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Élargissement de l'Union européenne : la Belgique soutient la position de la Commission au sujet de Kiev et Chisinau

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Le Premier ministre Alexander De Croo a relayé mardi à la Chambre une opinion positive au sujet de l'avis de la Commission européenne sur les demandes d'adhésion de l'Ukraine, de la Moldavie et de la Géorgie. Pour les deux premières, l'exécutif européen recommande d'accorder le statut de pays candidat, tout en égrenant les améliorations encore attendues dans la législation, le système judiciaire et la lutte contre la corruption.

Selon Alexander De Croo, "notre pays se retrouve dans la proposition de la Commission", et octroyer le statut de candidat donnera en effet "un signal important aux populations ukrainiennes et moldaves". L'avis de la Commission respecte un "équilibre délicat entre le souhait d'envoyer un signal politique fort et nos propres règles et procédures autour de l'adhésion", a-t-il expliqué face aux élus du comité d'avis fédéral chargé des Questions européennes.

Parallèlement, il a toutefois justifié l'approche très prudente adoptée par le gouvernement belge jusqu'ici sur cette question.

Depuis les demandes d'adhésion précipitées par l'invasion russe de l'Ukraine (l'Ukraine a officialisé sa demande le 28 février, soit 4 jours après le début de l'invasion, Géorgie et Moldavie ont suivi le 3 mars), le Premier ministre ne s'est en effet jamais prononcé pour une adhésion rapide de ces pays ni même pour l'octroi immédiat du statut de candidat, préférant mettre l'accent sur le temps long et les réformes nécessaires.

Cela entraine un processus, ouvre une voie politique qui n'est pas à sous-estimer

"Je respecte la valeur symbolique" d'une décision d'accorder le statut de candidat à l'adhésion. "Mais cela entraine un processus, ouvre une voie politique qui n'est pas à sous-estimer", a-t-il nuancé mardi matin. Les conséquences d'une telle décision, même en tenant compte du fait que le processus d'adhésion qui suit est inévitablement long et exigeant, "vont bien au-delà de l'élément symbolique qu'on met souvent en avant", affirme le libéral.

Si la perspective d'un futur avec l'Ukraine dans l'Union se concrétise, "pratiquement tous les pays européens deviendront du jour au lendemain des contributeurs nets (au budget de l'UE, NDLR)", a-t-il avancé. "Cela change complètement la dynamique", et "il y a beaucoup de choses à préparer dans notre fonctionnement, si on veut aller dans ce sens". 

Les opinions rendues vendredi par la Commission sont cependant selon lui une bonne base "pour conserver l'unité européenne à un moment difficile et important". 

Les chefs d'État et de gouvernement des 27 discuteront jeudi et vendredi de ce sujet lors d'un sommet à Bruxelles. 

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