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"En 3 ou 4 ans, on peut réussir à boucler un triathlon moyenne distance en partant de zéro"

Alexandra Tondeur (BEL), spécialiste du triathlon longue et moyenne distance, a déjà participé plusieurs fois à l'Ironman d'Hawaii (ici en 2017)
22 sept. 2019 à 08:26 - mise à jour 22 sept. 2019 à 08:26Temps de lecture3 min
Par Lise Burion

La première édition du triathlon longue distance "IronLakes" se déroule ce dimanche sur le site des Lacs de l’Eau d’Heure. Une première en Belgique pour une discipline qui attire de plus en plus de pratiquants (rares sont les épreuves du genre dont la liste d'inscription n’affiche pas complet) alors que les distances sont impressionnantes : 3,8 kilomètres de natation, 180 kilomètres à vélo, et 42 kilomètres 195 de course à pieds (soit un marathon) pour ponctuer une journée d’effort. 
Le triathlon longue distance, popularisé par les courses du label "Ironman", attire et fascine même les moins sportifs. 
Alexandra Tondeur, championne du monde de triathlon longue distance et "marraine" de l’Ironlakes, décrypte le phénomène.

Alexandra Tondeur, d’où vient selon vous cette aura autour du triathlon longue distance ? 

Le longue distance, c’est l’âme du triathlon. Le triathlon, c’est l’Ironman. Les gens vont vers l’essence même de la discipline, et l’essence même de la discipline c’est le longue distance. Donc effectivement les gens se lancent ce défi de se préparer sur du demi voire sur du long. Et il n’y a pas que la course qui est importante, il y aussi toute la préparation je pense. On dit souvent que le succès ce n’est pas que le résultat, mais aussi le chemin. Et c’est encore plus vrai dans une discipline comme le triathlon.

On a l’impression aussi que le triathlon longue ou moyenne distance attire une grande variété de profils… Des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes…

Tout à fait, on a même des enfants, des "kids" qui commencent très très jeunes (ils font 25m de natation, peut-être 500m de vélo et 200m à pieds) et puis on a des gens qui commencent le triathlon très très tard, vers 55 ans par exemple, parfois plus. Il y a même des athlètes qui ont commencé à 60 ans, en venant de nulle part, et qui se sont fixé un premier objectif, sur le "half", à 4 ans. Donc oui ça peut vraiment attirer tout le monde et c’est ouvert à tout le monde… à partir du moment où on prend le temps de le préparer et de le faire correctement.

Est-ce que monsieur ou madame tout le monde peut partir de zéro, en étant "juste" un peu sportif, et arriver un jour sur un longue distance ? Ca prend du temps tout de même, non ? 

Oui, ça prend du temps, et il faut surtout vraiment prendre ce temps. Il faut savoir qu’on est tout de même parti pour 9 ou 10 heures d’efforts (quand on le fait vite !). Démarrer sur des courses plus courtes va permettre aux gens de se préparer d’avantage et je pense qu’en démarrant de zéro, en 3 ou 4 ans on peut arriver déjà à boucler un "half distance" (1900m à la nage, 90 km à vélo, 21 km à pieds). Et après, en ayant quelques courses sur cette distance dans les jambes, on peut se lancer sur un long. Et il faut vraiment prendre les étapes les unes après les autres parce que sinon, c’est plus risqué. Je connais des gens qui ont précipité les choses et qui ont été dégoûtés par la discipline. Prendre le temps, c’est le maître-mot. Et il faut se faire entourer par des professionnels de la discipline. Parce que sinon les blessures arrivent, et comme tous les sports qui sont faits n’importe comment ça peut être mauvais pour la santé des gens. Step by step, c’est vraiment la clé. Le trajet et la préparation vont être aussi important que le jour J. 

Un triathlon longue distance comme cet "Ironlakes", ça manquait en Belgique ?

Oui, parce que peu de gens le savent mais la Belgique fait partie des meilleures nations mondiales en triathlon ! Je crois qu’il faut le crier assez fort les prochains mois et prochaines années et ça va finir par se savoir. Mais une épreuve longue distance manquait, oui, parce qu’on va souvent courir en France, en Allemagne, dans les pays limitrophes, et finalement on oublie de venir courir chez nous. Quand l’Iron Lakes a été lancé en conférence de presse il y a quelques mois, une de mes premières réactions ça a été de le dire aux triathlètes : "Arrêtez d’aller courir à l’étranger. Il y a quelque chose de bien qui arrive chez vous, mettez le focus là-dessus, et aidez à promouvoir le triathlon chez nous". Il faut être présent pour soutenir les organisation en Belgique et en Wallonie.
 

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