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Belgique

"En deux ans, nous avons perdu 30% de notre personnel infirmier" confie Yves Maule, manager de soins au CHU Brugmann

"En deux ans, nous avons perdu 30% de notre personnel infirmier" confie Yves Maule, manager de soins au CHU Brugmann
21 déc. 2021 à 21:34 - mise à jour 22 déc. 2021 à 11:262 min
Par Hugues Angot

La baisse des principaux indicateurs de l’épidémie se poursuit malgré la montée progressive du variant Omicron. Ces chiffres sont plutôt encourageants pourtant le ministre fédéral de la santé propose des mesures supplémentaires pour les fêtes avec l’objectif de pouvoir rouvrir les écoles à la rentrée. Frank Vandenbrouck estime par ailleurs que le pass sanitaire "Covid Safe Ticket" ne devrait plus être octroyé qu’aux personnes en ordre de vaccination, et plus aux détenteurs d’un test covid négatif. QR l’actu fait le point sur la situation sanitaire avec Yves Maule, Manager de soins en charge de la Médecine critique au CHU Brugmann et Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19.

Mesures supplémentaires pour Noël ?

"On ne va pas arrêter le traîneau de Noël à deux jours de son arrivée chez nous mais nous devons nous projeter plus loin" précise Yves Van Laethem. Le porte-parole de la lutte contre le Covid-19 ajoute que le nouvel an est source d’inquiétude tout comme les soldes. Et dans quelques jours, le variant Omicron sera dominant chez nous, il n’est donc pas trop tard pour prendre des mesures nous. Tous les autres pays en prennent d’ailleurs pour le moment.

"Je pense qu’il y a moyen de modifier quelque peu les règles sans les rendre très difficiles à vivre comme c’est le cas aux Pays-Bas actuellement. Et il faut également prévoir des mesures si la situation se dégrade. Pour le moment, les chiffres baissent parce que nous luttons principalement contre le variant delta. Mais Omicron s’installe de plus en plus chez nous et c’est précisément cela que nous devons surveiller".

Inquiétudes hospitalières

L’inquiétude plane en tout cas dans les services hospitaliers explique Yves Maule. "Nos services sont épuisés et si les chiffres repartent à la hausse, je ne suis pas certain que nos équipes pourront suivre. Notre système hospitalier est en train de s’épuiser et cela risque de mener à une faillite. A chaque vague, notre capacité à rendre ses soins compliqués se réduit et indirectement cela impacte tous les autres patients qui ne sont pas covid et qui ont besoin de soins. Ces deux dernières années, dans mon service, nous avons perdu 30% de notre personnel infirmier. Certains se réorientent, d’autres sont en burn-out, d’autres encore se posent des questions…"

Baromètre sanitaire

Les experts du Gems souhaitent vivement la mise en place d’un baromètre sanitaire qui permettrait d’appliquer des mesures en fonction des contaminations et des lits occupés en soins intensifs explique Yves Van Laethem. "Il y a eu des blocages politiques mais l’idée pourrait revenir. Ce serait en tout cas une bonne chose d’avoir quelque chose de programmé dans les grandes lignes".

La mise en place d’un tel baromètre est également souhaitée par Yves Maule : "Cela donnerait un certain nombre de perspectives et une vue plus objective de la situation".

Pass vaccinal

Yves Maule explique que pour ses services, l’idéal serait qu’un maximum de personnes soient vaccinées car cela permettrait d’amoindrir le nombre de patients en soins intensifs. "Tout ce qui peut favoriser la vaccination est bon à prendre mais est-ce qu’un pass vaccinal va réellement aller dans ce sens, c’est très difficile à dire. La vaccination est en tout cas une clé pour nous. Nous nous en rendons compte sur le terrain".

"Personnellement, je n’adhère pas à ce système" précise Yves Van Laethem. "C’est une obligation déguisée. Je pense qu’il est plus honnête de rendre obligatoire la vaccination après un débat au parlement".

 

 

 

QR l'actu

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