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Elio Di Rupo: "Il n'y a pas de place au PS pour les racistes"

12 sept. 2015 à 05:21 - mise à jour 12 sept. 2015 à 14:182 min
Par RTBF avec Belga

Le président du PS, Elio Di Rupo, a mis les choses au point samedi après les dérapages de certains membres de son parti sur les réseaux sociaux. "Il y a eu quelques membres égarés au PS mais je voudrais le rappeler: il n' y a pas de place au PS pour ceux qui tiennent ou diffusent des propos racistes", a-t-il déclaré devant des militants rassemblés dans le cadre d'une session du "chantier des idées" consacrée au vivre-ensemble.

Deux militants du parti ont été convoqués par la présidence de leur fédération à la suite de propos qui visaient les demandeurs d'asile arrivés en grand nombre ces dernières semaines. Il reviendra à la Commission de vigilance de décider d'éventuelles suites disciplinaires, qui peuvent aller jusqu'à l'exclusion.

Aux yeux du président des socialistes, la Belgique d'aujourd'hui se caractérise par son brassage. "La Belgique d'aujourd'hui n'est plus la Belgique de papa. Ce n'est plus des francophones au sud et des néerlandophones au nord. Il y a un brassage dans tout le pays et nous devons être aussi les promoteurs de tous les talents de gens qui viennent d'horizons qui ne sont pas belges", a expliqué M. Di Rupo.

Et d'ajouter: "nous avons construit au fil des siècles un pays ouvert, solidaire et tolérant, et il doit le rester".

Le président du PS a balayé les reproches de communautarisme qui ont parfois été adressés à son parti. Dans les fondements de la vie publique en Belgique, il place la laïcité. "L'Etat ne peut en aucun cas favoriser une appartenance ou une conviction philosophique. Nous sommes un Etat laïc. Le caractère religieux ne peut envahir toute la société. Il y a un moment où ce caractère est d'ordre personnel ou familial, et ne peut s'immiscer dans l'administration du pays", a-t-il affirmé.

Elio Di Rupo et Wouter Beke s'en prennent à la N-VA

Par ses déclarations, Bart De Wever porte atteinte à la réputation, à l'honorabilité du pays, estime Elio Di Rupo, interrogé samedi par la Libre Belgique.Pour Elio Di Rupo, les déclarations de Bart De Wever sur les migrants sont "de nature à encourager ceux qui expriment déjà un sentiment raciste".

"C'est d'autant plus navrant et grave qu'il s'agit du président d'un parti membre du gouvernement fédéral. C'était déjà grave quand il était dans l'opposition, mais ici, Bart De Wever engage la responsabilité politique du gouvernement", selon Elio Di Rupo. L'ancien Premier ministre critique aussi les déclarations du secrétaire d'Etat à l'Asile, Theo Francken, également membre de la N-VA.

"Ce que je reproche à Theo Francken (...), c'est qu'à travers ses déclarations, on sent une sorte d'encouragement au racisme, vraisemblablement pour plaire à l'extrême droite".

Le CD&V fustige le double langage de la NV-A

Le président du CD&V Wouter Beke, également bourgmestre de Bourg-Léopold, à quant à lui fortement critiqué, samedi dans Het Nieuwsblad, son partenaire de coalition, la N-VA, sur son approche dans la crise des migrants. Il accuse le parti nationaliste d'empoisonner l'opinion publique.

"D'une part, on ne peut pas demander aux bourgmestres de prévoir des places d'accueil supplémentaires et, d'autre part, de polariser et d'empoisonner l'opinion publique, en tant que parti", estime-t-il. Wouter Beke dénonce le double langage de la N-VA sur le dossier des réfugiés.

Selon Wouter Beke, le secrétaire d'Etat à l'Asile Theo Francken demande à tous d'organiser des places d'accueil pour les réfugiés alors que son parti est favorable au renvoi des bateaux vers la côte turque. "Avec un tel double signal, les communes ne se sentent pas soutenues pour créer des places d'accueil".

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