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En ce 8-Mai confiné, antifascisme et patriotisme se donnent à voir

Les civils en arme au monument national à la Résistance, à Liège

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07 mai 2020 à 14:35 - mise à jour 07 mai 2020 à 14:35Temps de lecture2 min
Par Michel Gretry

Le huit-mai, c'est traditionnellement le jour de la commémoration de la fin de la seconde guerre mondiale. Des cérémonies avec fastes avaient été organisées, en ce septante-cinquième anniversaire, mais, confinement oblige, elles ont été remplacées par des hommages plutôt symboliques. C'est en terre liégeoise qu'un monument national à la résistance a été érigé. Même si les statues montrent des civils en armes, les honneurs militaires sont habituellement rendus. Cette année, la distanciation limite le dépôt de gerbes à trois personnes, le bourgmestre, le président du gouvernement provincial, et un huissier, en plus du président du comité du monument, Patrick Ancia: "C'est évidemment une certaine tristesse, mais nous ne pouvons pas faire autrement; j'ouvrirai quand même le reliquaire, en souvenir de tous ceux qui sont morts dans la lutte contre le nazisme, sans oublier les quatre cent quatorze fusillés de l'enclos de la citadelle, et nous pourrons associer à nos pensées tous les personnels soignants, tous les infirmiers qui en ce moment font quand même de la résistance au virus."

La décision a déjà été prise d'un report d'un an pour une célébration en bonne et due forme.

Une minute de silence et un tract, à la Fabrique Nationale

Le personnel de la FN a pour habitude d'arrêter le travail, de se rassembler et d'observer une minute de silence, chaque année, en hommage aux collègues qui, à l'époque ont été des partisans armés. Cette fois, pas question de se réunir. Mais un tract a été rédigé, en front commun syndical, et exceptionnellement, la direction a accepté que le texte soit diffusé sur les écrans de communication interne, dans les ateliers, et qu'il soit transmis aux employés qui télétravaillent. Le texte souligne la fragilité de la paix et de la démocratie "sans cesse remises en cause… des gens combattent cet héritage, et il ne faut pas aller très loin pour les rencontrer: nous avons des fascistes dans nos rues, dans nos communes, … et s'ils ne sont pas nombreux, ici, la menace n'en n'est pas moins présente. En ces moments d'incertitude sanitaire où l'incapacité politique semble prendre le dessus sur le bon sens le plus élémentaire, il est parfois malaisé de défendre la démocratie… mais abandonner son droit de vote, c'est laisser la porte ouverte aux extrémismes; ces dernières années, notre entreprise a engagé énormément de nouveaux jeunes travailleurs, et c'est pour eux que nous souhaitons perpétuer cette journée et prolonger ces moments de souvenir: ces nouveaux jeunes travailleurs, nous voulons qu'ils s'inscrivent dans nos pas, parce que l'avenir, c'est eux."

Des drapeaux qui pavoisent, à Wanze

Les trente-et-un bourgmestres hutois et waremmiens ont décidé, eux, de se faire photographier devant le monument aux morts de leur commune, de rassembler ces images en une publication ce vendredi sur des réseaux sociaux. Dans la foulée de cette initiative, l'échevine wanzoise de la citoyenneté Aurélie Ochelen a demandé à ses concitoyens de mettre un drapeau noir jaune rouge à la façade de leur maison, et d'en poster les clichés sur le site de l'administration communale: "Nous allons les compiler et les diffuser, pour marquer le coup; le septante cinquième anniversaire aurait dû être l'occasion de toute un série d'initiatives pédagogiques et patriotiques, parce que le devoir de mémoire, c'est important… c'est important de comprendre d'où l'on vient, de savoir où on peut aller, surtout en cette période où les gens se réfugient souvent dans les discours faciles". 

Plus que jamais, le Huit-Mai a du sens...

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