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Belgique

"En Belgique, Mitt Romney payerait 15 fois moins d'impôts"

"En Belgique, Mitt Romney payerait 15 fois moins d'impôts"
14 sept. 2012 à 07:152 min
Par Thomas Nagant

Encore et toujours la question de la possible naturalisation de Bernard Arnault. A l’occasion du débat engendré par l’affaire, les uns et les autres se sont positionnés sur la question de la taxation des revenus du capital en Belgique.

"La Belgique est un paradis fiscal pour les rentiers et par conséquent, ce qui doit être maintenant sur la table, c’est plus de justice fiscale". Car la situation économique est difficile et il faut, dit le patron du PS, "déplacer la charge fiscale des revenus du travail sur les revenus du capital". "Nous pouvons", dit-il "aider à la relance par l’aide à la création d’emplois et par le fait d’améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs", deux objectifs qu’une fiscalité réorientée doit permettre d’atteindre.

L'exemple par Mitt Romney

Thierry Giet dénonce le fait que les produits des revenus du travail pèsent pour 75% des rentrées fiscales lorsque les revenus du capital n’y contribuent que pour 25%; et il prend un exemple édifiant : si Mitt Romney, le candidat républicain multimillionnaire à la présidence des Etats-Unis, devait  s’acquitter de ses impôts en Belgique, il payerait 15 fois moins que ce qu’il paie aux Etats-Unis. C’est du moins ce qu’a calculé le service d’études du PS. Il faut donc inverser la tendance, affirme Thierry Giet.

"Le Parti socialiste est constant et ne change pas" dans cette exigence de "justice fiscale", et, affirme son président, il a rappelé cette exigence lors de la formation du gouvernement. Mais voilà, la déclaration gouvernementale n’en pipe mot. "Nous sommes un partenaire loyal et nous respecterons l’accord de gouvernement. Je demande d’ailleurs à Vincent Van Quickenborne de faire la même chose lorsqu’il conteste l’indexation des salaires", glisse-t-il. Mais on va devoir affronter le budget 2013 dans des circonstances difficiles : "Quel sera l’effort qu’il faudra consentir ? Nous sommes peut-être devant des montants très importants. A partir de là, chacun devra aussi un peu se débarrasser de ses œillères, de son idéologie, et se dire qu’il est possible de remplir l’objectif de notre trajectoire budgétaire et d’aller chercher les ressources là où elles sont". Le PS, en somme, met sur la table ses idées pour boucler le budget de l’an prochain.

Rubik: de quoi parle-t-on ?

La perspective d’un éventuel "accord Rubik" avec la Suisse continue elle aussi à faire grincer des dents, notamment celles du secrétaire d’Etat sp.a à la lutte contre la fraude fiscale, John Crombez. "Voilà un sujet que l’on a traité jusqu’à présent en termes de slogans. On vient sortir des montants de 10 milliards. Pour certains, ce serait entre 100 et 150 millions. Alors si l’on doit un jour éventuellement parler de cela, je voudrais quand même bien qu’on le fasse sur des bases sérieuses". Mais, rappelle Thierry Giet, "la lutte contre le secret bancaire reste une priorité".

Thierry Giet mouche Charles Picqué

Le "Plan B", l'alternative en cas d'évaporation de la Belgique, est revenu à la une depuis l'interview donnée à la RTBF par Charles Picqué. "La responsabilité des femmes et des hommes politiques, c’est bien sûr de réfléchir à long terme et à l’avenir de notre pays" souligne Thierry Giet, qui s’étonne toutefois de la résonance donnée aux propos de Bart De Wever et à sa volonté de transformer le scrutin local en test national. Et il vise directement Charles Picqué : "Tous ceux qui aujourd’hui, agitent la problématique du Plan B donnent indirectement une résonance à celui qui voudrait tellement transformer ce scrutin en test national". Selon lui, le pays est stabilisé par la réforme de l’Etat en cours. "Nous ne sommes pas encore en 2014", tranche le patron du PS, qui préfère focaliser son attention sur le plan Horizon 2022.

T.N.

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