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Election présidentielle en France : ce jeudi commence une primaire populaire à gauche pour désigner un candidat unique

Election présidentielle en France : ce jeudi commence une primaire populaire à gauche pour désigner un candidat unique
27 janv. 2022 à 05:402 min
Par Belga

Divisée, éparpillée, raillée sur les réseaux sociaux et largement distancée dans les sondages, la gauche française organise, de jeudi à dimanche, une primaire populaire indépendante des partis, censée lui permettre de se rallier à un candidat unique lors de l’élection présidentielle au printemps prochain.

Quelque 467.000 personnes y sont inscrites – un nombre conséquent mais bien loin des 3 millions d’inscrits à la primaire socialiste de 2011. Elles devront choisir entre sept candidats de gauche, sélectionnés grâce à un système de parrainages issu de la plateforme d’idées lancée au printemps dernier. Le vainqueur sera désigné au jugement majoritaire, une méthode de vote inédite où l’électeur note – excellent, passable ou à rejeter – chacun des candidats plutôt que de donner sa voix à un seul d’entre eux.

Le hic, c’est qu’à un peu plus de deux mois du premier tour de l’élection, seuls Christiane Taubira et le député européen Pierre Larrouturou, parmi les noms connus, se sont engagés à respecter les résultats du scrutin. C’est également le cas des candidats de la société civile, Charlotte Marchandise et Anna Agueb-Porterie.

Par contre, les ténors de la gauche – Jean-Luc Mélenchon et sa France insoumise ; la maire de Paris Anne Hidalgo et le candidat écologiste Yannick Jadot – boudent ouvertement l’initiative, qu’ils jugent peu claire et en tout cas trop tardive. Conséquence : quels qu’en soient les résultats, ils ne s’y soumettront pas.

Dans le camp de Jean-Luc Mélenchon, on dénonce ainsi le "caractère délibérément brutal de cette initiative, sans respect des personnes engagées dans l’élection présidentielle." Pour le tribun de la France insoumise, "les candidats seront soumis au vote sans leur accord. D’autres n’y seront pas, sans leurs avis non plus."

"Les électeurs sont appelés à cautionner sans débat un prétendu socle commun, présenté comme 'co-construit' entre les différents candidats alors qu’aucun d’entre eux n’en a jamais validé une seule ligne. Ce vote s’apparente donc à une sorte de sondage sans qu’aucune des règles de bases permettant d’en garantir la sincérité ne soit respectée", souligne encore son camp en évoquant des "pratiques déloyales qui instrumentalisent les aspirations au rassemblement et fonctionnent depuis des semaines comme un harcèlement permanent contre la légitimité des candidatures de gauche."

Son de cloche identique du côté de Yannick Jadot selon qui cette primaire ne constitue qu’une "machine à perdre". "Cela fait un an que l’on débat, cela fait un an que l’on prépare un projet. Qu’on nous laisse parler de nos propositions et que l’on arrête de nous embêter. Que la Primaire populaire arrête de tuer la gauche et l’écologie", a-t-il notamment déclaré sur Franceinfo.

Enfin, Anne Hidalgo, après avoir elle-même plaidé pour une primaire à gauche, a fait machine arrière et déclaré qu’elle irait jusqu’au bout de sa candidature. "Cette primaire était une proposition simple, réaliste, honnête. J’étais prête à me ranger loyalement derrière le vainqueur. Mais sans la participation des Verts, elle a perdu tout son sens… Alors, la page est tournée, je défendrai notre projet et les Français trancheront", a récemment affirmé la maire de Paris lors d’un meeting en Seine-Saint-Denis, citée par RTL.

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