énergique qui mélange l’arabe et le français (même si certains morceaux sont uniquement en arabe). Il glisse même parfois vers l’anglais, comme il l’a expliqué à Hiphopcorner.fr : "Vu que je suis né au Maroc, l’arabe ça coule. En même temps, il y a cette influence française puisque je suis en France depuis un peu plus de 7 ans. Du coup, il arrive que des mots en français se retrouvent dans mes textes. Et vu que je topline avec l’anglais, il y’a des mots en anglais qui se glissent aussi dans le texte".

Aussi fort dans le rap à haut débit que dans l’émotion, Ouenza est à vite découvrir si ce n’est pas encore le cas !

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Didi B (Côte d’Ivoire)

Lui aussi, vous le connaissez peut-être déjà car il est loin d’être nouveau dans le rap game. Et il enchaîne les clips atteignant plusieurs millions de vues. Révélé au sein du groupe Kiff No Beat, il s’est désormais lancé en solo et a même signé chez 92i Africa, la branche africaine du label de Booba. On a ainsi pu le voir collaborer avec SDM, autre poulain du duc, sur le très réussi " Yeye ".

Dans sa musique, Didi B mélange ses influences rap avec sa culture ivoirienne. Et ça fonctionne plutôt très bien ! Il s’est fait remarquer cette année avec la sortie de son album "History (Mojotrône II)" qu’il tease depuis très longtemps et qu’il présente comme son premier album solo. Et vu la qualité du projet, on a juste hâte d’entendre la suite : il annonce déjà la sortie de la deuxième partie de son album. Soyez vifs !

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Retrouvez en bonus notre interview de KT Gorique tournée cet été à Dour

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