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Emergences.fr une brochette de jeunes artistes français exposés à Bozar

Les Rosées Bleues de Charlotte Denamur flottent dans le Hall Horta de Bozar

Tous les six mois, Bozar accueille une exposition de plasticien.ne.s issues du pays qui préside le Conseil de l’UE. La France est à la manœuvre pour six mois, ce qui nous vaut l’expo Emergences.fr, une sélection de jeunes artistes sortis des écoles d’art françaises. Une preview de l’événement annuel qui se tient à La Villette. La relève est-elle assurée ?

Robin PLus, série All Eyes On Us
Robin PLus, série All Eyes On Us © Xavier Ess

Une génération sans convictions

La vingtaine d'artistes qui nous sont présenté.e.s, sortent des plus prestigieuses écoles d'art : Les Beaux-Arts de Paris, Gobelins, l’école de l’image, La Fémis, Le Fresnoy... Rien qu’en France, plusieurs centaines d’artistes, issus des 89 écoles supérieures d'art, arrivent sur le "marché" chaque année. Aujourd’hui, l’accès aux œuvres étant mondialisé, l’offre est pléthorique et il y a bien trop de charters d'artistes en route pour la planète "art contemporain". Alors que nous dit cette jeune génération ? quelles nouvelles esthétiques nous propose-t-elle ? quels récits inouïs ? quelles visions du monde? quelles folies ? quels dévoilements ? quels univers inconnus ? 

Force est de constater que l'on enfile les perles des sujets convenus : l'écologie, les genres, les subcultures urbaines... dans les formes les plus convenues d'un art contemporain propre, sage, vendable, joli. Mais quelques artistes nous ont quand même touchés et interpellés.

Yosra Mojtahedi, Vitamorphose
Yosra Mojtahedi, Vitamorphose © Yosra Mojtahedi

Le corps morcelé de Yosra Mojtahedi

Yosra Mojtahedi est une artiste iranienne, arrivée en France il y a 8 années. Elle s'intéresse au corps et la désorientation, la perte de repères, la suggestion d'une réalité inconnue. Sortie du Fresnoy, elle utilise les medias et les technologies. Dans son installation Vitamorphose, nous sommes retrouvons dans l'obscurité totale, confrontés à une masse blanchâtre informe qui semble flotter et traversée de mouvements infimes. A y regarder de plus près, des formes organiques se dessinent sur cette surface blanche en silicone, des viscères semblent l'entourer. L'environnement sonore monocorde participe à ce voyage, entre fascination et répulsion. Il y a du David Cronenberg chez Yosra Mojtahedi qui s'en défend. Sa proposition est simple : faisons l'expérience sensorielle d'une autre réalité, la sienne. Et si vous avez l'estomac noué...respirez !

Vitamorphose - Yosra Mojtahedi

Vitamorphose - Yosra Mojtahedi

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Gaël Sillère -Thermostat 5 et International Melting
Gaël Sillère -Thermostat 5 et International Melting © Gaël Sillère

Le plastique c'est fantastique

A contre-courant de toute démonstration écologiquement correcte, Gaël Sillère présente ses "Fictions Synthétiques"une galerie de personnages "enplastifiés" dans des tuniques en lurex, des coupes-vent en nylon et autres matières non renouvelables. Les costumes acidulés d'une fratrie qui nous regarde droit dans les yeux, loin du cliché du hypster nostalgique des années formica et des cassettophones. En connaisseur de l'histoire de l'art, le jeune homme a photographié sa famille synthétique dans les poses classiques du portrait. Gaël Sillère propose son univers, sans pouvoir clairement le définir... un bon début !

Inès Segond-Chemaï/Saki, (nothing) Dissapeared
Inès Segond-Chemaï/Saki, (nothing) Dissapeared ©Saki

Images de deuil

Pour son installation (nothing) Disappeared, Ines Saki  Segond-Chemaï présente ce qu'elle nomme des photos augmentées. En fait de grands tirages sur lesquels sont projetées des images de synthèse. À la mort de sa mère, la jeune artiste, par ailleurs animatrice en motion design (la vidéo pour la scénographie du titre 'Soleil' de Roméo Elvis), s'interroge sur la mémoire et les objets, les traces - réelles et virtuelles - qui survivent à la personne aimée. Elle a traduit ces interrogations par des vanités composées à partir de bijoux, ces objets éternels qui se transmettent de génération en génération. Ces images "mortes" - qui nous rappellent l'éphémère de l'existence - sont augmentées de fluides électroniques, par exemple des cellules sous microscope - à moins que ce ne soient des gouttes de sang - qui pour l'artiste symbolisent cette double vie virtuelle que nous façonnons sur le web et les réseaux sociaux et en questionnent la pérennité. 

Inès Segond-Chemaï/Saki, (nothing) Dissapeared , 2021
Inès Segond-Chemaï/Saki, (nothing) Dissapeared , 2021 © Nicolas Krief
Heng Zeng, série YX
Heng Zeng, série YX © Heng Zeng

Heng Zheng va à l'essentiel

Pas de recherche de nouveau langage chez Heng Zheng, diplômé de l'Ecole nationale supérieure de la Photographie d'Arles, qui utilise un genre classique de la photographie: le portrait. Ses images témoignent de l'effacement de la culture traditionnelle au profit d'une esthétique globalisée qui se marque dans les vêtements des personnes ordinaires, jeunes et moins jeunes, qui fixent l'objectif. Dans la posture comme dans les yeux, on devine une attente vide de sens, un ennui, comme une fatalité "douce". Une video accompagne ces photos, qui par de longs plans fixes, montre des personnes au bord d'une route ou au milieu de nulle part, en attente. Les oubliés du miracle économique chinois. 

Heng Zeng, série YX
Heng Zeng, série YX © Heng Zeng

Humour et zéro déchet

Saluons l'angle d'attaque d'Annabelle Jung qui traite de la problématique de la pollution par le jeu. @échauffement climatique est un championnat au croisement du foot de rue et du cleanwalk, ces promenades de nettoyeur.euse.s volontaires armé.e.s de sacs poubelle. Une fois le terrain nettoyé, les équipes y jouent au foot. Les buts et les déchets ramassés rapportent des points. Un football clean aux effets positifs... on en a bien besoin. Annabelle Jung nous montre une video-témoin de cette joyeuse activité collective, par ailleurs diffusée et commentée sur les réseaux sociaux. 

Emergences.fr à Bozar jusqu'au 10 avril 2022. Entrée gratuite. 

Charlotte Perrigeux, COSMICOFLOVE
Charlotte Perrigeux, COSMICOFLOVE © Charlotte Perrigeux

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