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Belgique

Elio Di Rupo chargé de former un nouveau gouvernement

Elio Di Rupo chargé de former un nouveau gouvernement
16 mai 2011 à 16:43 - mise à jour 16 mai 2011 à 18:143 min
Par Belga News
Il n'était pas prévu qu'Elio Di Rupo soit reçu par le souverain qui a vu successivement la présidente du sp.a Caroline Gennez, et les présidents d'Ecolo Jean-Michel Javaux et de Groen! Wouter Van Besien.

Le chef de l'Etat s'est entretenu durant environ deux heures avec Elio Di Rupo avant de le charger de former un gouvernement et d'accepter la démission du négociateur royal Wouter Beke qui lui avait fait rapport de sa mission jeudi. Elio Di Rupo a accepté cette mission. 

Retour du N°1 du PS à la manoeuvre

Revoici donc Elio Di Rupo à la barre, huit mois après une première tentative. Ceci alors que tous les problèmes demeurent. Le 3 septembre 2010, le même Elio Di Rupo avait acté l'échec de sa mission de "préformateur" que le Roi lui avait confiée le 8 juillet. On négociait à 7 partis, sans les libéraux, déjà notamment sur la réforme de la loi de financement. 

Aujourd'hui, ce sont neuf partis que l'on veut associer à une négociation communautaire. Avec les mêmes dossiers empoisonnés : le financement de Bruxelles, le sort de l'arrondissement BHV, la loi de financement, les transferts de compétences. 

Entre-temps ont défilé médiateurs, clarificateur, conciliateur, informateur, négociateur royaux. Wouter Beke, encadré du PS et de la N-VA, a tenté d'avancer aussi loin que possible, sans que l'on puisse parler de réels rapprochements. Mais la N-VA, et même le CD&V et l'Open Vld avaient appelé à ce qu'un vrai candidat Premier ministre prenne l'initiative. Bart de Wever avait insisté pour que celui-là soit Elio di Rupo, sous peine de prendre la main lui-même, ce que redoutaient les francophones. 

Les nouvelles consultations qu'a menées le souverain belge depuis jeudi avec l'ensemble des partis ont donc permis de trancher sur ce point, puisque Elio Di Rupo a été désigné "formateur".

Une mission à haut risque 

Les divergences entre les partis francophones et flamands restent importantes. En d'autres temps, on aurait parlé d'une voie royale vers le poste de Premier ministre. 

Il ne s'agit pourtant pas cette fois de simplement terminer le travail, mais bien de remettre tout l'ouvrage sur le métier. Les quatre chapitres institutionnels (BHV et Bruxelles, la loi spéciale de financement, les soins de santé et l'emploi) mais aussi les autres aspects d'un accord de gouvernement (les mesures socio-économiques et budgétaires, la réforme de la Justice, la politique d'asile et de migration, etc, etc...). Autant de sujets sur lesquels, le président du PS va devoir s'avancer, formuler des propositions. Et ce n'est sans doute pas le rapport laissé par Wouter Beke qui va beaucoup l'aider; la mission de négociation dont est maintenant déchargé le président du CD&V n'a guère comblé le fossé qui sépare partis du nord et du sud, N-VA et PS en particulier. 

Pas tranché non plus, le choix des partenaires. La N-VA privilégiant toujours une coalition de droite, avec le CD&V et l'Open Vld, donc sans sp.a et Groen! Le PS misant plutôt une alliance très large, pour s'assurer d'une majorité des deux tiers et ne pas se retrouvé isolé dans un gouvernement conservateur. 

Lorsqu'il avait mené sa mission de préformation en juillet et aout 2010, Elio Di Rupo parlait déjà d'un travail "titanesque"... Celui dont le Roi vient de le charger ne l'est certainement pas moins. 

Propositions écrites

A 337 jours après les élections, il appartient une fois de plus à Elio Di Rupo comme il l'a dit lui-même par le passé "de tenter de concilier l'inconciliable".
Il s'agira d'une mission "à la fois socio-économique et institutionnelle", dit-on au PS. Sa tâche pourrait prendre plusieurs semaines. Mais s'il réussit, Elio Di Rupo deviendrait le premier francophone à occuper la fonction de chef de gouvernement belge depuis Paul Vanden Boeynants, Premier ministre du 20 octobre 1978 au 2 avril 1979.

Elio Di Rupo entendait poser ses conditions, comme de choisir la future coalition et empêcher ainsi par exemple que l'on rejette le sp.a, rompant ainsi la famille socialiste. Il se dit désormais qu'il va élaborer une liste de propositions communautaires afin de tester quelle majorité est possible, quels partis veulent en être. Premier test avant d'aller plus loin dans sa mission de formation. 

Elio Di Rupo pourrait inaugurer une nouvelle méthode de travail, en mettant des propositions par écrit avant de les soumettre aux partis impliqués dans les négociations, afin de voir qui pourrait intégrer une future équipe gouvernementale. 

Les partenaires avec lesquels compte négocier le formateur ne sont pas désignés à ce stade mais au PS, on appelle depuis janvier à la formation d'un gouvernement d'union nationale. "L'heure n'est pas aux exclusives", a-t-on affirmé lundi soir au Boulevard de l'Empereur.

Le formateur donnera une conférence de presse pour préciser sa mission ce mardi à 15 heures au Parlement.

RTBF avec agences

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