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Cyclisme GIRO

Egan Bernal sacré au Giro, la triomphante revanche pour oublier un an de galère

Egan Bernal sacré au Giro, la triomphante revanche pour oublier un an de galère
30 mai 2021 à 17:002 min
Par Antoine Hick

Il n’a jamais vraiment paniqué. Ou du moins jamais donné l’impression de céder mentalement. Parce que même quand il a montré ses premiers signes de faiblesse sur les pentes de l’Alpe di Mera, Egan Bernal savait qu’il campait sur un confortable matelas d’avance sur la concurrence.

En résistant samedi lors de la dernière vraie étape de montagne, Bernal s’est donc garanti une 2e victoire dans un Grand Tour. Ce dimanche, il fallait juste parachever le travail lors du chrono individuel. Bernal y a tenu son rang, malgré une légère perte de temps (il finit avec 1m30 d’avance au général sur le 2e, Damiano Caruso).

Il peut donc savourer ce retour au premier plan, après de nombreux mois de galère, de problèmes de dos et de doutes toujours plus pesants. On se rappelle d’ailleurs tous de son Tour de France 2020 qu’il avait entamé dans la peau d’un favori avant de perdre toutes ses illusions dès les premiers hectomètres du mythique Grand Colombier.

“Je ne peux rien y changer, c’est le cyclisme, la vie et maintenant nous devons continuer à nous battre et surtout n’avoir aucun regret. Je vais peut-être porter les bidons pour mes coéquipiers” avait-il laconiquement déclaré après sa défaillance. Largué à plus de 27 minutes du maillot jaune, il avait abandonné, en pleurs dès le lendemain, et cédé son trône.

Le Giro comme rampe de lancement vers les sommets

Egan Bernal vainqueur du Giro 2021.

La suite de sa saison 2020, Bernal l’a passée loin de son vélo pour guérir un corps chancelant. La cause de tous ces maux, une jambe plus longue que l’autre et donc une scoliose qui le martyrise depuis longtemps.

Sans doute propulsé trop vite, trop haut et finalement rattrapé par son physique, Bernal a rongé son frein en silence. Son retour sur le devant de l’affiche en 2021 est prometteur : une 2e place sur les Strade Bianche puis une 4e, au pied du podium, sur Tirreno-Adriatico.

Résultat, Ineos et Bernal changent leur fusil d’épaule. Exit le Tour de France et place au tout premier Giro pour le Colombien. “Je veux retrouver mes jambes, ma condition et ma confiance” clame-t-il d’emblée, oscillant entre une logique prudence et une ambition grossièrement dissimulée.

La suite, on la connaît. Bernal semble avoir laissé ses problèmes de dos derrière lui et surclasse le peloton pendant deux semaines. Sa première victoire d’étape sur un Grand Tour est à nouveau accueillie avec des larmes, mais de fierté cette fois-ci. Ses quelques secondes de perdues sur la concurrence en 3e semaine sont, elles, vite oubliées.

Parce que Bernal a retrouvé son mental d’acier et sa grinta. “Je n’ai pas de mots, j’ai retrouvé la liberté pour courir comme j’aime” clamait-il fièrement ce dimanche après le chrono.

Et s’il a troqué les Alpes françaises pour les Dolomites italiennes, le constat est le même. A 24 ans, Bernal a enfin largué ses démons pour, à nouveau, trôner au sommet du cyclisme. Un savoureux retour à la normale pour un coureur en proie au doute depuis quelques mois. La question qui se pose dès lors : Va-t-il parvenir à enchaîner, là où il s’était raté en 2020 ?

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