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Efficacité, risques, bénéfices : que disent les études sur la vaccination des enfants contre le coronavirus?

17 déc. 2021 à 05:00 - mise à jour 18 déc. 2021 à 11:12Temps de lecture3 min
Par Arnaud Ruyssen

Est-il opportun de faire vacciner des enfants de 5 à 11 ans ? La question va sans doute se poser prochainement pour de nombreux parents. Quelle efficacité ? Quels risques ? Quel bénéfice individuel et sociétal ? Comment penche la balance ? Déclic a voulu y voir clair.

1. Quelle efficacité ?

Le vaccin pédiatrique de la société Pfizer utilise le même principe actif que celui des adultes mais il est 3 fois moins dosé. Il a été testé dans le cadre d’une étude clinique aux Etats-Unis sur environ 2000 enfants. 2/3 des enfants ont reçu le vaccin (en 2 doses espacées de 3 semaines), 1/3 a reçu un placébo. Du côté des vaccinés, on a dénombré 3 infections, contre 16 dans le groupe placébo, pourtant deux fois moins nombreux. D’un point de vue relatif, on a donc eu 10 fois plus de cas dans le groupe sans vaccin que dans le groupe avec vaccin, d’où une efficacité vaccinale calculée par cette étude à 90%, dans les semaines suivant la 2ème dose.

Précision importante, cette étude a été réalisée sur un nombre relativement restreint d’enfants, bien moindre que les 43.000 personnes qui avaient participé à l’étude clinique pour les adultes. Il faudra attendre les données épidémiologiques des pays qui ont déjà commencé à vacciner les enfants pour avoir une idée plus précise de l’ampleur de la protection mais aussi de sa pérennité dans le temps.

2. Quels risques ?

Dans le cadre de cette même étude, les effets secondaires ont été répertoriés. On recense principalement des douleurs dans le bras à la suite de l’injection (71% des cas), de la fatigue (39% des cas) et des maux de tête (dans 28% des cas). Ces résultats sont très en ligne avec ceux des adultes.

Ceci dit même si l’échantillon avait été un peu élargi à la demande des autorités de contrôle américaines (FDA), le nombre d’enfants inclus dans cette étude reste trop petit pour détecter des effets secondaires graves, plus rares, notamment les risques cardiaques de péricardite et de myocardite. Pour cela, il faut se référer au suivi de pharmacovigilance qui ne recense, à ce stade, aucun cas d’effet secondaire grave aux Etats-Unis.

Chez les adolescents de 12-16 ans, pour lesquels on a davantage de recul (la vaccination ayant commencé plus tôt), on a recensé aux Etats-Unis une incidence de 18 cas de complications cardiaques par 100.000 personnes vaccinées, qui ont pu être prises en charge par des médications classiques. Il faut cependant noter qu’on recense bien davantage de complications cardiaques liées au COVID, lui-même.

3. Comment penche la balance bénéfice/risque ?

Au vu des caractéristiques de cette épidémie, la balance bénéfices/risques est un peu plus difficile à établir pour les enfants que pour les adultes. Pour les adultes, a fortiori les plus âgés, les bénéfices l’emportent très largement sur les risques en termes de protection individuelle contre les formes graves.

Pour les enfants, l’équation est légèrement différente puisqu’ils sont très peu sujets aux formes graves. Néanmoins même rares ces formes graves peuvent exister chez les enfants. Selon des données publiées dans le JAMA (Journal of the American Medical Association) on compte une centaine de morts sur 1,9 million de cas positifs au Covid chez les 5-11 ans, aux Etats-Unis.

Chez nous, Sciensano indique que l’on dénombre, depuis le 6 octobre dernier, 42 cas de jeunes de 5 à 11 ans ayant dû être soignés en soins intensifs. Il n’y a pas eu de décès dans cette catégorie d’âge mais l’on en compte 2 chez les moins de 5 ans et 2 chez des enfants de 12 ans.

4. Un bénéfice sociétal ?

Reste l’enjeu sociétal. Les enfants doivent-ils contribuer à l’effort collectif de limitation de la circulation du virus ? Les premières données américaines tendent à montrer une bonne protection contre l’infection mais on manque, à ce stade, de recul sur la durée de cette protection.

Va-t-elle s’effilocher au fil du temps, comme on l’a vu chez les adultes ? Permettra-t-elle de limiter vraiment fortement et à long terme la circulation du virus dans les écoles ? Difficile à dire à ce stade, d’autant que le variant Omicron pourrait encore venir changer les données de l’équation.

Pour une information plus complète, voyez la vidéo ci-dessus, extrait de Déclic. Et cet article, réalisé par Africa Gordillo.

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