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Bien-être - Santé

Éducation, santé, sexualité : les personnes porteuses de handicap y ont droit comme les autres

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Sommet mondial sur le Handicap

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17 févr. 2022 à 07:413 min
Par Marie-Laure Mathot avec Aline Gonçalves

"L’inclusion n’est pas une option." Voilà la réaction de Blandine Bouniol, directrice adjointe du plaidoyer chez Handicap International, quand elle entend des propos comme ceux du candidat à la présidentielle française, Eric Zemmour prônant les établissements spécialisés.

Invitée sur La Première ce matin à l’occasion du 2e Sommet mondial sur le handicap, Blandine Bouniol, rappelle que cette inclusion est loin d’être une obsession comme voudrait le faire croire le candidat. C’est simplement un droit écrit dans des textes légaux.

"C’est un droit fondamental qui est posé dans une convention internationale sur les droits des personnes handicapées qui interdit toute discrimination aux personnes handicapées. Chez Handicap International, l’inclusion est le centre de nos interventions depuis près de 40 ans et on défend une société qui promeut la diversité, l’équité et le choix individuel."

Et plutôt que de parler à la place des principaux concernés, la directrice insiste. "Les modalités de l’inclusion doivent être discutées avec les organisations de personnes handicapées, avec les premiers concernés, les personnes handicapées, qui connaissent le mieux leurs besoins."

L’inclusion dans les écoles

Premier combat qui est au cœur des débats en Fédération Wallonie-Bruxelles avec la réforme prévue à ce propos dans le Pacte d’Excellence : l’inclusion à l’école. Mais certains parents craignent que les spécificités de leur enfant ne soient pas prises en compte si on les inclut aux cours "classiques".

À l’occasion du 2e Sommet mondial sur le handicap, l’ONG Handicap international insiste sur ses combats pour l’inclusion.
À l’occasion du 2e Sommet mondial sur le handicap, l’ONG Handicap international insiste sur ses combats pour l’inclusion. Getty images

Pour Handicap International, ce sont les instit' et les profs qu’il faut former pour que l’inclusion soit réussie. "Nous travaillons à la formation d’enseignants dans les écoles ordinaires pour intégrer les enfants handicapés et nous travaillons à l’amélioration des programmes de formation dans les écoles de formation des maîtres et des maîtresses pour que l’inclusion soit au cœur du programme. Ou en tout cas que ce soit une composante du programme qui permette de bénéficier aux enfants handicapés, pour qu’ils puissent rejoindre ces écoles ordinaires."

"Mais tout ça ne se fait pas en un jour, continue la directrice de l’ONG. C’est un accompagnement sur le long cours qui demande à la fois un travail de formation, de suivi personnel et surtout, de toute façon, à la base, de lutte contre les stigmas et les préjugés qui sont encore souvent apposés au handicap en général."

Des préjugés sur la santé et la sexualité

Deuxième chantier pour Handicap international : la santé des personnes porteuses de handicap. "Il y a encore énormément de travail à faire sur la stigmatisation et les préjugés, même au sein des personnels de santé. C’est une action qu’entreprend Handicap International depuis des années, encore une fois, de travailler à la compréhension des besoins de santé spécifiques que peuvent avoir les personnes handicapées."

Et puis, il n’est pas toujours facile pour les personnes porteuses d’un handicap d’accéder aux services adéquats, ajoute la directrice.

Dans le domaine de la santé et du bien-être la question de la sexualité est souvent tue chez les personnes handicapées alors qu’elles ont du désir, comme tout le monde. "Dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive, là encore, il est parfois encore pensé que les personnes handicapées n’ont pas de vie sexuelle et n’ont pas droit à cette santé reproductive", explique Blandine Bouniol.

Une fois ce tabou brisé, il sera possible d’adapter l’information pour les personnes porteuses d’un handicap sur leurs droits. "Il y a encore beaucoup de travail à faire pour dépasser ces préjugés, et non seulement travailler sur les personnels de santé, mais aussi sur l’information à livrer aux personnes handicapées elles-mêmes sur leurs propres droits."

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